Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Au Congo-Brazzaville, le dictateur Denis Sassou Nguesso tente de passer en force en faisant modifier la Constitution pour pouvoir rester au pouvoir après 2016 [1]. L’opposition appelait à bloquer le pays si Sassou Nguesso ne retirait pas son projet de referendum, prévu dimanche. Depuis hier, la répression s’abat sur les manifestants tandis que le pouvoir a fait couper les réseaux de téléphonie mobile et la diffusion de RFI. Au moins cinq personnes ont été tuées par balles, des dizaines des personnes ont été arrêtées, et le bilan s’alourdit d’heure en heure [2]. Cela n’empêche pas Laurent Fabius de recevoir ce mercredi 21 octobre à 18h30 son homologue congolais Jean-Claude Gakosso [3]. Il ne s’agit selon toute vraisemblance pas d’une médiation de sortie de crise, qui impliquerait plutôt des consultations à Brazzaville, alors que ce rendez-vous sert la communication du régime.
Depuis cet été et la réception de Sassou Nguesso à l’Elysée [4], le silence diplomatique de la France a été largement interprété comme un accord tacite vis à vis des autorités congolaises. Rappelons qu’au Burkina Faso, il a fallu attendre que le peuple et l’armée régulière mettent les putschistes en déroute pour que la France annonce un acte concret, le gel de sa coopération militaire [5]. devra-t-on attendre que la rue fasse échec à ce coup d’État constitutionnel pour que Paris annonce enfin des mesures similaires ?
Pour Mathieu Lopes, vice-président de l’association Survie, « cet entretien accordé par Laurent Fabius est une provocation criminelle, une insulte aux Congolais et à tous les démocrates africains. La France doit immédiatement annoncer la suspension de sa coopération militaire et policière avec le régime, et contribuer à isoler d’urgence les dirigeants congolais ».