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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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L'opposition congolaise exclue des medias d'Etat


Le camp de la majorité donne l’impression de redouter l’élection présidentielle prochaine. Le fait de ne même plus supporter une certaine équité, dans le traitement des informations au niveau des médias publics, entre les partis de l’opposition et ceux de la majorité, semble en donner la preuve. Sinon, pourquoi franchement interdire aux autres de faire écho de leurs activités dans les médias publics ? Bien sûr, tout ne peut-être rapporté, mais est-ce la raison de fermer la porte aux autres ?

De la manière dont notre confrère, Adrien Wayi Lewi, a été relevé de son poste de directeur de l’information à Radio-Congo, on peut lire une certaine volonté du gouvernement de refuser le jeu démocratique et de vouloir réinstaurer la dictature de la pensée unique.

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La vie démocratique nécessite le débat. L’enjeu étant de convaincre, pour éclairer, chaque fois, la lanterne des citoyens qui, le jour du vote, doivent opérer des choix devant la multiplicité des candidatures. Or, dans les médias d’Etat, il n’y a plus de débat contradictoire ni même une alternance d’invités entre la majorité et l’opposition. Des confrères ayant eu le courage d’inviter des acteurs de l’opposition à leurs micros ont fini par être blâmés, relevés ou dans le meilleur des cas, mutés.

Puisque le gouvernement a si bien travaillé et travaille fort bien, pourquoi n’y aurait-il pas dans les médias publics des émissions de débats responsables sur l’accès à l’eau potable, l’électricité, les routes, les ponts, la sécurité publique, la santé, l’école, la crise alimentaire, l’inflation des prix dans les marchés, bref, tous sujets qui touchent à la vie des citoyens ? N’est-ce pas que dans une démocratie, c’est toujours la politique du gouvernent et ses réalisations qui sont à la base du débat ?

La cacophonie est à son comble dans un pays où les institutions démocratiques comme le conseil supérieur de la liberté de la communication appellent les journalistes à faire leur travail avec professionnalisme et équité entre toutes les sensibilités politiques nationales, et un gouvernement qui ne tolère plus la contradiction, la critique et l’expression des opinions contraires.

Quoiqu’il en soit, au Congo, l’intolérance a la vie dure. Hier, sous le régime du président Pascal Lissouba, les responsables de l’opposition se plaignaient de ne pas avoir accès aux médias audiovisuels publics. Ils allaient alors faire diffuser leurs reportages dans les chaînes privées de Kinshasa, dont l’aire de diffusion couvre notre capitale, Brazzaville. Aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé ? Rien. Les responsables de l’opposition sentent le besoin de recourir aux mêmes chaînes privées de la RDC et cela n’honore pas notre démocratie. L’intolérance, ce grand vice qui nous caractérise dans la gestion des affaires publiques, et qui est à l’origine de tant de maux, règne toujours. Tout est fait de telle sorte que, demain, si un autre pouvoir arrive, il aura toutes les raisons du monde de fermer les médias publics à l’opposition. Et ainsi de suite.

Si vraiment nous voulons donner une chance au développement de notre pays, dans un contexte démocratique, alors il y a lieu de nous débarrasser de l’intolérance, ce grand vice qui risque de faire encore tant de mal.

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