APA-Brazzaville (Congo) Les éléments de la direction générale de la sécurité du territoire (DGST) viennent de démanteler à Brazzaville un réseau de huit personnes coupables du détournement de 659 millions de FCFA au trésor public congolais, rapporte le bi-hebdomadaire congolais « la semaine africaine », dans son édition de mardi.
Selon le journal, les membres du réseau ont été interpellés et écroués à la maison d’arrêt de Brazzaville, à la suite d’une enquête expresse ordonnée à la DGST par le président Denis Sassou Nguesso qui avait été saisi, début février, d’une plainte de la ministre de la santé, des affaires sociales et de la famille, Mme Emilienne Raoul, constatant des anomalies dans l’exécution des travaux de réhabilitation des infrastructures au niveau des services du ministère de la santé.
Quatorze personnes relevant de ce département, dont Mme la ministre elle-même, et du ministère de l’économie et des finances ont entendues par la DST dans le cadre de l’enquête sur cette affaire qui a permis d’établir la culpabilité de huit personnes, dont le directeur général de la santé, M. Damase Bodzongo, le deuxième fondé de pouvoir au trésor public, Jean Claude Mavoungou, et l’entrepreneur Crépin Kaba des établissements « Papa Mapassa », une entreprise fictive, qui a reconnu les faits.
Selon les aveux de Crépin Kaba, les sommes étaient décaissées au trésor public grâce à la complicité de plusieurs hauts fonctionnaires des ministères de la santé et des finances qui recevaient en retour une compensation financière.
Quelques mois auparavant, Mme Emilienne Raoul, flairant quelque supercherie, avait pourtant demandé à ses collaborateurs d’arrêter toute collaboration avec l’entrepreneur Kaba Crépin des établissements « Papa Mapassa ».
Les huit personnes inculpées soit pour avoir établi ou signé un acte administratif soit pour avoir coopéré d’une manière ou d’une autre avec l’entrepreneur véreux ont été écrouées à la maison d’arrêt de Brazzaville le 13 février dernier.
Selon la semaine africaine, le directeur de la santé, Damase Bodzongo, aurait recouvré la liberté, suite à l’intervention d’un de ses frères ministre à la présidence de la République chargé de la coopération et de la solidarité humaine.
L’enquête de la DST a révélé que le même réseau s’apprêtait à sortir du trésor public près de 350 millions de FCFA, moyennant une commission de 30% à chacune des personnes participant à la chaîne de décaissement.