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Arrestation arbitraire des personnes et des biens à Pointe Noire

Cinq personnes arrêtées de nuit pour une affaire de terres

Cinq membres de l’Association des Terriens du Kouilou (ATK) ont été arrêtés vendredi dernier à Pointe-noire et incarcérés séparément. Messieurs Mouenzinga Alfred (vice-président) et Loubouka Alain ont été respectivement incarcérés à la Gendarmerie et au Commissariat central puis libérés après deux jours de détention et Kifouti Jean Bernard Rufin, Mavoungou Stéphane, Mavoungou Martin sont incarcérés à la Maison d’Arrêt sur ordre, dit-on, du Commandant de zone et du Préfet de Pointe-noire, à entendre les membres de l’Association ATK. Même l’ordre de la libération de ces hommes venant de leur hiérarchie décideurs n’a pas donné, au moment où nous mettons, des résultats escomptés pour leur libération.

Ces hommes ont été arrêtés chacun à partir de 2 heures du matin par des éléments en armes dont certains avaient brûlé la vigilance des services de sécurité de l’immeuble où habite un prévenu.

Les autres membres de l’ATK qui se sont rapprochés des autorités judiciaires ponténégrines pour connaître la cause réelle de ces arrestations ont été édifiés que ces terriens sont incarcérés pour « trouble à l’ordre public et rébellion », alors que ni le procureur de la République, ni le ministre de la justice ne sont au courant de cette arrestation.

Cette affaire qui commence à envoyer les terriens du Kouilou en prison date de longtemps. Elle aurait pris corps sous une expropriation de 7.500 habitants de la zone de Mongo Kamba par les autorités municipales. Mais, sous cette expropriation se cacherait, dit-on, un profit.

Pour un rappel, les autorités ponténégrines avaient programmé depuis 2008 exproprier la zone de Mongo Kamba, (Plateau de Hinda) aux terriens. Cette affaire avait provoqué des échauffourées entre propriétaires des terres et ces autorités. Dans l’euphorie de cette décision, les autorités municipales avaient tenu la dragée haute face aux terriens en promettant de démolir des cases et immeubles dans cette zone. Mais, dans le vécu quotidien, cette expropriation serait l’arbre qui cache la forêt du fait que les autorités de Pointe-noire voulaient faire occuper cet espace à exproprier à une société privée, Eucalyptus Fibre du Congo (EFC).

Ayant eu vent de cette information, les voix se sont donc levées chez les propriétaires fonciers en dénonçant une expropriation sauvage par les autorités ponténégrines.

Mais jour pour jour, cette affaire connaîtra tout de même un début d’entente après que les membres de l’Association des Terriens du Kouilou se soient exprimés à travers des déclarations radio diffusées et télévisées suite à la première démolition des maisons et immeubles, le 23 janvier 2008, sur instruction du Préfet de Pointe-Noire, Alexandre Honoré Paka.

A cet effet, les terriens de Pointe-noire et du Kouilou, sur la demande du Préfet, avaient pris l’engagement selon lequel désormais, les problèmes des terres devaient faire l’objet d’une concertation entre l’Etat et les terriens rassemblés au sein de l’ATK.

Le 12 décembre 2008 au siège de l’Association ATK, une délégation, composée du Directeur du Cabinet du Ministre de l’Economie forestière, du Préfet de Pointe-Noire, du commandant de zone N°1, du Directeur Départemental de la Police, du Directeur Départemental de la société nationale de reboisement (SNR) et des cadres du SNR, avait procédé à une visite du site et un programme de travail adapté dans le domaine des zones à exproprier était conçu.

En sus de cette entente, l’implication du ministre Henri Djombo qui avait instruit les membres de l’ATK au cours d’un banquet à YES CLUB que les camps (Terriens et l’Etat) ne devaient plus se quereller par médias interposés. Ce qui fut fait.

Seulement, contre toute attente, le 5 février 2009, les terriens de Pointe-Noire et du Kouilou, plus précisément les membres de l’ATK et l’ensemble des populations ont appris avec amertume l’annonce de la démolition de leurs cases, immeubles et habitations, dans les plateaux Hinda sur ordre du Préfet de Pointe-noire après avoir convoqué quelques acquéreurs en présence de la presse locale, la Radio et la télévision. Dans son ultimatum, Le Préfet de Pointe-noire avait accordé 15 jours aux populations de déguerpir. Cette sommation fait irriter, jusqu’aujourd’hui, les populations qui ne savent plus à quel saint se vouer devant cette autorité les délogeant au profit d’une société privée. Pour confirmer ses propos, des hommes en armes avaient également fait irruption nuitamment dans des maisons pour demander aux habitants de libérer la zone.

Seulement, pendant qu’on chasse les populations, les hommes au pouvoir occupent allègrement la zone. On indique que sous cette expropriation, le Maire Roland Bouity Viaudo aurait acheté à la famille LOUSSIMINA-TCHIKAM-TCHI-VINDOULOU le cimetière se trouvant dans la zone. C’est comme qui dirait : on déloge Paul pour loger Pierre. La bonheur des uns faisant le malheur des autres, les membres de l’Association des Terriens du Kouilou « pourtant propriétaires » sont un à un emprisonnés.

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