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![]() Omar el-Bechir brandit sa canne en inaugurant une centrale hydro-électriquel à Merowe, nord de Khartoum, le 3 mars 2009 |
"Nous avons de lourdes preuves contre Béchir", a déclaré à la presse Luis Moreno-Ocampo, à la veille de la décision de la CPI sur la délivrance ou non d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais.
"Nous avons plus de trente différents témoins qui diront comment il a tout dirigé et contrôlé", a ajouté le magistrat.
Le président soudanais Omar el-Béchir a prévenu mardi que la décision de la CPI d'émettre ou non un mandat d'arrêt à son encontre n'aurait "aucune valeur".
"Elle ne vaudra pas l'encre avec laquelle elle aura été écrite", a affirmé, lors de l'inauguration d'un barrage à Méroé, à environ 500 km au nord de Khartoum.
Des rassemblements de soutien au président soudanais devraient être organisés mercredi dans des bastions du gouvernement au nord de Khartoum, la capitale.
Le procureur de la CPI avait demandé le 14 juillet 2008 aux juges de ce tribunal d'émettre un mandat d'arrêt contre M. Béchir pour génocide, crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile qui a fait 300.000 morts depuis 2003 selon l'ONU, 10.000 selon Khartoum.
La CPI doit rendre sa décision publique mercredi, lors d'une conférence de presse à La Haye. Si elle acceptait la requête du procureur, il s'agirait du premier mandat d'arrêt contre un chef d'Etat lancé par la CPI, en fonction depuis 2002.
![]() Le procureur du CPI Luis Moreno Ocampo (d) le 12 janvier 2009 à La Haye |
Selon le procureur, plusieurs témoins bénéficient d'une protection : "nous avions prévu ce qui se passe en ce moment:: ils attaquent ceux qu'ils estiment pouvoir être nos témoins".
L'influent chef des services de renseignements soudanais, Salah Gosh, a menacé récemment de "couper la main à celui qui tentera de contribuer à la mise en oeuvre de la décision de la CPI contre le président Béchir", arrivé au pouvoir en juin 1989 grâce à un coup d'Etat.
Selon Luis Moreno-Ocampo, des preuves indiquent que d'importants chefs du Darfour se sont vu proposer de l'argent par des personnes se disant des agents du gouvernement soudanais, "pour parler contre nous, (...) pour dire qu'ils étaient nos témoins et qu'ils mentaient".