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Trois personnes ont été inculpées jeudi au Nigeria dans le cadre d'une affaire de sirop frelaté qui a tué 84 enfants depuis novembre dernier, a-t-on appris de source judiciaire.
"Trois suspects ont été inculpés pour intention de donner la mort et d'infliger une souffrance physique à la population", a déclaré à l'AFP une source à la haute cour fédérale de Lagos, la capitale économique.
Les trois suspects sont les premiers a comparaître devant la justice sur un groupe de douze personnes arrêtées dans le cadre de l'affaire, a ajouté cette source.
Ils ont tous les trois plaidé non coupable face aux six chefs d'inculpation les concernant, et le juge Okechukwu Okeke a ordonné leur maintien en détention provisoire jusqu'à leur prochaine comparution prévue le 4 mai.
Sur 111 enfants de deux mois à 7 ans dont on sait qu'ils ont absorbé le sirop au paracétamol "My Pikin" ("mon petit" en pidgin local), 84 sont morts selon des chiffres communiqués en février par l'agence nationale de contrôle pour l'alimentation et les médicaments (NAFDAC).
Ce médicament, recommandé notamment pour les enfants qui font leurs dents, était coupé avec du diéthylène glycol, un produit chimique utilisé dans le liquide de freins et le liquide de refroidissement des moteurs.
Selon le porte-parole de la NAFDAC, Jimoh Abubakar, l'enquête concernant les neuf autres suspects se poursuit.
Cinq des douze suspects sont issus de la société Barewa Pharmaceuticals, qui fabriquait le médicament désormais retiré du marché et les sept autres de la compagnie Tranxell, qui avait fourni les produits toxiques incorporés au sirop.
S'ils sont jugés coupables, ils risquent jusqu'à 15 ans de prison ou une amende de 500.000 naira (2.600 euros).