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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Congo : Opposition étêtée ?

Dans une démocratie pluraliste, l’opposition propose au pays une offre politique alternative à celle menée par le gouvernement en place. L’opposition est en quelque sorte le gendarme de l'exécutif. Elle surveille et contrôle l’action du gouvernement et informe le peuple des conséquences des politiques menées en leur nom par le gouvernement. Elle fait des propositions alternatives. Le démocrate devrait avoir le sens de l'honneur, défendre avec constance des convictions sincères, quel qu'en soit le coût pour soi même comme c'est bien dit sur ce site. Ce fut le cas de Martin Luther King, Nelson Mandela, Thomas Sankhara, pour ne citer que ceux-là.

Au Congo, les alliances se nouent et se dénouent en fonction non pas d’un socle commun de valeurs mais plutôt selon qu’on est pour ou contre la personne au pouvoir.

Cette crise identitaire a conduit à des attelages en tout genre UPADS, PCT, RDD puis PCT, MCDDI RDPS et demain peut être PCT, RDD, MCDDI et UPADS, bref du n’importe quoi.

Le point de convergence est vite déplacé dès lors que  le leader du mouvement se voit proposer un portefeuille ministériel ce le cas de Maitre Martin  Mbemba qui fut l’opposant le plus crédible et qui a tant combattu les dérives autocratiques de Sassou Nguesso. Quelle déception pour cet homme jadis connu pour ses positions humanistes respectueuses des droits de l’homme. Maître Mbemba cristallisait l’espoir des jeunes générations. De quel côté se trouve t-il aujourd'hui ? Les droits de qui défend t-il ? l’affaire dite du Beach  nous en donne l’illustration.

L’UDR Mwinda n’échappe pas à la règle. Car comment comprendre que l’UDR Mwinda avec deux députés à l’assemblée nationale puisse accepter la présidence de cette institution sous Lissouba, sans porter une caution implicite à l’UPADS.
Lorsqu’on est opposé à la politique du Président Pascal Lissouba, on ne sert pas non plus son appareil législatif. 
L’assemblée nationale est confiée à un homme de main sauf en cas de cohabitation, à moins qu’il s’agisse d’une invention congolaise qui consiste à remettre les plans de guerre à son adversaire pour assurer la  sécurité de ses troupes.

La recherche de la paix et de stabilité dans le pays ne peut pas être arguée comme excuse à la caution que porte Bernard Kolelas au régime de Denis Sassou Nguesso. C’est d’ailleurs cette alliance de fait qui le rend silencieux au point d’agacer ceux qui croient encore en lui et à l’indépendance  de ce grand parti politique vis-à-vis du pouvoir corrompu de Sassou Nguesso.

A quatre mois de l’élection présidentielle, le président du MCDDI se meut dans un silence assourdissant au risque de se voir attribuer d'office un soutien implicite au candidat Sassou. Car si lui n’y va pas alors qu’il oriente sa base.

Sans trop me tromper, il me semble que Bernard Kolelas ait déjà fait son choix, il va de soit que ceux qui s’estiment lésés ou trahis par ce choix de non choix de leur leader puissent faire le leur.

Si le leader du MCDDI  poursuit son  mutisme, il porterait  un coup fatal à son mouvement politique et l’agonie de toutes les forces d’opposition du pays. Car, non seulement les militants du MCDDI seront désorientés et désabusés, mais aussi,  l’opposition congolaise  serait  dans une mauvaise posture dont nul n’ignore les conséquences. "Tous sont pareils, d'abord leurs ventres le peuple attendra".

C'est justement cet amalgame que recherche les ennemis du Congo pour mieux régner. confondre tout le monde, désorienter le peuple, priver l'opposition de dirigeants crédibles et rendre inaudible la voix de sans voix.  

Après le ralliement de Yhombi, Lefouoba, Tamba-Tamba, Moukouéké et autres dignitaire du régime Lissouba, s’ajouterait alors Bernard Kolélas, ainsi la boucle serait bouclée.

Si en termes d’alternance démocratique au Congo, on entend changer en profondeur le logiciel afin de bâtir un état, une nation, combattre la corruption et toute sorte de servitude du peuple congolais. Il y a encore du pain sur la planche. Ceux qui nous dirigent et ceux qui aspirent nous diriger ne sont pas en odeur de sainteté.

C’est d’ailleurs l'objectif du roi de Mpila, en asséchant le pays, en privant le peuple congolais tout moyen de survie, il était sûr qu’aucun poisson fut-il gros ne survivra dans un lac asséché.

Le manque de constance dans les choix et les positions de l’opposition décrédibilise toute alternance. Qui pour les congolais verraient arriver au pouvoir des affamés et   assoiffés d’aujourd’hui et qui ne manqueront pas l’occasion de se mettre plein les poches reléguant au calandre grec les doléances du peuple.

L'alternance, oui, mais pas à n'importe quel prix.

Joseph Banfoua Nsony

 

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