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Centrafrique: un mort et au moins 12 blessés dans des violences à Bangui

 

Des violences impliquant des militaires ont fait un mort et au moins douze blessés ces dernières vingt quatre heures dans un quartier nord de Bangui, a affirmé à l'AFP une source hospitalière dans la capitale centrafricaine, où des tirs d'armes automatiques ont été entendus vendredi.

Les violences ont éclaté jeudi soir, après qu'un commissaire de police, Daniel Sama, a été brutalisé dans un restaurant populaire de Miskine, son quartier, par des membres de la sécurité présidentielle (militaires) dirigés par le lieutenant Olivier Koudémon dit "Gbangouma", réputé proche du pouvoir, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

D'après ces témoignages, les militaires expliquaient vouloir désarmer le commissaire Sama, qui a été projeté au sol et roué de coups de crosse et de pied. Il a été vu saignant du nez et des oreilles.

Le policier a été admis à l'Hôpital Communautaire de Bangui, où il a succombé à ses blessures, a affirmé à l'AFP une source jointe dans cet établissement vendredi matin, évoquant un traumatisme crânien et de graves blessures à la tête et aux membres inférieurs.

Pour protester contre les brutalités de militaires, des habitants de Miskine étaient descendus dans les rues dès jeudi soir, incendiant des pneus et érigeant des barricades. Des éléments de la sécurité présidentielle étaient intervenus pour disperser les manifestants, obtenant vendredi matin le renfort de la gendarmerie. Ils auraient fait usage d'armes à balles réelles, blessant plusieurs personnes.

La source à l'Hôpital Communautaire a indiqué que six personnes blessées par balles y avaient été admises jeudi soir, et sept vendredi. Un des blessés est dans un état grave.

Des groupes de jeunes ont tenté encore vendredi de protester, dans un chassé-croisé avec militaires et gendarmes essayant de les en empêcher. Des restes de pneus brûlés, des pierres et troncs d'arbres jonchaient plusieurs rues de Miskine et l'avenue Koudoukou, la principale qui traverse le quartier, lors du passage d'un journaliste de l'AFP.

Des tirs sporadiques ont été entendus jeudi de 19H00 locales (18H00 GMT) jusqu'à minuit. Ils avaient repris vendredi en début d'après-midi et se sont calmés vers 14H30 (13H30 GMT) et, depuis, la situation semblait apaisée.

Ces évènements n'avaient jusqu'à présent fait l'objet d'aucune communication officielle. Joint par l'AFP, le lieutenant Olivier Koudémon, auquel sont attribuées plusieurs brutalités contre des civils, a confirmé sa présence au restaurant populaire de Miskine, en précisant n'avoir pas participé à l'agression du commissaire Sama.

"J'étais présent, mais je ne reconnais pas avoir donné des coups au commissaire Sama. Ce sont mes hommes qui l'ont agressé", a-t-il dit, sans plus de détails.

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