Quatre anciens ministres des Mines du régime du défunt président Lansana Conté de Guinée ont été priés par la Commission d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie de s’expliquer sur un montant de 260 millions d FCFA (26 milliards de Francs guinéens) généré par le Fonds routier durant leur passage dans ce ministère.
Lors d’une séance publique d’explication présidée par le chef de la junte guinéenne, président le capitaine Moussa Daddis Camara, diffusée samedi soir par la télévision nationale, les quatre mis en cause, se sont succédé sur le plateau pour s’expliquer sur les faits qui leur sont reprochés.
La Commission d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie les accuse en effet d’avoir détourné chacun une part de cette somme.
Ce montant issu du Fonds minier est censé servir à la promotion du secteur minier.
Il s’agit du Dr Ahmed Tidiane Souaré, ancien Premier ministre, qui fut ministre des Mines et de la Géologie, de 2005 à 2006, de Dr Louncény Nabé, de Dr Ousmane Sylla et de Dr Ahmed Kanté
Les enquêteurs ont reproché au Dr Ahmed Tidiane Souaré, d’avoir utilisé indument la somme de 12 milliards 500 millions de francs guinéens, à Louncény Nabé, un montant de 745. 542. 000 francs guinéens, au Dr Ousmane Sylla plus de 11 milliards de francs guinéens et enfin a Ahmed Kanté, plus de 2 milliards de francs guinéens. Ce qui ferait en tout plus de 26 milliards de francs guinéens à justifier.
Dr Souaré qui a été le premier à prendre la parole a indiqué que le fonds minier, c’est en fait de l’argent rétrocédé au ministère des Mines à hauteur de 200 mille dollars américains, chaque année par l’ANAIM (Agence nationale des infrastructures minières), qui verse annuellement 6 millions de dollars américains à l’Etat guinéen.
Dr Ahmed Tidiane Souaré affirme cet argent était utilisé par le défunt président guinéen pour des ‘’ dépenses de souveraineté, de sécurité et de géopolitique’’.
Il a aussi affirmé devant le chef de la junte qu’il assumait pleinement sa gestion durant son passage à la tête du ministère des Mines.
Les téléspectateurs guinéens n’ont pas eu droit au passage des trois autres ministres, la radio télévision guinéenne, ayant interrompu ses émissions aux environs de minuit.
Selon des sources proches de l’enquête, le dossier a été confié à la justice, pour que toute la lumière soit faite sur la gestion de ce fonds minier, durant la deuxième République.