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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Lettre ouverte de la CCSC au président Sarkozy dans la perspective de son voyage au Congo

COORDINATION CONGOLAISE DE LA SOCIETE CIVILE

(CCSC)

Groupe de Réflexion de Paris

(GRP)

________o0o________

______________________________________________________________

A Son Excellence Monsieur Nicolas Sarkozy

Président de la République

Palais de l’Elysée

55 rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

Paris, le 1er mars 2009

Objet : Demande d’intervention.

Son Excellence Monsieur le Président,

Dans la perspective de votre voyage au Congo-Brazzaville, nous avons l’honneur de solliciter votre intervention auprès des autorités congolaises pour organiser - immédiatement et sans condition - une Concertation Nationale Inclusive dans notre pays.

En effet, depuis de nombreux mois et face au martyr du peuple congolais, plusieurs voix se sont levées pour réclamer la tenue d’une « Concertation Nationale Inclusive » au Congo-B.

A l’initiative de la Coordination Congolaise de la Société Civile (CCSC), un Mémorandum intitulé « Plaidoyer pour la République : la démocratie ou le chaos » - dont vous êtes l’un des destinataires - a été rédigé pour demander et expliquer le bien fondé d’une telle démarche. Il a été transmis au président Denis SASSOU-NGUESSO, le 7 octobre 2008, par l’intermédiaire de l’ambassadeur du Congo en France qui avait reçu - en audience - les membres du Groupe de Réflexion de Paris (GRP) de la CCSC après la cérémonie de publication organisée le 05 juillet 2008 au Palais Bourbon de l’Assemblée nationale à Paris.

En réponse à cette revendication légitime de la grande majorité du peuple congolais, le président Denis SASSOU-NGUESSO a opposé une « fin de non recevoir » en déclarant le 10 décembre 2008 sur les ondes de Radio-Congo  « qu’il ne faut pas penser qu’il y aura un autre événement spectaculaire » dans la résolution de la crise congolaise et dans la perspective de l’élection présidentielle de juillet 2009.

Or, les conditions de vie des populations congolaises ne cessent de se dégrader sur fond de crise politique qui n’a que trop duré, alors que les caisses de l’Etat ont été largement renflouées par la hausse du prix de pétrole de l’année dernière : 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté, plus de ¾ de la population n’a pas accès à l’eau et que 22% seulement a accès à l’électricité, 2,1% seulement du PIB est affecté aux dépenses de santé alors que les hôpitaux manquent cruellement d’infrastructures et de médicaments, les classes au primaire sont surchargées avec 1 enseignant pour 83 élèves et les établissements scolaires manquent tristement d’équipements pédagogiques et de moyens didactiques, 40% de la population active est au chômage, les acquis démocratiques de la Conférence nationale souveraine de 1992 sont mis à mal, les citoyens congolais subissent des violations répétées des droits de l’Homme, et la région du Pool demeure une poudrière. Les maux qui rongent le Congo-B s’appellent : confiscation totale de l’appareil d’Etat au profit d’un seul clan familial et de ses courtisans, appétits égoïstes du pouvoir, refus obstiné de la démocratie, faillite du système éducatif, décapitation du système judicaire, mise à sac de l’outil économique, vie chère, crise morale, corruption, gabegie et népotisme.

En réalité, le Congo-B est un pays sinistré. Et, malgré les multiples ralliements au pouvoir en place de certains leaders politiques - Bernard KOLELAS, Jacques Joachim YHOMBY-OPANGO et bien d’autres - le pays demeure profondément divisé et meurtri. Dans ce chapitre de la division, il faut ajouter le conflit aigu qui oppose le président de la République et ses anciens compagnons Justin LEKOUNDZOU et Marion MADZIMBA qui dénoncent sa gestion clanique du pouvoir et l’accusent de raviver dangereusement le clivage Nord-Sud à travers les offres de ralliement offertes à Jacques Joachim YHOMBY-OPANGO et Grégoire LEFOUOBA dans le cadre de l’accord électoral RDD/PCT signé le 23 Février 2009 à Brazzaville.

Cette situation est loin de s’améliorer à cause de l’intransigeance du président de la République et de son gouvernement, qui refusent obstinément l’organisation d’une Concertation Nationale Inclusive pouvant permettre à notre pays de trouver les solutions consensuelles adéquates aux différents maux dont-il souffre. L’ouverture d’un dialogue politique entre toutes les forces vives de la Nation c’est-à-dire la Mouvance présidentielle, l’Opposition, la Société civile, les Syndicats, les Autorités religieuses et les Chefferies traditionnelles est le meilleur moyen pour sortir de la crise congolaise, et le seul gage de paix, de sécurité et de réconciliation nationale. Sinon, le Congo-B va plonger dans un chaos inimaginable aux conséquences multiples et imprévisibles pour les populations et les générations à venir.

Face au danger qui se profile inéluctablement parce que le peuple congolais ne restera pas longtemps sans réagir pour briser le sort qui lui est affligé, il devient urgent - pour la Communauté internationale notamment l’Union Européenne et la France -  d’aider le peuple congolais à prévenir toute sorte de violence.

Dans un tel chaos, les intérêts de la France sont en jeu. Car, l’instabilité politique chronique n’est pas propice au développement des « Affaires » au Congo-B notamment l’exploitation pétrolière opérée par TOTAL-FINA-ELF et la gestion du port de Pointe-Noire confiée au Groupe BOLLORE.

Raison pour laquelle, Monsieur le Président, nous sollicitons votre intervention auprès du président Denis SASSOU-NGUESSO - compte tenu de vos relations privilégiées, mais également des liens historiques entre le Congo-B et la France - pour organiser une Concertation Nationale Inclusive en vue d’une « Transition » conduite par un Gouvernement d’union nationale chargé d’organiser des élections libres et transparentes avec l’aide de la Communauté internationale.

Agir autrement, Monsieur le Président, c’est prendre une lourde responsabilité devant l’Histoire que le peuple congolais ne comprendrait et ne pardonnerait pas, sachant que vous n’avez jamais cessé d’appeler les peuples en conflit à la réconciliation, la paix et la démocratie.

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération et nos souhaits de bon séjour dans notre beau pays le Congo-B.

 Que Dieu bénisse le Congo-B !

Vive la République !

Pour le GRP / CCSC

Prince KITEMO, porte parole
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