Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Personne ne doute que les principes affirmés par le professeur Pascal Lissouba quand il avait encore la parole en public continuent à constituer aujourd'hui une source d'inspiration pour nombre d'hommes politiques d'un bout à l'autre de l'échiquier Upads, tant à l'étranger qu'au Congo. Il faut s'en réjouir, cette situation répondant au vœu du professeur dont les comportements ont démontré qu'il ne pouvait être situé ni à droite ni à gauche de l'Upads.
C'est pourquoi il n'est pas acceptable qu'un groupement politique à l'Upads, quel qu'il soit, prétende accaparer un héritage pour transformer le parti en un ascenseur destiné à hisser un présidentiable aux élections de 2009 dès lors que ce groupement ignorerait l'orientation politique du Professeur Pascal Lissouba, avant et après le coup d'Etat de juin 1997 à savoir : l'autorité et la place primordiale de l'Etat dans la nation, le rôle prédominant du président de la République, pilier des institutions et dont le mandat s'exerce sur deux législatures, la mutation de la société par la participation de tous par le biais de la décentralisation, une économie protégée des excès du libéralisme et enfin avant tout, la sauvegarde de l'indépendance nationale, de la démocratie, de la liberté et de la paix durable au Congo.
Or c'est devenu un fait qu'un certain nombre de membres de l'Upads tel le prétendu nouvel adhérent Ange Edouard Poungui, ou bien d'autres encore, s'emploie à se présenter comme les tenants et les défenseurs des legs de Lissouba conforté en cela par les médias qui s'obstinent à les qualifier des représentants de l'Upads à la présidentielle alors qu'on peut légitimement considérer que les prises de position des ‘'ailes'' de l'Upads dont ils sont représentants, s'écartent considérablement - pour ne pas écrire s'opposent - aux principes clairement énoncés par Lissouba lui-même.
Tout d'abord, ces supposés présidentiables, ou ceux qui vont bientôt tenir un congrès dit des « unionistes » à Brazzaville en Mars 2009 dans le but de désigner assurément eux aussi, un futur candidat à l'élection présidentielle au nom du parti Upads se situent eux-mêmes de plus en plus à droite de M. Sassou ensuite, en abandonnant la référence fondamentale à la notion de « l'instauration au Congo d'une démocratie pluraliste fondée sur le respect des valeurs humaines et la défense de l'État de droit en vue de l'édification d'une société plus juste et plus solidaire…. » inscrite dans le préambule des statuts de l'Upads, ils soutiennent une politique dictatoriale en contradiction formelle avec la ligne du parti voulue par le fondateur de l'Upads Pascal Lissouba, lequel, s'il avait encore la parole en public, n'aurait certainement pas accepté de signer un traité de reddition avec le régime de Brazzaville qui porte de graves et irréversibles atteintes à la démocratie et, à la souveraineté du peuple Congolais. De surcroît, les membres de l'Upads affidés à Sassou ont accepté et active même, l'instauration d'une présidence à vie de M. Sassou privant le Congo dans l'avenir de toute alternance démocratique réelle, alors que le régime dictatorial de Brazzaville et son maître, demeure toujours fondamentalement éloigné du peuple et du pays.
Que ceux qui prétendent parler au nom de l'Upads, aient une politique tout autre (politique du ventre) que celle préconisée par le professeur Lissouba est leur droit, mais suivre une telle politique avec acharnement à se présenter aux élections présidentielles au nom du parti Upads de Lissouba est une sorte d'abus de confiance . L'utilisation de l'appellation "anti-Lissouba" pour ces politiciens combineurs alambiqués à la sauce d'Oyo est encore trop éloignée de la réalité et l'on souhaiterait que ces supposés dirigeants de l'Upads aient le souci d'affirmer leur vraie personnalité plutôt que de revêtir une apparence qui trompe les militants de base et le peuple. Pourquoi n'utiliserait-il pas le nom de celui qui les inspire du plus haut de la République de M'pila ?
Ceux qui se réclament de Lissouba et qui, ont oublié que le professeur défendait et défend toujours d'autres valeurs que celle du clientélisme politique , ne faudrait-il pas leur rappeler que Lissouba est aussi, une philosophie ! - Celle de la résistance vis-à-vis du pouvoir de Brazzaville . Une résistance entendue au sens de Camus : être contre "les Dieux" de la dictature au Congo, contre la fatalité qui écrase le congolais et l'humilie en le dépouillant de son destin.
à Londres, à Paris, ce fut la philosophie ‘'donquichottesque'' de l'homme du 16 août 1992. Quand la cause était perdue, Lissouba faisait "comme si" Comme si le combat contre le putschiste Sassou pouvait continuer. Désespérer, se résigner, c'eût été collaborer, c'eût été trahir la cause des Congolais - "la seule qui compte", tranchait Lissouba.
« La crise congolaise étant née de la violence et de l'illégalité, la restauration d'une paix durable et de la démocratie ne peut se faire par une légitimation a priori de l'illégalité … » Pascal Lissouba. P.4 du message de fin d'année du 31 décembre 2000.
Face à l'adversité nommée Sassou, Lissouba s'est levé et a dit NON à la légitimation du putsch du 5 Juin1997. Il a toujours exigé au régime de Brazzaville et son maître un dialogue national inclusif afin de sortir le pays de la crise.
« Dans tous les pays qui ont connu des crises politiques majeures, les institutions démocratiques « post-conflit » ont toujours été mises en place de façon concertée , voire consensuelle…
Notre pays ne saurait déroger à cette règle.
Nous disons :
- Non au recensement et listes électorales réalisées par le seul clan au pouvoir,
- Non à une constitution faite sur mesure,
- Non aux élections truquées par avance … »
Au nom des valeurs de paix, des droits de l'Homme, du droit à la vie, à la liberté d'expression… demandons : - La mise sur pied d'une commission de réconciliation nationale, sous l'égide de l'OUA et de la communauté internationale en vue des prochaines échéances électorales, transparentes et équitables avec la participation de tous les congolais sans exception … » Pascal Lissouba. P.3 du message de fin d'année du 31 décembre 2000.
Dans son message aux cadres et militants du parti Upads, Londres le 26 juillet 2004 Pascal Lissouba stigmatise une fois de plus son orientation politique vis-à-vis du pouvoir de Brazzaville:
« N'oubliez point que notre combat pour la démocratie n'est pas un combat contre les hommes, mais un combat pour les valeurs… Nous avons décrié le processus électoral initié unilatéralement par le pouvoir de Brazzaville. Nous avons refusé, avec nos partenaires, d'y participer, faute de transparence et d'équité. Ceux qui, en violation flagrante des positions prises par la direction du parti, se sont présentés à ces mascarades électorales ont été sanctionnés… »
Martin Mberi, Kignoumbi Kia Mboungou furent exclus de l'Upads, Christophe Moukouéké suspendu et n'avait plus qualité à engager le parti.
La combinaison politico-économique qui prétend à grands cris qu'elle parle au nom du Président Lissouba, qu'elle a son onction , qu'elle est le parti Upads … le tout, sans aucune preuve apodictique de ce qu'elle avance. Ma parole elle finit par le croire! C'est un peu, révérence parler ! C'est ce qui se passe dans le carnet de voyage de Gilbert Saladin Massala, où une certaine troupe se promène dans la jungle en disant : « Nous sommes les rois de la jungle parce que nous le disons… » Il ne suffit pas de dire qu'on est une force pour en être une. Il ne suffit pas de dire qu'on n'est Upads pour être Upads . C'est ce que l'avenir va montrer. Cette combinaison politico-économique ! Va-t-elle une fois de plus violer l'orientation politique dictée par lui même, Pascal Lissouba, président fondateur du parti Upads? Si oui ! Pourra t-elle nous dire comment et pourquoi elle tient à ce que l'Upads soit représentée à des élections truquées par avance en faisant offense à Pascal Lissouba ? Wait and see .
On ne peut pas prétendre gagner à la fois sur le tableau des accommodements et sur celui de la rigueur. La pratique de la rigueur dans les convictions et les objectifs - la capacité de dire non quand il le faut -, essence des convictions du Président Lissouba, est contraignante et nécessite courage et persévérance , mais, à terme, cette stratégie n'est-elle pas la plus payante ? L'on est même tenté de se demander si ce n'est pas l'absence de cette rigueur qui explique certains échecs à ce jour à L'Upads.
J.M. KIMBATSA