Espace d'échange de la diaspora congolaise.
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| Jean-François Tchibinda-Kouangou, candidat à l’élection présidentielle |
Pour montrer son attachement à la foi, Jean-François Tchibinda-Kouangou a débuté sa conférence de presse par une prière de remerciement à Dieu, avant de livrer l’essentiel de son message politique. Tout d’abord, il a commencé par salué la presse: «Messieurs les journalistes, bien que tardivement, je vous adresse mes vœux de bonne et heureuse année 2009».
Puis, il a commencé par planter le décor, à savoir l’élection présidentielle: «Notre pays, ce beau Congo, se prépare à un moment très important de son histoire: l’organisation de l’élection présidentielle que nous attendons en juillet 2009. C’est un moment très sensible que nous devons aborder avec sagesse, afin d’éviter à notre peuple, déjà meurtri, des souffrances inutiles. La plupart des guerres civiles que nous avons vécues ont eu pour origine les élections. Ce sont les élections qui nous ont entraînés dans ces guerres. Notre frère Théophile Obenga a écrit l’histoire sanglante du Congo.
Cette histoire sanglante du Congo-Brazzaville est émaillée d’événements douloureux. Et ces événements ont pour cause les élections mal organisées, contestées. C’est pourquoi j’estime que, lorsqu’il y a élection, les règles y relatives doivent être, clairement, et conconsensuellement établies. A cet effet, les opérations préélectorales et post-électorales doivent être faites avec la plus grande transparence. Et nous devons nous laisser guider par certains repères».
Dans cette optique, Jean-François Tchibinda-Kouangou s’est montré favorable à l’institution d’une commission électorale indépendante: «Pour moi, il est important de mettre en place une structure indépendante, qui sera chargée d’élaborer une loi électorale consensuelle. Et non une loi électorale imposée par une obédience politique donnée. Ce n’est pas une loi électorale imposée par un parti. Cette loi électorale doit être élaborée de façon consensuelle. Quand ce moment sera venu, d’ailleurs, je serais déjà prêt; j’apporterai ma contribution, quant à l’élaboration de cette loi électorale. Nous devons, aussi, déterminer le découpage électoral consensuellement et des listes électorales fiables. Celui qui méprise le recensement, les listes électorales, le découpage, dans un pays où il n’y a pas de liberté, de transparence, il a déjà gagné les élections, puisque c’est lui seul qui est le maître du terrain; il fait tout en sa faveur. C’est pourquoi, je dis et je répète: l’établissement des listes doit être fait de façon transparente, consensuelle, pour qu’il n’y ait pas de tricherie».
Le candidat indépendant souhaite des gens neutres pour gérer le processus électoral: «En 1996, les équipes de recensement qui passaient de maison à maison étaient composées de huit personnes, à savoir: deux représentants du parti au pouvoir, deux du parti de l’opposition, deux de la société civile et deux de l’administration. Une fois le travail terminé, tous signaient les procès verbaux. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. En plus, il faut garantir l’accès aux médias d’Etat à tous les candidats à l’élection présidentielle. Les résultats doivent être affichés devant chaque bureau de vote. Il nous faut organiser, ensemble, la proclamation du scrutin. Voila les repères que j’indique pour que nous ayons une élection honnête. La loi sur les partis politique dit, je cite: «Un parti politique est une association de citoyens ayant pour but de conquérir et de gérer pacifiquement le pouvoir autour d’un projet de société. Quand vous intériorisez cette loi, vous y voyez déjà l’alternance au pouvoir. Or, pour qu’il y ait alternance du pouvoir, il faudrait bien que tout le processus électoral soit géré par des gens neutres. Notre administration n’est pas neutre».
Enfin, l’ancien magistrat a interpellé des personnalités de la majorité, comme pour rechercher leur implication, afin que le dialogue demandé soit réalisé: «Le président Denis Sassou Nguesso, en 1997, dans le mémorandum de l’opposition le disait, déjà, que cette administration n’est pas neutre. Donc, elle ne peut organiser des élections fiables. Ce n’est pas moi qui le dis. A cette époque, il y a eu une lettre commune écrite par Jean Pierre Thystère Tchicaya et Justin Lekounzou avant les élections législatives. Eux, aussi, disaient la même chose. Il faut, absolument, mettre une commission électorale indépendante. Dans ce pays, il n’y pas de gouvernement d’union nationale.
Tous les ministres sont au service du pouvoir. A l’assemblée nationale, le plus grand nombre de députés fait partie de la mouvance présidentielle, idem pour le sénat. Les préfets, sous-préfets, maires, adjoints aux maires, chefs de quartiers et de villages, tous appartiennent à une même famille politique. Ils vont tout faire pour organiser des élections en faveur de celui qui les a nommés, pour qu’en retour, ils puissent conserver leurs postes. Regardez seulement les élections législatives: tout le monde a reconnu que c’était mal organisé et qu’il y avait une fraude massive.
Le chef de l’Etat l’a reconnu. Curieusement, les résultats ont été validés; ils sont en poste sans gêne de ce bas peuple qu’ils trompent au jour le jour. A mon avis le ministre et les responsables de la Conel devraient démissionner. Les élections locales ont connu 90% de taux d’abstention, jamais vu dans un pays. La Conel supervise la fraude. Le président de la Conel que je connais bien, un homme intègre, devrait réagir. Mais diantre! La politique corrompt, parfois. Il y a bien dans ce pouvoir des gens de qualité mais je ne sais pas pourquoi ils ne réagissent pas devant ces énormités, comme Me Martin Mbemba, avocat qui fait la fierté de notre pays au niveau international, ne peut pas réagir, face aux injustices, face à la confiscation du pouvoir. Comment Me Aimé Emmanuel Yoka, un homme de qualité, soit aveuglé par la pouvoir? Ils ne peuvent pas dire que les élections se passent mal, qu’il y a la fraude électorale, c’est une mascarade électorale qu’on nous présente. J’interpelle maîtres Martin Mbemba, Aimé Emmanuel Yoka et le président de la Conel, Henri Bouka. On ne peut pas diriger le pays sur la base de la fraude. Nous devons nous mettre autour d’une même table, pour dialoguer, afin qu’ensemble, nous puissions mettre les structures qui conviennent, pour préparer l’élection présidentielle de juillet 2009».