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Le procès de onze personnes, poursuivies pour avoir forcé près de 150 Nigérianes mineures à se prostituer en Europe, après les avoir fait venir aux Pays-Bas comme demandeuses d'asile, s'est ouvert lundi à Zwolle (nord).
"Les onze prévenus, principalement de nationalité nigériane, doivent répondre de trafic d'êtres humains et d'appartenance à une organisation criminelle", a indiqué à l'AFP le porte-parole du parquet national néerlandais, Wim de Bruin.
De 2006 à fin 2007, "140 à 150 jeunes Nigérianes" ont disparu de centres d'accueil pour demandeurs d'asile mineurs aux Pays-Bas, a-t-il expliqué, ajoutant: "Nous n'avons pu en retrouver qu'une dizaine, mais nous pensons que toutes ont abouti à la prostitution", principalement en Italie, mais aussi en Espagne et en France.
Les Pays-Bas servaient de "pays de transit", selon un communiqué du parquet national.
Recrutées au Nigeria, les jeunes filles étaient envoyées, munies de faux papiers, aux Pays-Bas, où elles devaient demander l'asile.
"Les prévenus recouraient à des pratiques vaudou pour faire pression sur les jeunes filles. (...) Celles-ci devaient donner du sang, des ongles ou un morceau de vêtement, et promettaient devant un prêtre vaudou de rembourser leur dette (fictive), contractée pour leur voyage vers l'Europe", a précisé le parquet.
"Certaines jeunes filles retrouvées par les enquêteurs ont accepté de dénoncer les trafiquants grâce à l'intervention d'un prêtre nigérian sollicité par la justice, qui a brisé leur peur d'une malédiction vaudoue", a précisé Wim de Bruin.
Les prévenus ont été arrêtés en octobre 2007 aux Pays-Bas, après une enquête menée par la justice néerlandaise en collaboration avec les polices nigériane, italienne, espagnole, française, belge, britannique, irlandaise et américaine.
Le jugement est attendu pour le 26 mai.