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Congo : La paix, un faux débat du pouvoir de Sassou !

Kimpwanza - La paix est devenue aux yeux du pouvoir de Sassou Nguesso l’opium des congolais. Pour le pouvoir de Brazzaville, en effet, 2009, c’est la victoire de Sassou Nguesso contre la paix. Comment comprendre cette campagne que mènent tambours battants les gestionnaires actuels qui réduisent le bilan de plus de 20 ans de règne de l’homme des masses au slogan de la paix ?

La paix désigne l’absence de violence ou de guerre entre groupes humains. En d’autres termes, c’est la situation d’un pays qui n’est pas

en guerre. C’est cette paix, soi-disant, que le pouvoir de Brazzaville veut garantir aux Congolaises et Congolais par le biais de la "réélection" de SASSOU (je ne sais pas pourquoi au Congo parle-t-on de "réélection" de SASSOU, alors que ce dernier n’a jamais été "élu" démocratiquement en 2002, car l’élection Présidentielle de 2002 n’était qu’une mascarade pour légitimer aux yeux de la communauté internationale le coup d’État sanglant de 1997, ceci est tellement vrai que c’est un secret de polichinelle). 

Or, le régime de Brazzaville ignore complètement que cette paix est déjà acquise au Congo, car personne du côté de l’opposition n’a l’intention de prendre les armes pour accéder au pouvoir, sauf, bien entendu, du côté du pouvoir en place où l’on est en train de faire le stockage des armes au su et au vu de tout le monde dans la partie nord du pays. 

Du coup des interrogations fusent du côté des esprits avertis : est-ce dire que si Sassou n’est élu, il utilisera de nouveau les armes contre son peuple ? On serait tenter de l’affirmer au regard du jusqu’auboutisme des gestionnaires des affaires de l’Etat d’aujourd’hui. Plusieurs faits et gestes montrent que pour le pouvoir, le slogan de la paix est une mise en garde aux congolais, « si vous n’élisez pas Sassou Nguesso, président, nous vous renverrons dans les forêts ». Ce slogan, il faut le préciser, a déjà été entendu en 2002 et récemment en 2007 et 2008 de la bouche des ministres de la République. Est-ce en s’inspirant de ces menaces que les évêques du Congo ont tenu à rassurer les congolais ? « N’ayez pas peur », ont-ils insisté, comme pour exorciser cette peur sur laquelle compte le pouvoir de Brazzaville pour demeurer au pouvoir contre la volonté du souverain primaire qu’est le peuple. 

En effet, si l’opposition ne réclame que la mise en place des conditions de transparence des élections présidentielles de 2009, position qui du reste a été partagée par la communauté internationale, en l’occurrence les observateurs de l’Union Africaine et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale aux élections législatives de 2007 et par certains membres du Gouvernement et de la Majorité Présidentielle, comment justifier le surarmement du pouvoir de Brazzaville qui chante en même temps les cantilènes de la paix ? Comment justifier que malgré les réactions de protestation des congolais et de l’opposition, le pouvoir refuse de démanteler le camp de Tsambitso qui ne figure pas parmi les centres d’encadrements reconnus par l’Etat ? N’est-ce pas la preuve que la paix dont on parle n’est qu’un spectre de la violence que l’on prépare ? 

Formés dans les super écoles d’agitation et de manipulation des consciences de l’ex-Union Soviétique, les dirigeants actuels s’évertuent à présenter l’opposition comme un ramassis des trublions tandis que les colombes se trouvent de leur côté. Faux ! Remarquent pourtant les observateurs avertis de la vie politique congolaise qui constatent que les médias internationaux s’inquiètent du surarmement du pouvoir de Brazzaville. Armes qui ne sont pas acheminées dans les casernes officielles mais dans des sites privés. Et pour faire porter le chapeau à l’opposition, le pouvoir spécule sur la paix et échafaude des plans pour tenter de déstabiliser les adversaires. 

On se souviendra qu’il y a quelques semaines, une vingtaine de policiers conduits par un colonel s’est déportée dans un quartier du nord de la capitale cassant un conteneur appartenant à un jeune commerçant sous prétexte de chercher des armes cachées par l’opposition. N’ayant rien trouvé qui ressemble à une arme, ces policiers ont été conspués par la population ahurie. Comprenant la manipulation que fait le pouvoir, les congolais et notamment les opposants estiment que le pouvoir cherche tout simplement à éviter les questions réelles qui fâchent. Il s’agit d’une technique consistant à divertir les populations, à détourner leur attention sur leur quotidien fait de misère et de pauvreté alors que les régnants savourent le champagne chaque jour et jettent des langoustes à la poubelle des maisons acquises avec les richesses de tous. 

Cette curieuse manière de vanter la paix choquent certaines personnalités extérieures qui se demandent comment ceux qui prétendent être des champions de la paix avaient pu en 1997 lâcher des mercenaires angolais, zimbabwéens et autres tchadiens et rwandais sur leurs compatriotes. N’est-ce pas une simple escroquerie politique voire intellectuelle que de s’attribuer le monopole de la paix alors qu’on en est le véritable fossoyeur ? Et de conclure que le Congo est vraiment tombé très bas qui plus est la tête en bas. 



Source : Kimpwanza, source indépendante d'actualités et d'informations sur le Congo Brazzaville 

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