Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Espace d'échange de la diaspora congolaise.

Publicité

Vers de nouvelles solidarités francophones

Avec 175 millions de locuteurs dans une cinquantaine de pays, le français est devenu une langue régionale. Pourtant, son potentiel est de quatre fois plus, selon certains démographes, si l'on investit dans l'éducation et le développement en Afrique. Il ne s'agit pas d'un combat d'arrière-garde face à la domination de l'anglais, mais, au contraire, de s'appuyer sur la francophonie comme une force de développement et un espace de circulation des idées et des compétences. L'investissement le plus rentable, ici comme ailleurs, est bien dans la formation des jeunes.

Enseigner, former en français ne signifie pas inculquer la langue du colonisateur mais bien partager des valeurs et créer de nouveaux partenariats fondés sur la réciprocité et dont le principal vecteur est la langue. Au-delà des élites en place, la francophonie doit être un « ascenseur social » accessible à tous, grâce à l'attractivité d'un système d'enseignement supérieur ou de formation et des débouchés qu'il crée, en Europe comme dans le pays d'origine. Je trouve la politique d'immigration de la France humiliante et contre-productive. En érigeant une barrière étanche et aveugle, elle prive notre pays d'un rayonnement intellectuel et culturel que nos universités, nos entreprises, nos institutions vont regretter d'ici quelques années. Il faut bien voir que, là encore, la mondialisation met en concurrence des modèles éducatifs et de formation. Les meilleurs étudiants d'Afrique francophone partent aujourd'hui au Canada et aux États-Unis. La francophonie doit devenir un espace de circulation des cerveaux et non organiser leur fuite vers les eldorados européens ou nord-américains. Nous avons plus à y gagner. Le défi de l'éducation suppose donc de nouveaux outils et une plus grande fluidité entre systèmes éducatifs et économiques.

Les Régions peuvent avoir un rôle majeur à jouer pour répondre à cet enjeu car elles tissent des liens étroits et directs avec leurs homologues des Sud pour agir conjointement et directement sur le terrain tout en étant, de par leurs compétences, au coeur des problématiques de formation et de développement économique. Elles peuvent ainsi participer à la formation des enseignants et des formateurs, à la mobilité internationale des étudiants et des chercheurs, développer de nouveaux outils d'enseignement et de formation à distance, ou préparer la relève scientifique et technique dont nos économies auront besoin d'ici quinze ans.

La souplesse, la réactivité et la créativité de la coopération décentralisée permettent de nouer de nouvelles formes de collaboration : l'Aquitaine développe avec les Québécois de l'université Laval et Thot Cursus, l'Institut français de Madrid et la Fing (Fondation Internet nouvelle génération), un portail Internet facilitant l'accès à l'offre d'enseignement du français à distance. Celui-ci sera utilisé pour la formation professionnelle en français des agents du parc national de la province de Lao Cai au Vietnam, partenaire de l'Aquitaine. Le français est dans ce cas l'outil de transmission et de transfert des compétences.

Ce n'est qu'un exemple, et c'est pour pouvoir débattre plus largement de ces politiques que la Région organise les 15 et 16 octobre prochain ses 4es Assises de la coopération décentralisée et du développement solidaire sur le thème « Les acteurs locaux et la francophonie : les nouvelles solidarités francophones dans l'éducation et la formation professionnelle ».

Personnalités du Sud et du Nord, du monde politique, universitaire et associatif mettront ainsi en commun leur expérience pour améliorer leurs savoirs et leurs pratiques. À faire circuler largement.

SOURCE : www.sudouest.com

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article