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Le chef de l'Etat est arrivé ce matin en République démocratique du Congo, pour quelques heures. Il rencontrera son homologue, Joseph Kabila avant de se rendra ensuite au Congo et au Niger.
Nicolas Sarkozy est arrivé jeudi 26 mars vers 9h00 à Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour quelques heures. Il rencontrera son homologue, Joseph Kabila avant de se rendra ensuite au Congo et au Niger. Il a été accueilli à l'aéroport de Kinshasa par le Premier ministre de RDC, Adolphe Muzito. Nicolas Sarkozy devait d'abord s'entretenir avec le président Joseph Kabila au Palais de la Nation avant de prononcer un discours devant les deux chambres du Parlement congolais réunies en Congrès, puis de retrouver son hôte pour un déjeuner officiel. L'essentiel du menu du court séjour de Nicolas Sarkozy sur la rive gauche du fleuve Congo doit être consacré à une très controversée proposition de paix française pour la région des Grands lacs.
"Une Françafrique décomplexée"
Un an après un voyage éclair de six heures à Luanda, Nicolas Sarkozy renoue avec l'Afrique pour un périple tout aussi minuté à Kinshasa, Brazzaville et Niamey conçu comme un exemple des liens rénovés qu'il veut instaurer avec le continent noir.
En visite en Afrique du Sud en février 2008, le chef de l'Etat avait jeté les bases d'un nouveau "modèle de relations" franco-africaines, enfin débarrassé des outrances de la "Françafrique". Mais la rupture annoncée reste balbutiante, illustrée par le départ précipité il y a un an du secrétaire d'Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel.
Mercredi, plusieurs ONG ont d'ailleurs dénoncé une "Françafrique décomplexée" très éloignée des discours présidentiels sur une "rupture" avec les pratiques du passé.
C'est donc avec la volonté de convaincre qu'une "page a été tournée", selon Jean-Marie Bockel, qu'il revient en Afrique.
Tollé sur le "partage des richesse"
Pour le premier arrêt de sa mini-tournée, en République démocratique du Congo (RDC), Nicolas Sarkozy veut apporter sa pierre au règlement du conflit qui ravage l'est du pays. En fait, il devrait surtout s'employer à dissiper, auprès de son homologue Joseph Kabila, puis devant son Parlement, le malentendu suscité par l'initiative de paix dévoilée en janvier.
En suggérant un "partage des richesses" entre la RDC et le Rwanda, il a suscité un tollé à Kinshasa, qui y a vu une tentative d'amputer son territoire et contraint Paris à réduire ses ambitions. Il n'est plus aujourd'hui question d'une exploitation conjointe des ressources minières du Kivu mais de coopérations "pratiques" bien plus modestes.
"Il n'y a pas de plan français, simplement la volonté d'apporter de nouvelles idées", assure-t-on à l'Elysée en niant tout lien entre la démarche du président et ses tentatives de réconciliation avec le Rwanda. "Cette idée de marchandage honteux n'a aucun sens".
A Brazzaville, face à Denis Sassou Nguesso
La deuxième étape, sur l'autre rive du Congo, s'annonce aussi délicate. A quelques mois d'une élection présidentielle, la France veut absolument éviter que cette "visite d'amitié" passe pour un soutien déguisé au maître du Congo Denis Sassou Nguesso.
"Le président se rendant à Kinshasa, il eut été malvenu et inamical de tourner le dos à Brazzaville", fait-on remarquer à l'Elysée, "quand bien même le calendrier politique local ne nous sert pas".
Après les contestations qui ont entaché les derniers scrutins congolais, Nicolas Sarkozy rappellera à ses hôtes "l'importance d'une élection honorable", rencontrera les adversaires politiques du régime et devrait y insister, devant le Parlement, sur la bonne gouvernance.
Dans un pays dénoncé pour la mauvaise utilisation de ses ressources pétrolières et dont le président est accusé d'en avoir profité pour acquérir des propriétés immobilières en France, le message de Nicolas Sarkozy est attendu avec intérêt, tant par l'opposition que la société civile.
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