Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Vous êtes un colonialiste. Vous, êtes une honte de la liberté que vous représentez et défendez en France parce que, vous vous rendez dans un pays (le Congo) où, la liberté n’existe pas.
Au Congo, on vit dans la peur perpétuelle à cause de la dictature de votre ami, Sassou Nguesso voilà près de 25 ans. Vous qui avez déclaré le 24 mars 2009 à St Quentin : « la liberté c’est pouvoir vivre sans avoir peur … » Avant d’aller au Congo avez-vous été renseigné sur la liberté dans ce pays ? Ou bien la liberté que vous défendez rime avec la France et les français parce que ce sont des blancs et que la confiscation des libertés au Congo pays des noirs, qui rime avec la dictature de Sassou Nguesso que vous soutenez au nom des intérêts de vos amis personnels tels Bolloré et ceux de la France, n’est que chose normale et même, cela est pour vous, la pratique de la realpolitik. Ils sont noirs, ils ont des richesses, ils n’ont pas besoin de liberté. Noir c’est noir, aux noirs, il leur faut de la dictature parce que la dictature est noir. Vous êtes vraiment une honte pour la liberté monsieur le Président de la République française.
Vous vous rendrez au Congo Brazzaville ce jeudi 26 mars 2009 pour soi-disant une visite travail mais en fait, votre but est d’apporter un soutien clair à Sassou Nguesso en vue de la reconduction de sa dictature au Congo. Drôle de rupture dans la continuité des pratiques coloniales par le biais de la françafique que les congolais condamnent fermement.
Le Congo vous accueillera, ce, pendant qu’il traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire moderne.
Vos représentants au Congo ne manqueront sûrement pas de vous dresser un tableau sombre d’une situation politique fatalement marquée par la fermeture et l’étouffement de toute voix discordante. Une situation des droits de l’Homme en détérioration permanente tant la répression est devenue la règle et les procès politiques, montés de toutes pièces, la seule réponse aux revendications légitimes des Congolais à la liberté et à la démocratie.
La situation économique n’est pas en reste. La fameuse et pompeuse notion de « stabilité dictatoriale » cyniquement utilisée comme impératif/alibi de développement et de sauvegarde des intérêts de la France pour imposer au Congo une dictature des plus redoutables, a laissé fleurir les phénomènes de corruption et de népotisme qui sont en train de gangrener une économie au plus mal alors que le dictateur Sassou Nguesso et sa famille sont les plus riches de tous les congolais.
Le problème du Congo, c’est qu’il est devenu un mythe de la Françafique et du dictateur Sassou qu’il reconstruit pour les besoins de sa cause.
Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité du Congo.
La réalité du Congo c’est que vous, monsieur le Président de la république française, vous allez dormir à Brazzaville avec du courant grâce à un groupe électrogène très puissant alors que le congolais lambda n’a ni courant, ni groupe électrogène. Vous me direz ils sont noirs, dormir dans le noir ce n’est que normal alors votre ami, le dictateur Sassou Nguesso, a rien qu’en France 112 comptes bancaires. C’est normal pour vous. Il peut rempiler 7 ans encore.
La réalité du Congo, c’est que vous, vous allez boire de l’eau minérale, mais le peuple congolais n’a même pas d’eau potable.
La réalité du Congo, c’est encore trop de famine, trop de misère.
La réalité du Congo, c’est la rareté qui suscite la violence. Tout pour le Dictateur Sassou et sa famille, rien pour le peuple.
La réalité du Congo, c’est le développement qui n’existe pas, c’est l’agriculture qui ne produit pas du tout, c’est le manque de routes, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux.
La réalité du Congo, c’est un grand gaspillage d’énergie, de courage, de talents, d’intelligence. La grande majorité des intellectuels du Congo sont en exil en France ou ailleurs à cause de la dictature de Mr Sassou.
La réalité du Congo, c’est celle d’un grand pays pétrolier qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer du mythe de la Françafrique et du dictateur Sassou.
Monsieur le Président, les Congolais ne comprendront pas l’obstination du Président de la France, pays des droits de l’homme et qui plus est, prône la rupture, condamne Mugabe parfaitement informé de leur situation- à vouloir continuer à vanter les mérites d’un régime qui est en train de dilapider leurs acquis et hypothéquer leur avenir.
La dictature ne devrait pas être le seul porte-parole des Congolais au risque de voir le fossé entre « le Congo libre », le « Congo de demain » après la mort du dictateur, et « la France officielle » se creuser.
Le problème du Congo futur, ce n’est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter par la reconduction du dictateur indécrottable qu’est Mr Sassou, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur par l’instauration au Congo, d’une démocratie véritable, car le Congo a le droit au bonheur comme tous les autres pays du monde.
Le défi du Congo de demain, c’est d’apprendre à se sentir l’héritière de tout ce qu’il y a d’universel dans toutes les civilisations humaines. C’est de s’approprier les droits de l’homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes. Ce défi là, monsieur le Président, seul une nouvelle classe politique au Congo peut le réussir et non un vieux dictateur avec la bénédiction de la France.
« Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est préparer l’avènement de l’Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique… Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est regarder en face les réalités. C’est faire la politique des réalités et non plus la politique des mythes… » Nicolas Sarkozy à Dakar, le jeudi 26 juillet 2007.
Ne pensez-vous pas que ce grand destin se prépare avec ce qui vivrons dans le futur et capable de s’y projeter ? La politique des réalités, ne faut-il pas la pratiquer avec une nouvelle classe des jeunes politiciens ? La politique des réalités au Congo monsieur le Président, est-ce seul le dictateur Sassou peut la conduire ? Sassou Nguesso, est-il le seul homme politique congolais capable de garantir les intérêts de la France au Congo ? Non.
A cause de la politique du mythe Sassou Nguesso, les congolais ne sont pas libres.
Gilbert Songuissa Moulangou, cet homme politique injustement emprisonné et depuis, libéré provisoirement pour avoir exercé son droit à la libre expression, vous invite à aller à la rencontre des représentants de la société civile, à être à l’écoute des Congolais qui souffrent de la dictature ( famille Songuissa) et à évoquer auprès des officiels congolais son indispensable libération totale et immédiate et inconditionnelle et au-delà de tous les prisonniers politiques.
En vous remerciant à l’avance monsieur le Président de la République française, de la lecture attentionnée que vous faites de cette lettre.
Wallys KIMBATSA