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RAPPORT. L'ONG Global Witness accuse, preuve à l'appui, le fils du président congolais de détourner l'argent du pétrole
Dans un rapport qui vient d'être rendu public, Global Witness épingle différentes banques pour la façon dont elles ont accueilli et géré les revenus suspects de différents chefs d'État et de leurs proches. Parmi les banques mises en cause, outre la Barclays, HSBC, la Banco Santander, la Citibank, la Deutsche Bank, figure la Bank of East Asia de Hongkong. Denis Cristel Sassou-Nguesso, le fils du président du Congo-Brazzaville, est (était ?) le bénéficiaire d'un compte ouvert en 2003 par Long Beach, une société immatriculée à Anguilla, un paradis fiscal des Caraïbes particulièrement étanche.
L'enquête menée par Global Witness, une ONG britannique, part des beaux quartiers de Paris, Monaco, Dubai et Marbella, là où Denis Christel Sassou-Nguesso faisait « chauffer » sa carte de crédit, pour remonter l'ensemble de la chaîne des paiements. De fait, le fils du chef de l'État congolais n'apparaît jamais comme étant le titulaire du compte.
Les administrateurs de Long Beach sont deux autres sociétés d'Anguilla, Orient Investments Ltd et Pacific Investments Ltd. Elles font partie du groupe ICS, un prestataire de services spécialisé dans la fourniture de prête-noms et d'habillages juridiques permettant de masquer l'identité des ayants droit des sociétés.
L'argent du pétrole
Deux virements de plusieurs centaines de milliers de dollars intervenus sur le compte de Hongkong portent les noms des pétroliers qui transportaient les cargaisons. Plusieurs autres d'un même montant émanaient de la Société nationale des pétroles du Congo, l'un des principaux pays producteurs d'or noir d'Afrique.
À l'évidence, certains revenus tirés de la vente des hydrocarbures tombent directement dans les poches des dirigeants de ce pays. Denis Christel Sassou-Nguesso peut ainsi dépenser plusieurs centaines de milliers d'euros par an.
Ces documents embarrassants pour le fils du dictateur africain sont apparus en 2007 lors d'un procès à Hongkong, l'un des créanciers de l'État congolais cherchant à faire saisir une livraison de pétrole. Global Witness a mis en ligne sur son site Internet les pièces relatives à ses dépenses personnelles.
Denis Cristel Sassou-Nguesso a tenté de les faire retirer. En pure perte. Saisie, la justice anglaise a estimé qu'il n'y avait pas lieu de douter de la véracité de ces éléments, qualifiant même M. Sassou-Nguesso et sa société de « corrompus ou de peu recommandables ».