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PÉRIPLE AFRICAIN. Devant le Parlement congolais, le président français a juré son attachement à l'intégrité territoriale de l'ex-Zaïre, géant et maillon faible d'Afrique centrale
La souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC) est « inaliénable ». Devant le Parlement de Kinshasa, Nicolas Sarkozy a prononcé hier des paroles très attendues par le président Kabila et la population congolaise. Car en évoquant le 16 janvier un « partage » de l'espace et des richesses dans le Kivu, la région frontalière de l'ex-Zaïre et du Rwanda, le président français avait donné l'impression qu'il songeait à un dépeçage du pays pivot de l'Afrique centrale.
Il n'en est rien. Conscient de l'émotion mais aussi de la colère provoquées par ses propos, Nicolas Sarkozy a profité de la première étape de son voyage éclair en Afrique - le quatrième depuis son élection - pour préciser sa pensée. Ce que prône la France ? « C'est un nouvel élan de la coopération régionale », a expliqué le président français, qui a suggéré que la RDC et le Rwanda, mais aussi leurs voisins d'Afrique des Grands Lacs (Burundi, Tanzanie, Ouganda et Kenya), unissent leurs efforts pour développer une région ravagée par les guerres et incapable de tirer parti de ses énormes richesses.
« La honte du monde » « La vocation du Congo n'est pas d'être le maillon faible mais la colonne vertébrale de l'Afrique centrale », a affirmé Nicolas Sarkozy, qui suggère d'accueillir à Paris en 2010 une conférence des bailleurs de fonds.
Avec 65 millions d'habitants, des terres fertiles, une immense forêt et des richesses minières incroyables, le plus grand pays francophone au monde est pourtant un géant aux pieds d'argile, en proie à la pauvreté et la guerre. « Nous sommes la honte du monde », renchérit Vital Kamerhe, l'ex-président de l'Assemblée nationale congolaise, qui a dû démissionner de son perchoir la veille de l'arrivée de Nicolas Sarkozy.
Car Vital Kamerhe s'est opposé à la décision prise en janvier par Joseph Kabila d'autoriser l'armée rwandaise à entrer en RDC pour y traquer les « génocidaires » hutus réfugiés dans les maquis du Kivu. Une décision que le président français a au contraire qualifiée hier de « courageuse », car elle conduisait les ennemis d'hier, Kinshasa et Kigali, à coopérer contre les milices qui infestent l'est de la RDC sous le regard impuissant des soldats de la Monuc, pourtant la plus grosse opération de maintien de la paix des Nations unies sur la planète.
À vrai dire, l'opération n'est pas un franc succès. Fin février, l'armée rwandaise s'est retirée, et les miliciens hutus du FDLR en ont profité pour tenter de reconquérir le terrain perdu. Bilan : de nouvelles violences et 30 000 civils déplacés, si on en croit le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). La paix n'est donc pas pour demain.
Uranium en RDC et au Niger En attendant, la France peut se satisfaire d'avoir rassuré Joseph Kabila mais aussi son opposition, dont le principal parti, le MLC, a salué « la dissipation des malentendus ».
Le terrain est plus dégagé pour augmenter des échanges économiques qui plafonnent à un faible niveau. Hier, lors de sa visite éclair - six heures avant de franchir le fleuve Congo pour une visite d'amitié à Denis Sassou-Nguesso, à Brazzaville dans l'autre Congo -, Nicolas Sarkozy a signé un accord de protection des investissements.
Autre accord : celui signé par le géant du nucléaire Areva, qui s'apprête à mener des recherches pour exploiter des mines d'uranium en RDC. Et sa patronne Anne Lauvergeon accompagne aujourd'hui Nicolas Sarkozy à Niamey, dernière étape du périple. Car Areva, qui exploite l'uranium du Niger depuis un demi-siècle, vient de signer un accord capital : moyennant la réévaluation du prix du minerai réglé aux Nigériens, Areva a obtenu l'exploitation d'une mine géante à Imouraren, qui pourrait devenir la première du monde avec, à terme, 5 000 tonnes par an.