Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Espace d'échange de la diaspora congolaise.

Publicité

Comment et par qui Denis Sassou Nguesso a été remis en scene ?

Au sortir de la Conférence Nationale Souveraine, Denis Sassou Nguesso fut très affaibli, pour la première fois l’armée congolaise avait senti le vent tourné contre elle. Il n y avait pas eu désaveu de Sassou dans les rangs de l’armée plutôt les cadres militaires ont cru que réellement, la main mise de l’armée sur la scene politique congolaise appartenait au passé. Les fonctionnaires cherchèrent  alors à sauver leur peau.

Personne dans l’armée ne croyait à une victoire de Sassou à l’élection présidentielle de 1992. Même ses fidèles lieutenants ni croyaient pas. La chance fut belle pour la pseudo-opposition. Peut être trop belle,  pour cette opposition qui va vite s’enliser dans des querelles stériles. Tous, se dirent c’est maintenant ou jamais. Il naquît une opposition dans l’opposition. Les élections législatives n’arrangèrent point les choses, en obtenant 21 sièges, le PCT sortit renforcé de ces élections. Sassou retrouva des couleurs et pensa déjà a sa revanche, il sut qu’avec 21 députés, son groupe devait se faire entendre à l’assemblée nationale.

Un militant de première heure du PCT à moungali, ne craignait qu’une seule chose :  l’arrivée de Sassou au second tour, qui sonnerait la fin du PCT, je ne comprenais pas cette équation (un membre du PCT qui ne souhaite pas l'arrivée de son candidat au second tour).

« En voici l’explication », si Sassou fut au second tour, l’opposition scellerait une alliance de gouvernement qui marginaliserait le PCT. Car tout le monde le sait la seule alliance qui aurait permis nos institutions de fonctionner c’est l’alliance (URD, UPADS) et sonnerait la fin politique de Sassou Nguesso. Cette alliance aurait un vrai soutien des cadres militaires du pool et en fief électoral, cette alliance aurait du représenter plus de 60% d'électeurs. Cette alliance s'imposait si Sassou fut au second tour.  Car l'UPADS aurait la présidence et naturellement le MCDDI la prémature ou encore, le MCDDI la présidence et l'UPADS la prémature. Ce fut la crainte du PCT. Ils  qualifièrent cette aprobable alliance "UDK"  (l'union des ba kongos).

Si les deux  principaux candidats de l’opposition ne s'étaient pas affrontés au deuxième tour, les troubles socio-politiques de 1992 à 1993 n’auraient pas eu lieu.

La guerre larvée à laquelle se sont livrés les militants pro-Lissouba et pro-Kolélas fragilisa l’opposition et ramèna  Sassou sur le devant de la scène politique.

Dès lors tout accord de gouvernement entre le MCDDI et l’UPAD fut rendu impossible.

Pour parvenir à ses fins, Sassou Nguesso exploita la faille (diviser pour mieux regner).

L’UPADS et Lissouba multiplient les maladresses de début de règne.  L'accord PCT-UPADS jugé caduque par Ambroise Noumazalay. Le PCT et le MCDDI signent alors un accord contre nature dont,  le seul principal but fut de nuire Lissouba et de paralyser l'action gouvernementale. L’alliance bicéphale URD-PCT qui vit le jour eut deux stratégies diamétralement opposées.

Le MCDDI souhaitait une élection présidentielle anticipée sans Lissouba. Le PCT quant à lui, voulait un coup d’état car un second tour entre Sassou et Kolélas ne ferait pas les affaires de Sassou.

Le seul point de convergence entre les deux partis  fut le départ anticipé de Pascal Lissouba. Quels furent les moyens à mettre en place pour obtenir la démission de Lissouba ou le désaveu du peuple. Il fallut créer une insurrection appelée désobéissance civile. Sassou va entrainer Kolélas dans une rébellion qu’il omit  les tenants et les aboutissants.

Kolelas se souvenait qu'un certain Ambroise Noumazalay fit céder Lissouba dans le passé, les mêmes causes entrainant les mêmes effets nous dit-on. Kolelas marcha dans les plans de Sassou sans se poser les moindres questions.

Les quartiers sud de Brazzaville s’embrasèrent, les uns après les autres, des fonctionnaires furent enlevés et séquestrés, les électeurs de Lissouba furent chassés de Bacongo et Makelekele, la tension fut à son comble, l’armée perdit les nerfs et tira dans la foule au marché « Total » : bilan 7 morts. Le Général Mokoko menaca de trahir les politiques irresponsables et dangereux pour la pays.

Le mobile fut trouvé, Lissouba doit partir. Sassou était entrain de gagner son pari: déstabiliser les institutions et enrôler Kolélas dans ses manœuvres.

Au niveau national, les quartiers sud (Bacongo et Makelekele) regrettent déjà Otchombé, ils le crient haut et fort. Sous  Sassou s'était mieux, il vaut mieux qu’il revienne, la démocratie, les africains ne s'y étaient pas préparés pouvait-on entendre dans les rues de Brazzaville.

D’ailleurs dans une interview accordée à Jean Claude Kakou, Kolélas  accorda 72 heures à Lissouba, faute de quoi, l’URD-PCT, rétablirait la démocratie par tous les moyens « Nous n’excluions plus l’option militaire déclara t-il».

Sassou Nguesso réussit là un coup de génie. Les rues de Brazzaville grondent, la jeune démocratie peine à se mettre en place et Sassou Nguesso jubile « Ba bomana bango na bango ».

Sassou croit de plus en plus à un coup de force pour revenir au pouvoir, il se retire dans son village avec quelques éléments de la force publique qui lui étaient restés fidèles.  L’entrainement des premiers cobras peut commencer, en réalité les cobras ne serviront que de façade. Sassou ne compte pas sur eux pour gagner la guerre. Il noue des relations avec l’Angola de Dos Santos, le mobile, Lissouba aurait déplié le tapis rouge au pire ennemi de Dos Santos en la personne de Savimbi. Les amis de nos ennemis sont nos ennemis. Dos Santos promit de prêter mains fortes à Sassou de toute façon Kin est sous contrôle angolais et Rwandais, depuis peu, avec l'arrivée au pouvoir de Kabila père.

En voyage officiel en France, Pascal Lissouba déclarait, je cite "Laurent Désiré Kabila confond d'époque, le pouvoir n'est plus au bout du canon, mais aux urnes". Avant de tenter une ultime médiation  entre Mobutu et Kabila à Ponite-Noire. De par sa diplomatie ambigue, Pascal Lissouba s'était isolé.

Si au plan national, Sassou est rassuré de son tour de magie, il lui reste à convaincre Paris et ses amis d’ELF, ça sera chose faite en 1996.

Sassou se rend à Paris en visite privée pour des soins, nous dit-on officiellement, en réalité Sassou était en mission sur la place de Paris.

Cependant, Lissouba qui avait dissout l’assemblée nationale, battait campagne pour des législatives anticipées, un scénario qui n’intéresse pas Sassou, Il ne battra même pas campagne, Sassou se fit attendre à Brazzaville où Kolelas voulut en découdre avec Lissouba, peine perdue, Sassou ne rentrera au Congo qu’à la veille du scrutin, la coalition URD-PCT perdit ces élections. Un coup dur pour  Bernard Kolelas, mais un régal pour Sassou (c'est dans ses plans). L’alliance (URD-PCT ) nia les résultats des urnes dans une espèce de poker menteur. L’objectif de Sassou, est de maintenir le pouvoir dans l’impasse.

Sur le plan diplomatique Lissouba comit des erreurs notamment dans l'affaire Oxy petrolium au point d’agacer l’Elysée, mais Mitterrand n’est pas prêt à donner sa caution à Sassou  et à ELFcar n’oublions pas que la démocratie est une manne mitterrandienne aux peuples d’Afrique francophone.

Sassou et ses amis, parmi lesquels un certain Jacques Chirac, Michel Roussin, André Tarallo vont devoir attendre, la fin de mandat de Mitterrand pour passer à l’action.

A Paris Sassou a donné des garanties sur les intérêts français au Congo également sur le règlement de l'affaire Oxy petrolium, qui empoisonne les relations entre le grand Elf et le gouvernement congolais.

En 1997, le camp Sassou multiplie les provocations afin de pousser le gouvernement à la faute.

D’un côté, il signe les accords, participe aux opérations pré-électorales, de l’autre il tire les ficelles. Trop c’est trop, le camp Sassou est impliqué dans un meurtre à Owando et les meurtriers se seraient réfugiés dans la résidence privée de Sassou Nguesso à Mpila.

La justice congolaise délivre un mandat d’amener à l’encontre de ces malfrats. La police nationale accompagnée de quelques militaires va tenter de faire appliquer l’arrêté du tribunal, ils sont accueillis à coup de tir de kalachnikovs, la force publique riposte, le prétexte est trouvé, Sassou Nguesso passe à l’action.

Le 03/06/1997 un avion affrété d’un aéroport parisien fournit les cobras en munition via le Gabon (l’axe du mal) où Bongo et son épouse sont très actifs (les 25 tonnes transportés par avion étaient du matériel électoral: c'est des T-shirt, se justifiait-il au Canard-enchainé).

Où est passé Bernard Kolélas ?

Sassou Nguesso s’éloigna peu à peu de Kolélas et délaissa l’option politique comme moyen de règlement des conflits. Le grand Nkoumbi se rendit compte que l’option militaire envisagée par son allié ne fera pas de lui le futur successeur de Pascal Lissouba.

Sassou Nguesso l’aurait utilisé pour juste faire le sale boulot (déminer le terrain en jargon militaire). Lorsque Bernard Kolelas se réveilla de son sommeil, il fut trop tard.  

Désespéré, il accepta même le poste de Premier Ministre de Pascal Lissouba afin de sauver ce qui pouvait l’être, cela n’a pas suffit pour inverser le cours des choses.

Kolélas aurait tiré le diable par la queue et celle-ci lui  resta entre ses mains.

Le 17/10/1997 le peuple congolais dit bye-bye à la démocratie. " Ya ba colères vé" est parti en colère.

De président pour l’un et de présidentiables pour les autres à "Exilé" en réalité il n’y avait qu’un petit pas.

 A force de vouloir être à tout prix Président au même moment, on peut finir hors du pays. Cela fut  le cas en 1997, c’est encore le cas aujourd'hui.

Un conseil à toute l’opposition, pour le bien de tous, méfiez vous de vos egos.

Un candidat pour toute l’opposition empêchera Sassou de s’autoproclamer Président.

Ne dites pas « nous ne le savions pas, vous êtes avertis ».

Maintenant, vous pouvez répondre à la question : Comment et  par qui Denis Sassou Nguesso a été remis en scene ?


Par Joseph Bafoua Nsony

*Question modifiée sur proposition d’un internaute, merci pour vos suggestions 


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
Salut!Mes encouragements pour ce site et merci pour le conseil donne a l'opposition qui j'espere en tiendra compte.Nonobstant, loin de moi de vous le desir de vous donnez des lecons, je pense que pour une meilleure comprehension, la question devrait ete posee comme suite: COMMENT ET PAR QUI D.S.Nguesso A ETE REMIS EN SCENE?
Répondre