Espace d'échange de la diaspora congolaise.
La concertation citoyenne apparait comme la formule choisie par le régime militaire et autoproclamé de Brazzaville pour couper cours à une concertation nationale inclusive, sans doute jugée de trop dangereuse pour conserver le pouvoir et maintenir le peuple souverain en esclavage socioéconomique. Il fallait ci-attendre: dans son discours prononcé au banquet, Sarkozy n'avait-il pas prévenu l'opposition en déclarant "votre pays a déjà connu une concertation nationale- en d'autre terme, plus besoin d'en avoir encore-rien d'étonnant pour ce patron de la France-Afrique qui n'a de plus précieux que les intérêts nationaux et non le bien être des congolais. Des congolais qui ne doivent pas attendre les bras croisés, assis dans leur fauteuil car le pouvoir ne se donne pas dans un plateau d'argent mais s'arrache.
Ainsi, si l'opposition congolaise appuyée par la société civile peut caresser l'espoir de gagner les présidentielles de 2009, la mise en place consensuelle d'une commission électorale nationale indépendante (ceni) est un impératif.
Le peuple congolais, à travers l'opposition et la société civile, doit en faire "la loi du tout ou rien " comme le déclarait Guy Romain Kinfoussia, ce brave opposant respectable.
Dès lors, les représentants à cette concertation devraient exiger que:
1- la concertation soit placée sous l’arbitrage de médiateurs ou d'observateurs internationaux ou tout au moins sous l’observation du conseil œcuménique des églises du Congo + du roi makoko qui serviraient de cautions morales pour les travaux et les conclusions.
2- la mise en place d'une commission électorale nationale indépendante (ceni): autorité morale compétente, chargée d’organiser et de superviser les présidentielles 2009 dans la sérénité et la paix. C’est là une question de bon sens qui commande que le gouvernement militaire issu du coup d'état de juin 1997 ne soit à la fois juge et partie.
Ainsi, l’organisation du processus électoral, placée sous l’autorité d’un organe consensuel, neutre, en dehors de l’opposition et de la mouvance sera essentiellement guidée par le seul souci d' offrir au peuple congolais, des élections démocratiques objectives, libres, transparentes, équitables et expurgées de tout germe conflictuel.
En effet, si les présidentielles de 2009 ne sont pas placées sous la supervision et l'organisation d'une ceni, si l’inorganisation volontaire l’emporte sur l’ensemble du processus comme en 2002, 2007, 2008, le pouvoir en place les aura gagné d'avance et cette victoire frauduleuse fera de nouveau basculer le pays dans une violence meurtrière inévitable.
Avouons tous que ces présidentielles 2009 s’annoncent cruciales et, à très hauts risques. Tous les indicateurs macro et micro conflictuels sont réunis :
Un peuple exprimant de plus en plus ouvertement son ras-le-bol vis à vis d’un régime impopulaire, un gouvernement arrogant gérant le pays comme une épicerie familiale, 90% des richesses nationales détenues par un clan, une jeunesse révoltée par les abus du pouvoir, une crise politique enlisée mais jamais éteinte, un peuple traumatisé et asphyxié mais en soif de démocratie, humilié et abandonné à lui-même, sans eau dans un pays naturellement bien irrigué, sans électricité, malgré le barrage de moukoukoulou, sans soins, sans pouvoir d’achat, un seuil de pauvreté inédit, sans routes malgré l’abondance des mines solides et liquides (pierres + pétrole), un paysage électoral opaque et présentant des antécédents de fraudes et d’abstention révélateurs d’un malaise, d’une déliquescence d’un système politique complètement bloqué, une nomenklatura atteinte de paranoïa collective ..
La ceni apparaît donc comme le seul moyen de donner au Congo, non une démocratie de façade, une démocratie ‘’coupé- cloué’’ une démocratie du bousa bousa = n’importe quoi’’ où constitution personnalisée et élections frauduleuses font du Congo un pays légal qui ne ressemble pas au pays réel mais une vraie démocratie.
Dès lors, l’opposition, à défaut de s’abstenir de participer aux élections « gagnées d’avance dés le premier tour » doit tout mettre en œuvre pour que ces élections présidentielles 2009 soient organisées à l’issue d’un consensus électoral sur l’ensemble des questions sous jacentes au suffrage universel comme : la sécurité, les opérations du processus électoral, le recensement, le corps électoral, la loi électorale, les opérations préélectorales, l’accès équitable aux médias d’état, les dépenses des candidats, l’organisation et la supervision du scrutin, le traitement et la publication des résultats.
Pour réussir ce paris, il est donc impératif que les présidentielles 2009 soient organisées dans un Congo électoralement consensuel, sécurisé et confiant.
En s’inspirant de la jurisprudence nationale sur les élections de 1992 organisées par la commission nationale d’organisation et de supervision des élections (conosel) mis en place par le conseil supérieur de la république et en scrutant l’éventail qu’’offre les modes de gestion des élections démocratiques en Afrique, opposition et mouvance se devraient d’un commun accord :
3- de définir le cadre légal des élections
La loi électorale n° 09-2001 conçue et imposée à toute la classe politique congolaise par les auteurs du coup d’état du 5 juin 1997, devra être abolie du fait qu’’elle ne garantit ni l’équité, ni la transparence et encore moins l’objectivité. La nouvelle loi électorale fondée sur le principe d’un homme- une voix et l’égalité des chances rendra obligatoire :
4- la consécration du principe impartial d’un bulletin unique pour tous les
Candidats
5- composition de la c.e. n. i
Le gouvernement Sassou iii doit apporter la preuve de sa volonté en acceptant de faire organiser des élections libres, transparentes et justes, avec la présence des observateurs internationaux. Au nom du peuple congolais, il doit solliciter les nations unies, l’union européenne, l’union africaine, les états unis d’Amérique en vue de leur participation dans le processus électoral. Mouvance et opposition sont donc condamnées à instaurer une ceni pour garantir la paix et éviter à nouveau de faire basculer le pays dans un conflit meurtrier.
6- demander au gouvernement le report des présidentielles 2009:
Ce serait preuve de responsabilité que l'opposition et la société civile demandent le report des élections présidentielles pour octobre 2009 afin d'éviter l'improvisation ou de ne pas bâcler les processus électoral sous le prétexte juridique du risque qu'encourrait Sassou à l'expiration de son mandat (exit:lissouba). L’opposition et la société civile soucieux et conscients des la gravité de l'enjeu des ces présidentielles devraient s’engager-là aussi - devant des observateurs internationaux et le conseil œcuménique des respecter les conclusions relatives au report consensuel des ces présidentielles 2009.
Si à cette exigence capitale de l’opposition, de vouloir confier les élections à une ceni, le gouvernement et sassou s’obstinent à les organiser seuls en vue de s’autoproclamer président, alors, l’opposition devrait s’abstenir de présenter de candidat. Poungui, Nkounkou Moundele, Kignoumbi, Ndzon, Mizidy, Tchibinda Kouangou, Gnali, Ngouelondele... qui ont déjà annoncé leurs candidatures devraient logiquement les retirer sous peine d’être qualifiés d’opposants de façade. A quoi bon participer à des élections gagnées d’avance, si ce n’est pour favoriser la réélection de sassou pour 7 ans de dictature, 7ans de barbarie, 7 ans de pillage socioéconomique au profit de son clan !
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