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L'Association africaine de défense des droits de l'Homme (Asadho), une ONG de République démocratique du Congo (RDC), dénonce "le retour" dans le pays "de tous les travers anti-démocratiques", dans son rapport annuel transmis jeudi à l'AFP à Kinshasa.
Dans ce rapport intitulé "L'Etat de droit mis à l'épreuve", l'organisation non gouvernementale dénonce "la confiscation des libertés publiques et individuelles, la corruption, la concussion, le détournement des deniers publics avec à la clé la restauration tacite d'un Etat non respectueux des droits de l'Homme" au cours de l'année 2008.
L'Asadho cite aussi des cas d'atteinte à la liberté d'expression à l'occasion desquels "des forces de sécurité" ont attaqué des "bâtiments et matériels de certaines télévisions et radios (Molière TV, Global TV), des journalistes, des défenseurs des droits de l'Homme".
"Le seul tort (des victimes) est d'avoir permis une expression plurielle sur la gestion du pays ou d'être porteurs d'un autre discours face à celui tenu par le gouvernement", selon le rapport.
L'Asadho stigmatise en outre la recrudescence des arrestations arbitraires et la pratique de la torture, et plaide pour la fermeture des lieux de détention qui échappent au contrôle de l'autorité judiciaire.
Elle condamne enfin "la mise sous tutelle du pouvoir judiciaire par le gouvernement" consacrée notamment par "des ordonnances du président Joseph Kabila sur la mise en retraite et la nomination des magistrats sans associer le Conseil supérieur de la magistrature".
L'ONG congolaise "Journaliste en danger" avait déploré le 20 mars "la grave dérive totalitaire qui tend à s'installer dans le pays par la confiscation de la liberté de la parole" et demandé au gouvernement de "mettre fin à toutes les tentatives dinstauration de la pensée unique".