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Une délégation de l'Union africaine (UA), conduite par le président du Conseil de paix et de sécurité, Ramtane Lamamra, est arrivée samedi 11 avril à Nouakchott (Mauritanie) pour tenter de trouver une issue à la crise mauritanienne aux multiples rebondissements depuis le putsch du 6 août 2008.
Le chef de la junte au pouvoir, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a annoncé dimanche 12 avril sa candidature, a aussi exclu catégoriquement tout report du scrutin, affirmant que cette date avait été déjà choisie d'une manière consensuelle en début d'année, lors des états généraux de la démocratie boycottés par les partis antiputsch. Sur les modalités pratiques, Mohamed Ould Abdel Aziz a confirmé qu'« il reviendrait au président du Sénat de gérer les affaires courantes après sa démission, conformément à la Constitution » Le Haut-Conseil d'État, instance exécutive née du coup d'État du 6 août 2008, « continuera à exister et sera dirigé jusqu'au scrutin par le général Ould Ghazouani », a ajouté le chef de la junte.
D'après un communiqué des putschistes, « le président du Haut-Conseil d'État, chef de l'État a instruit le gouvernement afin de prendre toutes les dispositions nécessaires pour préparer dans les meilleures conditions possible les élections présidentielles prochaines prévues le 6 juin 2009 ».
L'opposant mauritanien Ould Daddah, président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) de son côté, accuse la junte de vouloir démanteler son parti. Le chef de l'opposition a également critiqué la tournée dans le nord du pays du général Mohamed Ould Adelaziz, la qualifiant de « campagne électorale avant la lettre, aux frais de l'État ». Le Front national de défense de la démocratie (FNDD), hostile au coup d'État contre le président renversé Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a promis aussi de boycotter l'élection présidentielle du 6 juin prochain.
L'intervention de l'Union africaine sur la crise mauritanienne est considérée comme une médiation de la dernière chance avant la démission programmée du général Ould Abdel Aziz, qui devrait prochainement quitter l'armée et la présidence du Haut-Conseil d'État pour se présenter à l'élection.
Yvette Reine Nzaba