Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Il existe à ce jour, plusieurs rapports publiés par la presse et les institutions internationales qui évoquent aisément le drame congolais. C’est un tableau qui est bel et bien dressé par les observateurs indépendants tant sur le plan économique que sur le plan social.
Point n’est donc besoin ici d’ajouter de nouveaux récits pour illustrer il suffit de rappeler quelques interrogations qui alimentent chaque jour un peu plus encore les conversations et les discussions des congolais.
Comment expliquer que 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, que l’espérance de vie ne cesse de se dégrader 52,8 ans contre 74,4 ans dans plusieurs pays africains et que le Congo-Brazzaville n’arrive qu’en 140ème position sur 177 pays de l’indice du développement humain (ihd)
Comment expliquer que plus de ¾ de la population n’a pas accès à l’eau et que 22% seulement a accès à l’électricité.
Comment expliquer que le plus grand nombre des jeunes congolais, notamment des jeunes diplômés de l’université, subit de plein fouet un chômage chronique. Et pourtant le Congo-Brazzaville est riche en opportunité de création d’entreprise.
Comment expliquer que le Congo-Brazzaville demeure, après 29 ans de pouvoir sans partage de m. Denis Sassou Nguesso, le pays le plus endetté par tête d’habitant avec 9,2 milliards de dollars de dette soit 133% du PIB.
Je reprends d’ailleurs les propos du président Sassou Nguesso dans son livre le fleuve, le manguier et la souris je le cite (si l’évolution politique et économique du Congo avait été conforme à mes espérances j’aurais pu continuer a m’occuper de ma ferme et de me contenter de prêter main forte à ceux qui tentent de résoudre les problèmes de l’Afrique).
A la page suivante, il continue, je le cite : « rester indifférent au spectacle d’un Congo en train de sombrer, ne rien entreprendre, signifierait tromper ceux qui mettent leurs espoirs en moi et trahir le serment que je m’étais fait, jadis, de servir mon pays ».
Ce constat accablant peut, hélas, s’étaler sur des centaines de pages. Mais il faut bien reconnaître que nous n’apprendrons rien de nouveau aux millions de nos compatriotes quotidiennement confrontés au désespoir du chômage, à l’insuffisance et à l’inconfort des transports publics, au manque de soins, à l’insalubrité de l’habitat, aux écoles délabrées et surpeuplées, résultat d'un système éducatif à l'abandon, à la vie chère et aux braquages par des bandes armées. Nous ne leur apprendrons rien, qu’ils ne sachent déjà, à ces 70 % des congolais qui vivent sous le seuil de la pauvreté et condamnés à n’avoir au mieux qu’un repas par jour.
Le droit à l'éducation est reconnu dans tous les instruments nationaux et internationaux et les solutions concernent tout le monde. Or, quelle est la situation actuelle au Congo ? Depuis les années 1970, l'éducation au Congo se porte mal. en réalité, le taux de scolarisation a chuté, car l’états ne met pas les moyens financiers et matériels nécessaires. Il y a un véritable débat qui doit être mené, car l'éducation n'est pas considérée comme une priorité aujourd'hui. Les personnes en charge du respect de la constitution, qui doivent assurer l'éducation à chacun, limitent le nombre de personnes qui veulent accéder à la connaissance. Le phénomène de privatisation des écoles augmente et seuls ceux qui ont les moyens de payer les charges peuvent y accéder.
D’ailleurs, les dirigeants congolais n'ont pas leurs enfants au Congo mais en Europe, car ils savent que le système national est mauvais. a long terme, ce sont leurs enfants qui vont diriger. Les dirigeants sont en train d'instituer volontairement un régime où ce sont les mêmes, les enfants de même famille, qui vont se trouver à des postes de responsabilité
Les grands partis actuels partagent avec le régime Sassou Nguesso une vision du Congo circonscrit aux frontières de leurs « territoires » ethniques et à l’accaparement des richesses du pays au seul bénéfice du président de la république, de ses parents et de ses serviteurs. le changement qu’ils appellent de leurs vœux est un vœu pieu qui ne consiste qu’en une opération de ravalement de façade.
Remplacer des hommes « pourris » par d’autres, a priori « vertueux » en préservant soigneusement des institutions archaïques, opaques, inadaptées et foncièrement corrompues tels que notre administration, notre parlement, notre armée, notre système judiciaire n’apportera aucun changement aux problèmes du Congo.
En conclusion l’élection présidentielle de juillet 2009 n’apportera rien de nouveau au peuple congolais car aucun de ces candidats (Mathias Dzon, Sassou Nguesso etc.…) n’incarne la rupture la démocratie et le changement effectif
Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, les hommes et les femmes supposés « vertueux » reproduiront les mêmes méfaits que M. Sassou Nguesso et ses prédécesseurs.
Malgré son bilan cette « classe politique » continue à se croire incontournable. Elle est suffisante. Elle sait tout, maîtrise tout. Aucun d’eux n’aura montré l’exemple aux générations futures. Aucuns d’eux ne méritent d’avoir un monument portant son nom quand ils ne seront plus de ce monde.
J’ai comme l’impression que ces hommes politiques ne sont pas congolais ils ressemblent à des extra terrestres car détruire le pays et sacrifier les générations futures jusqu’à ce point il faut éprouver un sentiment de mépris à l’égard de son pays.
Je me permettrai d’affirmer ici sans risque de me tromper que même le colon blanc n’a pas pillé, tromper et sacrifier le peuple congolais jusqu’à ce niveau.
Le président Léopold Sédar Senghor disait «l’émotion est nègre », peut être qu’il faudrait rajouter en ce début du 21e siècle que la « bêtise est nègre». Comment ne pas l’affirmer quand on est capable de s’acheter les plus belles voitures sans construire les routes sur lesquelles elles doivent rouler, d’acheter des villas en Europe, quand il n y’a plus de médicaments dans les hôpitaux de son pays…
L’histoire ne retiendra de cette classe politique congolaise qu’une forte propension aux crimes, à l’enrichissement et un profond mépris du peuple.
Malgré l’héritage calamiteux qu’ils nous légueront je crois en mon pays. Je crois en l’élite congolaise éparpillée dans le monde entier, qui n’a jamais connu la colonisation qui a aliéné nos hommes politiques en les infantilisant.
Il est grand temps que chacun de nous se mobilise au-delà de nos sensibilités politique pour préparer l’alternance de demain.
Je crois à l’émergence d’une nouvelle génération politique, d’une race de dirigeants congolais qui reconstruira cet état moribond que la « classe politique » actuelle nous laissera.
Pour sortir notre peuple de cette misère, une nouvelle génération politique doit arriver. Cette génération, nous devons l’incarner par l’introduction dans la gestion de l’état, de l’efficacité, du goût du travail bien fait, l’émulation dans la réalisation d’objectifs de développement et non dans l’enrichissement personnel.
Il convient de passer à un nouveau mode de gestion de la chose publique qui allie rentabilité efficacité, croissance, productivité avec obligation de résultat.
Toutes ces notions dont la classe politique actuelle ne s’est pas imprégnée de manière volontaire, doivent devenir notre leitmotiv. Nous devons rompre avec cette classe politique congolaise vieillissante qui a montré ses carences et préparé une nouvelle destinée pour le peuple congolais.
Seule une nouvelle génération politique compétente et responsable sera capable de relever le défi du développement et de la prospérité pour le peuple congolais.
Je suis profondément convaincu que nous ne pourrons résoudre les défis de notre époque si nous ne les résolvons ensemble, si nous ne perfectionnons pas une union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires différentes mais que nous entretenons les mêmes espoirs, que nous pouvons avoir un aspect différents et ne pas tous venir du même endroit ; mais que nous voulons tous aller dans la même direction vers un meilleur avenir pour nos enfants et nos petits enfants.
Il s’agit de nos espoirs, de nos rêves de ce qui est possible quand une nouvelle génération se lève pour dire : nous allons défendre, non pas ce qui existe mais ce qui sera c’est notre heure nous changerons ce pays que nous aimons tous.
Ninon Pachel Gouamba
Président de l’Action pour la Jeunesse du Congo (AJC)
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