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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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« Now, we can !»

Notre joie est grande, nous qui nous battons aux côtés des Associations Internationales des Droits de l’Homme ; en apprenant il y a quelques jours que le bourreau et génocidaire Omar Béchir qui a fait de l’ouest de son pays ce que Sassou Nguesso a fait dans le sud du Congo, un grand martyr. Il vient ainsi d’être inculpé à la CPI.

Aujourd’hui notre espoir est grand, très grand. Si hier faire inculper un vrai Président de la République en exercice n’était qu’une utopie, une chimère, aujourd’hui le rêve est permis. Et au moment où nous écrivons ces quelques mots, les Congolais peuvent croire en leur destin ; celui de faire inculper leur propre bourreau à la CPI, le sinistre Sassou Nguesso pour répondre à des Chefs d’accusation ci-dessous :

1°- L’assassinat des Présidents Marien Ngouabi ; Alphonse Massamba-Débat, du Cardinal Emile Biayenda et de ses conséquences.
2°- De l’invasion de son pays par des troupes étrangères qui ont semé la mort à chaque famille sudiste en général et du Pool en particulier ; de la remise en cause des Institutions de la République le 5 juin 1997 ; de la destruction à plus de 45% de la capitale ;
3°- Déportations des populations du sud de Brazzaville dans les forêts ayant causé plus de 250.000 morts ;
4° - Des rafles de plus de 352 jeunes au Beach de Brazzaville,
5°- Crimes et assassinats ;
6°- Crimes contre l’humanité commis dans le sud de la république;
7°- Enlèvement des enfants de Moukondo ;
8°- Génocide contre les populations du Pool,
Crime contre l’économie du Congo ; Vol, détournement et pillage systématique ;


QUI POUVAIT IMAGINER QUE MÊME SASSOU NGUESSO ÉPROUVERAIT DES REMORDS : C’ÉTAIT UN DENIS

Eprouver, des remords, avoir des sentiments humains ; personne et plus particulièrement aucun congolais ne pouvait l’imaginer et le penser du surhomme qu’est Sassou Nguesso. Oui finalement Sassou a fini par pleurer, pleurer comme une femme car en Afrique, un homme ne pleure pas et de surcroît un Président de la République, c’est très humiliant. Beaucoup comme moi, l’imaginait trop narcissique, schizophrène, égocentrique, irrévérencieux. Sassou pleurer, c’est impensable et une telle impression répondrait de l’utopie et de l’illusion. Oui, oui, oui Sassou le cynique, l’ignoble, le répugnant, le grotesque, l’irrémissible, l’arrogant, le spéculateur, le manipulateur, le paranoïaque, qui ne sait pas que : « vivre, c’est apprendre à mourir », a enfin pleuré. Il avait tellement chialé qu’il était méconnaissable. Il était revenu sur terre, comme tout être humain, celui qui peut chier, pisser et marcher.

Voici qu’en ce matin du 26 octobre 1987, pour la première fois, après l’assassinat du Président Thomas Sankara, Sassou pleure. Il a tellement pleuré qu’on se croirait comme à un conte de fée. Comment un tel type peut-il pleurer parce qu’il n’éprouve aucun sentiment, parce qu’il n’a pas le même cœur que tout le monde. Il est tellement sadique qu’en aucun moment, on ne peut l’imaginer ressentir un mal, une blessure, un chagrin, une faiblesse d’esprit, une peine, une déchirure secrète, une émotion, un ressentiment, une douleur.

Sassou pense toujours que les mauvais : les criminels, les assassins, les génocidaires, les bandits se trouvent toujours de l’autre camp et non dans le sien. Voici ce qu’il déclare à « Jeune Afrique » la revue africaine d’information juste après l’assassinat à la suite d’un coup d’Etat comme il le fait lui au Congo, du Président le plus aimé des africains, le plus panafricaniste : Thomas Sankara.

« Je suis profondément bouleversé, choqué et indigné par la disparition brutale et inacceptable du camarade Thomas Sankara, grand ami du peuple congolais, avec qui j’avais tissé des liens très étroits d’amitié et de lutte. L’Afrique vient de perdre un grand révolutionnaire. Le Président Sankara était un dirigeant intègre, dynamique, entièrement dévoué à la cause de son peuple. Il est tombé les armes à la main. Nous espérons que le combat pour lequel il a sacrifié sa vie n’aura pas été vain ».

A la même période pour le même motif, voilà ce que déclare Idi Amin Dada toujours à Jeune Afrique. Après avoir exigé un enterrement décent, digne de l’homme, le Grand Homme qu’il fut, voici ce qu’il déclare : « Cette forme d’assassinat n’apportera pas la paix à l’Afrique et cela cause beaucoup de soucis. Les tueurs donnent une mauvaise image de l’Afrique. Celui qui tue son prochain finira inévitablement par être tué ». Ici Idi Amin Dada compte s’adresser à Sassou.

Mais voici une déclaration contradictoire aux deux premiers intervenants. C’est le Président de la République française : François Mitterrand qui amène une note discordante à l’harmonie, à la surdose même de l’unanimité qui a régné jusque là. Voici ce qu’il déclare à Paris pendant que tous les 978.867.334 africains sauf Blaise Compaoré et ses amis ainsi que le Président ivoirien Houphouët Boigny qui, eux, sont l’extase, dans l’euphorie car ils viennent d’accomplir, d’exécuter le plan machiavélique comme pour Sassou Nguesso le 18 mars 1977 ; ce que le Président français leur recommanda d’exécuter à sa place. Et il le fait savoir sans état d’âme en bombant sa poitrine et gardant sa tête haute. Mais paradoxalement les mêmes : Mitterrand et Houphouët sont eux aussi morts. Il reste Compaoré et Sassou. Question : est-ce que pour les quelques jours, quelques années qui nous permettent de rester encore sur terre, peuvent-ils nous pousser à ôter la vie à d’autres, à nos semblables quand on sait que nous-mêmes, finirons par mourir ?

François Mitterrand : « Le Président Sankara est un homme dérangeant. Il vous titille, vous pose des questions, vous empêche de dormir en paix. Il faut qu’il sache que je suis comme lui, avec 35 ans de plus. Il a le tranchant d’une belle jeunesse, dévoué à son peuple, mais il tranche trop. S’il n’était pas comme ça à 37 ans, dans quel état serait-il à 70 ans ? Je l’encourage mais pas trop ». (Jeune Afrique n° 1399 du 28 octobre 1987)
On n’emprisonne pas un Sankara, un Ngouabi, un Massamba-Débat. Il fallait le tuer. Mais en les tuant, on en a fait des mythes. Désormais inaccessibles et immortels.

Hier il pleura le Président Thomas Sankara assassiné lors d’un coup d’Etat sanglant, pareil à ceux que lui, a toujours l’habitude d’organiser au Congo et qui ont toujours fait des milliers des victimes.

Comment est-ce possible ? Lui pleurer un chef d’Etat assassiné ! Est-ce vrai ou c’est une injure, une provocation, une arrogance de plus, un mépris ou une utopie ? Les Présidents Marien Ngouabi et Alphonse Massamba-Débat, là où ils sont devraient gigoter en guise d’émotion. Moi, je n’ai pas trouvé les mots pour qualifier le geste de ce personnage vampirique et grossier. Pourriez-vous m’aidez ; vous qui compreniez mieux ? Tenez, on m’a dit qu’on a encore vu ce cynique personnage pleurer quelque part pour semble t-il, un autre être cher, lui a qui décimé des familles entières dans le Pool, qui a endeuillé toutes les familles du Pool et assassiné 27 de ma famille. C’est hallucinant ! Or lui aussi peut perdre un être cher ! Alors qu’il semble que la mort n’est faite que pour les faibles et que lui a toujours trouvé et éprouvé une forte sensation, une satisfaction personnelle, une réjouissance et un plaisir endiablés quand il distribue la mort à son peuple. Il bande fort quand il a fini d’assassiner. Nous sommes devant l’extase de la satisfaction qui étonne et qui réjouit en même temps.

Est-ce un sacrilège, un tabou que l’on brise ? La mort étant un événement entouré de mystère ; mystère qui lui-même reste impénétrable, insaisissable, imprévisible. Celle d’ici chez Sassou reste une haine concentrée, focalisée. C’est vrai qu’on ne s’extériorise pas d’un tel événement, qu’on ne s’extasie, se vide pas des larmes des autres. Mais il arrive quelque fois, des moments qui soient comme une récompense, un soulagement noble où celle-ci devient une expiation, un exutoire, une bénédiction, un salut. Et devant cette force de Dieu dont lui seul maîtrise les données, aucun hélicoptère, aucun char d’assaut, aucune arme de n’importe quel calibre, ne peut empêcher. Et là, la douleur que l’on imaginait,qu’on pensait être le propre des faibles à qui on peut distribuer la mort, sans imaginer un seul instant qu’on rendrait compte à un être supérieur ; vous interpelle, vous interloque, vous pointe, vous ramène sur terre. Alors à ce moment là, et à ce moment là seulement, on se pose la plus simple et l’unique des questions. «Donc moi aussi, je peux mourir alors, ou que je peux aussi perdre un être cher? » Que ceux qui ont les oreilles entendent, ceux qui ont les yeux, voir et ceux qui ont les mains, toucher. Amen !

Fait à Paris le 15 avril 2009

Maître Tony Gilbert MOUDILOU

Président de l’A.E.D.R.A.

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