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Editorial-Elections : Frustrations en série au sein de l'opposition congolaise

Source : Les Depeches de Brazzaville

Rien, finalement, ne rend mieux compte des frustrations créées au sein même de l'opposition radicale par le refus de participer au dialogue politique organisé par les autorités congolaises que la lecture attentive des innombrables messages reçus ces dernières heures par la voie du réseau Internet. Des messages qui se rangent grosso modo en deux catégories : d'une part, ceux qui tentent de minimiser l'impact de ces trois jours de discussions au palais du Parlement ; d'autre part ceux qui dessinent des lignes de fracture au sein même de cette opposition.

 

Les premiers s'efforcent de démontrer que le dialogue citoyen fut un échec et cherchent à prouver que la manifestation de l'opposition, le 18 avril, devant le stade Alphonse Massamba-Débat, à Brazzaville, rassembla une foule énorme. Deux affirmations que démentent aussi bien les observations faites sur place que les images diffusées sur les ondes. La vérité, sur laquelle ont commencé à se pencher dès le week-end les responsables de l'opposition afin d'en tirer les leçons, est que la concertation politique a donné des résultats positifs que nul ne peut sérieusement contester. Conduit de bout en bout de façon sereine, ce dialogue citoyen a débouché sur des conclusions très concrètes dont la mise en oeuvre ne peut manquer d'améliorer sensiblement l'organisation de l'élection présidentielle. Et refuser de le reconnaître ne peut avoir comme résultat que d'isoler encore un peu plus l'opposition, c'est-à-dire de la couper de ses propres électeurs.

C'est très précisément, d'ailleurs, ce que fait apparaître la deuxième série de réactions sur le Web enregistrées au lendemain de la concertation citoyenne dans le camp de l'opposition radicale. Avec une mise en accusation, parfois brutale dans les termes, de ceux qui jouèrent la carte du boycott et ont, de ce fait, enfermé les opposants dans une impasse. Décrire ce sur quoi peuvent déboucher les frustrations nées du refus de participer serait assurément très prématuré. Mais il se pourrait bien qu'à terme plus ou moins rapproché, c'est-à-dire dans les jours à venir, se produisent au sein des partis politiques concernés de profondes scissions qui achèveraient de détruire le front du refus affiché samedi. Ceci est d'autant plus vrai que l'enveloppe d'un milliard de francs CFA décidée par la concertation pour l'élection présidentielle va devoir maintenant être répartie entre les dix-neuf formations reconnues comme représentatives et dont beaucoup n'appartiennent pas à la majorité.

Le scrutin présidentiel ayant été confirmé pour le mois de juillet, il reste fort peu de temps à l'opposition radicale pour arrêter sa position définitive. Certains signes donnent à penser que ses leaders pourraient être tentés de mobiliser la rue afin d'interrompre le processus. Mais d'autres, plus nombreux, semblent indiquer que ces mêmes leaders, après un ultime baroud d'honneur, prendront la main qui leur fut tendue la semaine dernière et qu'ils refusèrent imprudemment de saisir.

Les journées à venir seront, à coup sûr, riches d'enseignement sur ce point.


Les Dépêches de Brazzaville

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