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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Face à l’entêtement de SASSOU, le soulèvement populaire devient une assurance-vie pour les congolais

On le voit bien, avec Denis SASSOU-NGUESSO, le destin du peuple congolais n’est pas de vivre heureux et en paix. Pourtant voici déjà un quart de siècle qu’il s’impose aux congolais. Il a transformé le Congo en un univers clos, un univers dans lequel il règne en maître absolu. Il marche sur le peuple congolais, le terrorise et l’écrase depuis 25 ans sans que personne n’ose lever le petit doigt.

Le peuple congolais serait-il donc le peuple le plus faible du monde ? Alors bien sûr, quelques esprits obtus me diront que la guerre est passée par là et que le traumatisme est encore trop présent pour que les congolais se lèvent pour exprimer leur ras-le-bol. Franchement, faut-il vraiment croire que le peuple congolais serait d’une énorme fragilité psychique au point de baisser fatalement les bras devant un tyran qui l’affame et l’empêche de vivre heureux depuis 25 ans ? Un peuple qui est privé du minimum vital (éducation, emplois, eau, électricité, soins…) alors que le pays engrange des milliards de pétrodollars chaque semaine peut-il encore craindre le pire ?

On entend les partisans de ce pouvoir qui prennent les congolais pour des imbéciles en jouant sur les peurs, répéter quasi-quotidiennement que le peuple ne veut plus de la guerre. Mais lorsqu’un pouvoir qui engrange des milliards de pétrodollars chaque semaine affame le peuple et le prive de soins, d’eau, d’électricité, d’écoles, d’emplois…, n’est-ce pas là une guerre plus ignoble, plus ravageuse et plus meurtrière qui ne dit pas son nom ? La guerre ce n’est pas seulement des armes qui crépitent. Il y a plusieurs formes de guerres, et ce qui se passe au Congo depuis 12 ans est bel et bien une guerre que le clan au pouvoir mène contre notre peuple. Cette guerre là est tout aussi meurtrière, sinon plus meurtrière qu’une guerre à l’arme lourde. Et chacun le sait très bien.

Le vrai problème est que depuis trop longtemps le Congo souffre de la tragédie du manque d’ambition de son peuple. Oui, j’affirme que le peuple congolais manque d’ambition, l’ambition de prendre son destin en mains, de bâtir une nation forte et une société plus juste, d’éradiquer la misère et d’assurer une meilleure vie pour tous. Voilà un peuple qui ne veut plus d’un dictateur qui détruit son pays et le prive de liberté et du bien-être depuis un bon quart de siècle, mais qui a accepté fatalement de baisser les bras parce que tétanisé par la peur de mourir en représailles sous les balles de la milice de son tyran. Plutôt que de se lever comme un seul homme et de se battre pour se libérer une fois pour toute des chaînes de la tyrannie, les congolais ont peur des représailles et s’accrochent à leur misérable vie que leur impose SASSOU depuis 25 ans.

Eh bien, moi je dis qu’il y a saturation. 25 ans de vie dans cet univers clos où SASSOU règne en maître absolu ça suffit, et le peuple congolais n’a plus rien à perdre. S’il veut le changement et bâtir une nation forte, moderne, démocratique et ouvert sur le monde, aujourd’hui il n’a plus d’autre choix que de prendre son courage entre les mains et se lever comme un seul homme pour chasser son tyran. Nous devons toujours nous rappeler que notre tâche première est de léguer à nos enfants et petits-enfants une nation forte et débarrassée de toute forme de dictature et de totalitarisme, un pays où il fait beau vivre. La liberté est de loin le meilleur héritage que nous puissions laisser à nos enfants et petits-enfants. En clair, face à l’obstination de SASSOU qui veut engager un bras de fer pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir en juillet 2009 et le transmettre deux ou trois années plus tard à ses enfants et neveux contre la volonté du plus grand nombre, le soulèvement populaire devient en quelque sorte une assurance-vie pour notre peuple et pour nos enfants.

Depuis son retour au pouvoir par les armes, qui a profondément traumatisé les congolais, SASSOU s’est senti pousser des ailes et ne s’interdit plus aucun fantasme. Il a tellement écrasé le peuple congolais qu’il se dit que maintenant plus rien ne peut lui arrivé. Il agit comme un père fouettard face à ses enfants, qui en plus de leur avoir imposé leurs métiers, va aussi leur dicter leurs choix amoureux. C’est ainsi qu’après avoir imposé sa loi meurtrière au peuple congolais pendant un quart de siècle, il veut maintenant lui imposer ses enfants et neveux pour lui succéder. Par des menaces de guerre à peine voilées, il veut jouer sur les peurs pour organiser un passage en force en juillet.
Les congolais doivent savoir que le combat pour la liberté n’a pas de prix et l’histoire des peuples (même l’histoire biblique) nous enseigne qu’un grand peuple doit pouvoir se battre pour sa liberté. Partout dans le monde, l’histoire politique des dictatures nous montre que toute dictature ne peut être brisée que par le ras-le-bol général qui déchaîne l’ire du peuple. D’ailleurs chacun de nous voit comment ça se passe sous d’autres cieux lorsque le peuple est écrasé sous le poids de l’oppression, du totalitarisme et de la dictature.

Dans l’histoire des peuples opprimés, les exemples de révoltes et de soulèvements populaires sont multiples. En Haïti par exemple, la dictature des DUVALIER fut violemment écrasée par la volonté du peuple haïtien sous l’impulsion du père ARISTE ; en UKRAINE aussi c’est toujours le peuple, rangé comme un seul homme derrière IOUCHTCHENKO et animé par une grande soif de changement qui a fini par imposer la démocratie dans cet Etat emblématique de l’ex-Union soviétique où l’on a parlé de révolution Orange ; et plus récemment, à Madagascar, on a vu un peuple paupérisé et poussé par un vent de colère se lever comme un seul homme contre la dérive totalitaire d’un Président bien que démocratiquement élu. Et que dire du combat du peuple noir humilié sous le poids oppressant de l’apartheid en Afrique du Sud, ou du combat du peuple noir américain qui a commencé avec Martin LUTHER KING et qui a conduit aujourd’hui à l’élection d’un Président noir à la maison Blanche ? Ce sont là des exemples de combat et de courage des peuples qui ont su puiser dans leur énergie profonde pour se surpasser et qui ont fini par gagner la liberté pour leurs enfants et petits-enfants. Comme on peut le voir, tout est une question de volonté. Si vous ne vous lever pas pour agir, alors toutes les bonnes intensions du monde ne pourront pas vous aider. Cela devrait pouvoir inspirer le peuple congolais qui hésite.

Dans les jours, les semaines et les mois qui viennent si le peuple congolais ne se lève pas pour agir, alors son destin sera définitivement scellé. La peur doit définitivement changer de camp. SASSOU n’est ni un roi et un dieu. Même armé jusqu’aux dents, il n’est rien devant la volonté populaire. Seul le peuple constitue une force inébranlable dans un pays et personne d’autre. C’est le peuple seul qui détient le véritable pouvoir, y compris celui de renverser des gouvernements. Et SASSOU le sait très bien. Et pour cause ! Pour se donner une légitimité aux yeux de la communauté internationale, le même SASSOU qui terrorise les congolais depuis 25 ans et qui se prend pour un roi ou pour le dieu tout puissant, est paradoxalement obligé de solliciter le suffrage de ce même peuple qu’il méprise. Ce qui prouve bien que le vrai pouvoir c’est le peuple qui le détient. Mes chers compatriotes, l’heure est grave. Nous devons nous lever comme un seul homme pour barrer la route à ce monstre froid qui écrase notre peuple et qui a conduit notre pays dans l’abîme depuis 25 ans. Ce que je veux vous démontrer ici c’est que le vrai pouvoir c’est nous le peuple qui le détenons et non SASSOU et sa milice. Aucune armée au monde ne peut exterminer tout un peuple bien déterminé et gonflé à bloc.

par Bienvenu MABILEMONO
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