Espace d'échange de la diaspora congolaise.
« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. Nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas. »
Jacques Chirac.
Si en politique on peut présenter un bilan qui soit erroné en économie cela est impossible.
L’économie congolaise souffre depuis plusieurs années et, du coté des pouvoirs publics, nul ne semble s’en préoccuper.
Alors qu’ailleurs les experts travaillent pour le développement de leurs pays, les nôtres sont dans la défensive. Ils sont devenus maîtres dans l’art de contester les études et les rapports quand t-ils sont défavorables au Congo.
D’après le classement des économies, études faites par Doing Business pour la Banque Mondiale, l’économie congolaise est cantonnée aux quatre dernières places depuis la fin de la guerre jusqu’à ce jour. Et ce malgré l’augmentation pharaonique des revenus de nos ressources naturelles.
A titre d’exemple en 2008 le Congo a fait un excèdent budgétaire d’environ mille milliards de francs cfa, soit un milliard et demi d’euros pour trois millions d’habitants.
Malheureusement, en queue de peloton, l’économie congolaise n’est pas attractive. Elle n’attire pas les investisseurs. Donc elle ne peut pas se développer. Par conséquent, elle reste inerte en terme de créations d’emplois.
Avec son argent, le Congo doit apprendre à appeler l’argent, bongo éko benga bongo, comme le font si bien Dubaï et d’autres pays émergents.
C’est le message que j’ai fait passer à Monsieur Christel Denis Sassou Nguesso le 04 Avril 2009 dernier au forum de Paris.
Car la paix, la vraie paix, passe par l’emploi, l’oisiveté au risque de me répéter étant le pire ennemi de celle-ci.
Devant l’échéance de juillet prochain, puisque nous y allons pour montrer au monde que le peuple congolais est souverain, il serait indécent que la question du partage des richesses ne soit pas au cœur des débats. Or cette question est liée au travail qui reste, jusqu’à preuve du contraire, la valeur refuge pour une meilleure répartition des richesses.
Je disais sur le forum du site de campagne du Chef de l’État, http://www.denisassou.com/, que la Tunisie qui n’est pas un modèle de démocratie, ce qui est connu de tous, avait une économie qui donnait une qualité de vie aux tunisiens à faire pâlir les populations occidentales.
Ne nous éparpillons pas.
Le prochain mandat présidentiel doit être conduit sous le signe du développement économique. Cela est capital pour l’avenir de notre pays.
Pour revenir au forum de Paris car l’événement mérite qu’on s’y attarde.
Je crois sincèrement qu’il faut saluer l’initiative.
Je ne suis pas partisan de la critique aveugle.
Pour une première, comme toutes les premières, on trouvera toujours à redire. Mais, le fait qu’il ait eu une forte participation de la classe moyenne, j’entends les congolais de Château Rouge d’ordinaire très désintéressés, signifiait que ce forum répondait à une réelle attente.
Il faut rappeler que la plus forte communauté congolaise hors du Congo réside en France.
Ailleurs, la diaspora fait partie des solutions. Si le pouvoir de Brazzaville est dans cette logique, je dis « mieux vaut tard que jamais. »
Si la crise qui affecte le monde est une épreuve. Elle est aussi un défi. Un défi qu’il faille relever tous ensemble. Car la plus virulente des troubles peut donner l’opportunité de rebondir si les décisions sont prises dans l’intérêt collectif.
A ce sujet je suis scandalisé d’apprendre par Jeune Afrique du 12 au 18 Avril 2009 en page 26 que la faiblesse de l’homme qui ramené la paix et la stabilité au Congo, le Président Denis Sassou Nguesso, est dans la gestion de son entourage.
Si cet entourage lui a permis de sortir victorieux de la guerre, il n’en demeure pas moins que le même entourage est responsable de l’état dans lequel se trouve actuellement notre économie. Il appartient au Chef de l’État, au nom de l’intérêt collectif, d’avoir le sens du discernement afin que le sort du peuple congolais ne soit pas assujetti à des tractations obscures.
Si le capitaine d’un bateau n’a pas le contrôle de son équipage en eau trouble, c’est présentement le cas avec la crise financière, alors les passagers n’ont plus qu’à faire leurs dernières prières.
C’est pourquoi j’invite le Chef de l’État à favoriser, lors de cette campagne, l’éclosion des nouveaux talents pour ponctuer sa volonté autour du renouveau de l’économie congolaise.
Ceux qui ne prendront pas, dès aujourd’hui, disait Jacques Séguéla, le train de la mutation resteront sur le quai de l’après crise.
Du pire, il faut soutirer le meilleur.
La crise est une aubaine pour les pays comme le Congo. Faut-il encore que la compétence soit reconnue et valorisée.
L’exemple de l’Azerbaïdjan qui a quitté, dans le classement des économies, la 97ème place en 2008 pour la 33ème en 2009, soit un gain de 64 places en un an, prouve que le travail paie.
Le Congo a les marges de manœuvres pour réaliser un tel exploit.
En complément des grands travaux, le Congo doit engager une politique volontariste au bénéfice de l’industrie. C’est à nous d’assainir notre économie afin de la rendre attractive.
C’est avec les fonds publics qu’il faut industrialiser notre pays.
Toutes les grandes puissances sont sur cette trajectoire, le Congo doit prendre cet exemple.
C’est une question de survie.
Philippe Assompi
Source : Congoplus.info