Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Certes le sentiment tribal ou ethniciste induit un comportement social qui tend à privilégier et à surestimer son groupe ethnique, aboutissant parfois à des préjugés ou à des a priori négatifs sur les autres. Mais c'est une grave erreur d'analyse que de penser que c'est ce sentiment là qui en soi fait obstacle à l'unité nationale. Il n'est pas inconcevable, en effet, d'être cruellement attaché à son ethnie et se sentir en même temps habité par un vrai sentiment national, c'est-à-dire la conscience assumée d'être soudé à ses compatriotes par une mémoire et un destin commun.
En réalité, il n' y a aucune antinomie entre pluralité ethnique et unité nationale. Sinon il n'existerait pas aujourd'hui bien des pays qui naguère étaient aussi des mosaïques d'ethnies et qui sont devenus avec le temps des Etats–nation prospères. Etre un patriote ou pour la nation n'impose pas de nier la réalité ethnique ; il consiste à trouver un équilibre subtil entre d'une part le sentiment de parentalité et l'obligation de solidarité naturelle que crée l'appartenance ethnique et d'autre part la condition de dépendance réciproque qui rend l'unité nationale nécessaire. Et dans le cas du Congo, la difficulté d'atteindre ce point d'équilibre est due au fait que le politique, à défaut d'avoir une base électorale élargie à l'ensemble social, s'appuie sur l'ethnie, en créant l'illusion qu'il agit au nom des intérêts du groupe. C'est l'instrumentalisation politique de l'ethnie qu'il faut remettre en cause et non pas le sentiment d'appartenance ethnique.
Or, différence de référent culturel (traditions et système des valeurs) oblige, il est inévitable que règnent une sorte de méfiance réciproque et une rivalité latente entre des ethnies condamnées par l'histoire à partager le même espace vital. Par conséquent, l'essentiel pour que l'ethnie ne soit plus instrumentalisée et que la nation puisse éclore est qu'un Etat impartial et fort se développe et offre les garanties de la coexistence pacifique (primauté du droit, démocratie intégrale, décentralisation avancée, …).
La démarche de rassembler des talents et des volontés sans distinction ethnique pour bâtir un Congo uni, via la création d'un nouveau parti politique, n'a de sens que si l'on adhère à ce postulat. Or on le retrouve dans le projet de société du candidat de l'UPADS à l'élection présidentielle, Monsieur Ange Edouard POUNGUI. Une vision d'un Congo prospère et solidaire que le candidat déclinera progressivement au fil de son dialogue avec le peuple.
Aussi, je ne peux ici m'empêcher de regretter l'éparpillement inutile des énergies que constitue le fait de créer un nouveau parti dans le contexte actuel de turbulences politiques aggravées dans le pays. Et je me permets par ailleurs de formuler fraternellement deux souhaits: l'ancrage sans ambiguïté du M.U.D.C dans une opposition résolue au pouvoir actuel et un franc soutien de ce parti en gestation à la candidature de Monsieur Ange Edouard POUNGUI, dans la mesure où l'essence de sa démarche politique, un combat pour l'unité nationale, est au cœur du projet de société du candidat de l'UPADS à la présidentielle.
A. Florent BISSINGOU