Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Mesdames, messieurs ;
Chers compatriotes ; L’heure est venue de jeter encore un regard sur le chemin parcouru par notre peuple dans son combat pour les idéaux de paix, de dialogue, de tolérance, de réconciliation nationale, de liberté et, méditons un tant soit peu sur l’avenir, essentiellement pour des raisons qui nous obligent à nous préoccuper de la situation politique et sociale prévalant dans notre pays.
Cette situation, on peut essayer de la cerner à partir de quelques points saillants au regard desquels, peuvent se définir des tâches pratiques en guise de contribution. Il fut un temps, nous parlions le langage de la lutte de notre peuple qui gémissait sous les formes variées de domination politique, économique, sociale et culturelle.
Aujourd’hui, la Conférence Nationale Souveraine de 1991, par sa tenue victorieuse, a permis à notre pays de faire l’expérience concrète de la démocratie, bien que les régimes politiques successifs que le Congo a connus n’aient pas été à la hauteur des espoirs suscités.
Ainsi, de nos jours, nous refaisons l’expérience de l’accouchement difficile des conditions démocratiques devant permettre de bâtir un système d’alternance au pouvoir dans notre pays. En effet, des forces politiques regroupées au sein du Front des partis de l’opposition ont exigé, à partir de la tenue de leurs états Généraux, la convocation d’une concertation (dialogue) au niveau de la classe politique et de la société civile, c’était l’occasion pour réformer le point sur le chemin parcouru de la démocratie et reformuler les exigences d’un changement politique sans violence en juillet prochain et élire ainsi un Président de la République autre que SASSOU, dans la mesure où ce dernier ne remplit plus les critères d’une régulation du système politique dans la transparence et la bonne gouvernance.
En effet, avec le passage de 24 heures du Président français, Nicolas SARKOZY, Monsieur SASSOU était obligé d’accepter du bout des lèvres la convocation d’un dialogue dont le but était de jeter les bases d’une élection présidentielle crédible en juillet. Ces bases étaient :
1- Une nouvelle loi électorale ; celle de mai 2007 ayant fait l’expérience désagréable de violation sans limite ;
2- Une commission électorale indépendante paritaire de l’élection présidentielle, en remplacement de la « Conel » qui a failli depuis 2007 ;
3- Un recensement administratif spécial pour se doter d’un corps électoral fiable.
Le gouvernement a montré ses limites congénitales après avoir brillé par une incapacité à réviser les listes électorales anciennes truffées de faux électeurs et des morts, depuis 2002. Les élections législatives de 2007 et locales de 2008 ayant été réalisées dans un chaos mortel.
Au lieu de cela, le pouvoir a servi au pays du 14 au 18 avril 2009, un monologue dont les résultats sont rejetés par l’ensemble de notre peuple. l’Union Patriotique pour le Renouveau National (U.P.R.N.), au sein de l’alliance (A.R.D.), a participé de mains fortes avec les autres formations politiques à la consolidation du Front des partis de l’opposition qui a fait échaumer toutes les manœuvres des forces politiques qui incarnent le changement. Notre devoir à tous, est de soutenir et renforcer les initiatives du Front qui a donné la preuve de sa perspicacité et surtout de son efficacité devant les différents assauts du pouvoir.
Depuis quelques jours, le président sortant, SASSOU, est rentré en campagne électorale dans les régions sud du Congo (Niari, Bouenza, Lékoulou, Kouilou), avec des thèmes mystificateurs centrés sur la paix et la quiétude, alors qu’il est devenu, en Afrique Centrale, le champion de l’autocratie, de l’intolérance, de la tricherie électorale. Il est déjà en campagne pendant que l’opposition est interdite du libre exercice de ses activités (meetings, réunions,etc.).Il revient donc à nous militants pour les idéaux de paix, de tolérance, de réconciliation nationale et de liberté, de créer les conditions permissives au déblocage de la situation politique actuelle.
A cet égard, je pense que les forces politiques et les institutions européennes et plus particulièrement les forces politiques françaises (pouvoir, institutions, forces démocratiques, etc.) doivent faire l’objet d’attention et de sollicitation soutenues de notre part. Nos démarches doivent s’orienter vers ces forces et institutions pour obtenir qu’elles exercent des pressions décisives sur le pouvoir congolais. Sans négliger les actions conduites au pays, c’est aussi de cette manière que nous contribuerons tous au changement qu’appelle de tous ses voeux, notre peuple.
Jean-sylvestre itoua