Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Au fur et à mesure qu’approche l’échéance de juillet 2009 pour l’élection présidentielle au Congo, l’espoir d’un scrutin libre et transparent s’amenuise face aux accusations croissantes de l’opposition qui dénonce déjà la partialité de la commission électorale récemment installée.
Les leaders de l’opposition ont commencé à boycotter les grands rassemblements organisés par le pouvoir et la peur s’installe au sein de la population de voir éclater des affrontements entre le pouvoir et l’opposition comme en 1997, mais cette fois ci sans la dame de coeur (Edith Lucie Bongo). Mathias Dzon a prevenu, personne n'ira aux urnes, si les conditions ne sont pas les mêmes pour tous.
Brazzaville sera-t-elle encore plongée dans la tourmente post électorale ou les autorités tiendront-elles leur pari d’un scrutin libre, transparent et consensuel ?
Le doute plane et la peur s’installe à l’approche de l’élection présidentielle de juillet prochain, pour laquelle l’opposition dénonce déjà de nombreuses manipulations.
Le «dialogue républicain» inter-congolais qui s’est ouvert le 14 avril dernier au Parlement de Brazzaville devait réunir les congolais de tous bords pour préparer un processus électoral consensuel. Mais les principaux leaders de l’opposition étaient absents de cette rencontre, volontairement exclus par le clan Sassou, en refusant toute proposition de l'opposition. "Venez écouter ce que nous avons à vous dire, vos propositions, vous vous les garder pour l'après présidentielle".
Outre les incidents de la veille où quatre obus s’étaient accidentellement abattus sur la ville suite à un incendie dans une réserve d’armes militaires de la capitale, l’opposition avait fait part à plusieurs occasions de son scepticisme depuis l’annonce de cette rencontre, estimant qu’elle ne visait qu’à légitimer la Commission électorale dont elle a dénonce la partialité.
Le porte-parole de Front uni des partis d’opposition, monsieur Tsaty Mabiala, avait justifié la position de leur plate-forme par l’absence d’un ordre du jour.
«Nous n’avons pas reçu l’ordre du jour. Vous imaginez qu’on ouvre la consultation aujourd’hui. Le compromis voulait simplement qu’à leur projet d’ordre du jour s’ajoutent les points que nous croyons, nous, être les points essentiels», a expliqué le leader de l’opposition.
«C’était en plus la maîtrise du corps électoral, c’était la question sur la commission nationale électorale, sur (…) l’accord-cadre qui devait être entériné par le président de la République seul. Vous imaginez bien que ce n’est pas normal, (…), Monsieur le président de la République est candidat !», s’est-il exclamé.
En refusant de participer à ce forum national, l’opposition congolaise écarte tacitement la possibilité de la tenue d’une élection libre et transparente. Argument que le premier ministre congolais, Isidore Mvuba, balaye d’un revers de la main, assurant que l’élection se déroulera dans le calme.
Au cours d’une conférence de presse tenue le 24 avril dernier, le chef du gouvernement avait appelé la population à ne pas céder à la panique, assurant que «les élections vont se dérouler dans le calme».
Cependant, l’opposition s’inquiète et accuse le régime d’intimider continuellement les leaders politiques ayant boycotté ces assises nationales. C’est le cas notamment du meeting d’explication de l’opposition empêché au stade Tata Loboko à Pointe-Noire.
Le 24 avril dernier, Ange Edouard Poungui, candidat de l’UPADS, principal parti de l’opposition, avait appelé ses partisans à se mobiliser pour barrer la route à l’organisation non consensuelle des élections, sinon «nous n’irons pas à cette élection et qu’il n’y aura pas d’élection», avait-il déclaré.
Mathias Dzon avait également indiqué que les candidats de la majorité n’iront pas seuls à l’élection sans l’opposition.
A moins de trois mois de l’échéance, les populations redoutent de plus en plus de voir la capitale replongée dans les affrontements entre le pouvoir et l’opposition, comme cela avait été le cas en 1997 quand Denis Sassou Nguesso était dans l'opposition.
Ce qui differe de la situation de 1997, c'est que le pouvoir réunissait les conditions d'une élection libre et transparentes, Lissouba était ouvert à la négoiation, il écartait toute solution militaire comme seul moyen de réglement des conflits.
Alors que l'opposant Sassou ne voyait dans la guerre que la seule issue pour l'alternance. Mathias Dzon, Poungui et Kinfoussia auront-ils les moyens d'imposer la guerre à Sassou ?
La réponse est non, Tsaty Mabiala dit "Nous ne sommes pas des va t-en guerre". En dehors des mots et de l'agitation qu'on peut observer dans les rangs de l'opposition, elle subira les résultats d'une élection truquée qui leur vole en quelque sorte la victoire.
Malgré les inaugurations des micros projets initiés dans un but électoraliste au sud du Congo, le peuple congolais veut résolument le départ de Sassou.
La foule est trompeuse, la misère dans laquelle est plongée la majorité des congolais ne saurait s'oublier par les inaugurations d'un aérodrome, d'une rue urbaine ou de quelques kilometres de route nationale en majorité financée par le FMI et la Banque mondiale.
D'ailleurs Sassou n'est pas naïf, il sait que ces populations ne le portent pas. Raison pour laquelle, il évite une consultation digne de ce nom.
Empêcher l'opposition d'aller aux urnes à armes égales, assurerait le passage en force et la réelection de Sassou faute de candidat.
Il pourra alors justifier que la mobilisation des populations en liesse à Dolisie, à Nkayi et à Sibiti n'était autre qu'une adhésion à sa politique.
Il serait malhonnete de ne pas signaler que Sassou Nguesso se déplace avec les restos du coeur. De l'argent est distribué aux groupes folkloriques, de la bière et de la nouriture à ceux qui veulent boire et manger.
Les fonctionnaires, les milliers d'écoliers et d'élèves de ces localités réquisitionnés font grossir la foule et donne l'impression au clan Sassou et à ses valets locaux que Dolisie, Nkayi et Sibiti sont des villes conquises.
Si Sassou est certain que les congolais ont adhéré à sa politique, il n'a donc pas intéret à craindre une élection libre et transparente.