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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Le maintien au pouvoir de Sassou : une consécration de l’ancienne école politique

Il est des signes qui ne trompent pas, et qui sont significatifs de l’esprit de l’époque dans laquelle on vit, nous incitant à agir en conséquence.

Le signe qui pointe à l’horizon actuellement est le maintien ou non de
Monsieur Sassou Nguesso au pouvoir.

Cette échéance exigera, soit la rupture entre les tenants de l’ancienne école politique et ceux de la nouvelle école qui est en train de se construire, soit une véritable réconciliation entre ces deux écoles de pensée politique.

Pour situer notre propos, l’ancienne école a connu son triomphe et la consécration de son idéologie à compter de la chute du président Fulbert
Youlou.
À partir de cette époque, le socialisme scientifique s’est imposé comme la seule ligne politique et idéologique à partir de laquelle quasiment tous les cadres congolais se sont formés en politique. Cette école s’est structurée à travers le Parti Congolais du Travail, après le petit bégaiement du socialisme Bantou du président Massamba Debat.

L’idéologie de cette école à travers l’union de la jeunesse socialiste congolaise a essaimée, au sein des jeunes et ce, tout le long de son règne, inculquant à ceux-ci la même culture politique.

Il est aisé de constater que cette école idéologique disposant de plusieurs tentacules à influencer la société congolaise en profondeur, modelant les faits et gestes de chacun.

En effet, qui d’entre nous ne se rappelle pas de «la loi du pionnier» à l’école primaire, des slogans dont le plus célèbre est sans doute «Tout pour le peuple, rien que pour le peuple» ou encore «le pouvoir ne se donne pas mais s’arrache».

Ce venin politique s’est infiltré même auprès des mamans congolaises à travers l’union des femmes révolutionnaires, démontrant par là que toutes les couches sociales de notre pays ont été malheureusement influencées.

Aujourd’hui, la quasi totalité de ceux qui sont en politique au Congo-Brazzaville, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, ont été influencés avec quelques variantes par la culture politique issue de l’idéologie du PCT.

Cette culture politique résume à elle seule les grands traits de la pensée politique de l’ancienne école et de leurs continuateurs : le mépris du suffrage universel, le culte de la violence, la corruption et l’absence de
vision politique.
En effet, les disciples de l’ancienne école ne revendiquent le suffrage universel que lorsqu’ils sont dans l’opposition, se faisant défenseurs de l’intérêt national, une fois au pouvoir ils en deviennent les pourfendeurs.

Dès lors, le clivage politique au Congo, à mon sens ne se situe pas et ne devrait plus être considéré comme se situant entre le PCT et l’UPADS, entre le RDD et le MCDDI, ou entre originaires de la Cuvette et ceux du Pool, mais plutôt entre disciples de l’ancienne école peu importe leur positionnement actuel et ceux qui aujourd’hui essaieront de construire un nouveau chemin par une nouvelle pensée politique.

C’est dire que le maintien au pouvoir de monsieur Sassou Nguesso sera, au cas où il viendrait à se réaliser, une nouvelle consécration de la culture politique issue de l’ancienne école.

Comment s’étonner aujourd’hui que monsieur Sassou Nguesso soit en passe d’être maintenu au pouvoir ?
N’est-il pas aujourd’hui la face immergée de l’immense iceberg que constitue tous ceux issus de la même école de pensée que lui, qui directement ou indirectement participent au maintien du statu quo ?

Pour ma part, l’échec annoncé de l’opposition n’est pas une surprise car ceux qui l’incarnent, étant à quelques variantes près, de la même école politique que ceux qui sont au pouvoir ne pouvaient pas faire preuve d’une vision politique claire susceptible d’accoucher d’une stratégie politique globale capable de mettre fin au régime de Sassou Nguesso.

Au contraire, cette opposition fait montre des mêmes appétits, à des degrés différents, que ceux qui sont au pouvoir en privilégiant leurs intérêts à ceux des congolais par des luttes fratricides de positionnement, par la duplicité et les retournements d’alliances, et tout cela au gré de l’enrichissement facile qui les caractérise.

Il appartient aujourd’hui à ceux qui sont issus de l’ancienne école politique et qui veulent évoluer, d’éviter le maintien au pouvoir du régime actuel, seul gage de leur rédemption auprès de la jeunesse congolaise.

Toutefois, ne voulant pas tomber dans le piège de la naïveté, permettez moi ici de douter de la capacité de ces aînés là, je parle bien sûr de ceux qui sont dans l’opposition, de pouvoir faire montre d’une intelligence d’organisation, d’anticipation, de synergie et d’imagination pour faire tomber le régime de Brazzaville, sinon ça se saurait.

En ce sens, entendre les appels au soulèvement du peuple congolais est simplement fantaisiste, car comment vouloir qu’un peuple qui n’est pas préparé, organisé, et uni puisse se soulever ?
Où sont donc passés ceux qui étaient censés préparer, organiser et accompagner son soulèvement ?

À la vérité, depuis les soulèvements politico-ethniques de 1959 à aujourd’hui, en passant par la JMNR, l’ancienne école a appris aux congolais à ne se soulever que par les armes et ce, non pas pour la république mais pour des intérêts partisans ou régionalistes.

C’est ici que se situe le point de rupture entre «eux» et «nous».

«Nous» qui voulons construire un nouveau chemin pour notre pays à travers une nouvelle école qui marquera l’avènement d’un nouvel Homme Congolais doté d’une véritable vision politique, ou l’amour de la patrie sera le leitmotiv à travers des référents de dignité, d’excellence, et de patriotisme.

Une nouvelle vision politique où le pouvoir ne serait plus une substance que l’on détiendrait, mais relation. Une relation entre les dirigeants et les ressources naturelles du pays et entre ceux-ci et la population congolaise.
Elle consistera dans le premier cas à gérer nos richesses pour atteindre une fin préalablement conçue : un modèle économique de répartition équitable des revenus des richesses.
Dans le second cas à régir ou à modeler l’esprit des congolais pour atteindre une finalité d’épanouissement individuel et non simplement grégaire ou ethnique dans le cadre de la société nouvelle à construire.

La nouvelle école devrait réaliser et perpétuer le pouvoir politique par la mise en place d’institutions reflétant l’âme du Congo et auxquelles le « droit » de modeler la vie des congolais et de gérer les ressources nationales se trouvera reconnu.

A l’esprit de soumission, d’indifférence et de passivité imposé par l’ancienne école et ses différents avatars, « nous » devrons substituer la liberté de penser et d’agir, l’esprit de responsabilité de « citoyens » toujours en alerte sur les choix qu’ils ont à faire.


«Nous» qui sommes d’une génération ayant subi dans la chair et dans l’esprit les conséquences de la culture politique abominable de nos aînés, et qui sommes décidés à initier un renouveau dans la pratique politique, devons nous distinguer par des valeurs à l’opposé de celles qui sont en cours actuellement dans la vie politique congolaise.

«Nous» qui sommes habités par un amour ardent du Congo, qui nous situe au-delà des régions et des ethnies, des partis ou des associations, et sommes préparés à briser le voile du temple de cet ancien Congo incarné par la vieille école dont le régime de Sassou est une émanation, et qui s’organise à nous diviser pour mieux nous asservir.

En effet, le régime de Sassou Nguesso est la forme la plus achevée de la culture politique de cette école, où tout se fait dans l’ombre, les alliances se font et se défont au gré des humeurs du ventre, corruption et prostitution des intelligences et assassinats de masse.

Le maintien au pouvoir de ce régime nous démontrera, s’il en était encore nécessaire que nos aînés ne veulent pas offrir à la jeunesse congolaise de véritables perspectives d’une vie meilleure et ce, qu’ils soient au pouvoir ou à l’opposition.

Aussi, il appartiendra à nous, la jeunesse du Congo de rompre avec cette vieille classe politique, d’arrêter de servir de chair à canon, de faire valoir ou encore de nègre intellectuel à ceux là même qui spolient notre avenir.

Il nous reviendra de nous organiser, d’arrêter de nous diviser sur la base d’arguments tirés de la culture politique de la vielle classe politique dont l’appartenance ethnique et régionale est le paradigme.

Nous avons aujourd’hui la lourde charge d’inventer une idéologie claire qui inspirera notre action et qui nous fédérera.

L’heure vient où les imposteurs, les faux prophètes, tous ceux qui ont fait miroiter à la jeunesse congolaise des terres promises illusoires, seront démasqués, et le maintien ou non de monsieur Sassou Nguesso au pouvoir, devrait inciter la jeunesse à agir en conséquence, en s’organisant et en traquant sans pitié la médiocrité et l’aventurisme en politique.

par Brice NZAMBA

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