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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Denis Sassou-N'Guesso face aux cadres et aux notables de Pointe-Noire et du Kouilou

uinze millions de francs CFA : tel est le montant de l'enveloppe remise au président Denis Sassou N'Guesso par les cadres et notables de Pointe-Noire et du Kouilou au cours de l'entretien qui s'est déroulé le 30 avril dans une salle attenante du siège de la société ENI-Congo, à Pointe-Noire. Une somme d'argent destinée à soutenir la candidature du président de la République à l'élection de juillet prochain : «Monsieur le président, nous vous demandons de faire acte de candidature», a résumé le notable qui avait la charge de remettre le cadeau au chef de l'Etat.

Mais la rencontre entre le président de la République et les représentants des deux départements a permis d'aborder d'autres sujets. Les plus saillants concernaient la demande de construction d'une université d'Etat à Pointe-Noire, les offres d'emplois jugés discriminatoires à l'égard des ressortissants des deux départements, les difficultés d'attribution de la Carte nationale d'identité, surtout à Tiè-Tié, les expropriations dans la zone du cimetière de Mongo Nkamba, la pollution de l'environnement dans la zone d'exploitation pétrolière de Mboudi, la pêche à la dynamite sur les côtes maritimes imputée aux Chinois, le chantier de la Route nationale numéro 1, le sentiment des habitants de l'arrondissement 3 Tiè-Tiè d'être des laissés pour compte de la modernisation de Pointe-Noire, le ravage des plantations des paysans par les éléphants dans le district de Nzambi, la vétusté des bacs de traversée dans le même district, les difficultés de la Croix rouge congolaise locale, les problèmes que connaissent les équipes chargées de la sensibilisation à la pandémie du VIH/Sida, l'absence d'un asile psynchiatrique, le soutien à l'action des églises.

La Route nationale numéro 1

Après avoir écouté chacun des intervenants, le chef de l'Etat a pris la parole pour tout d'abord remercier les cadres et notables pour l'enveloppe et pour l'accueil qui lui a été réservé à son arrivée et partout où il est passé. Il ne s'est pas prononcé sur sa candidature à l'élection présidentielle. En revanche il s'est attardé sur les doléances posées.

Sur les plaintes des riverains de la RN 1, notamment dans le Mayombe, qui estiment qu'au début des travaux les pouvoirs publics et l'entreprise chinoise n'ont pas pris attache avec eux pour exécuter des rituels exigés par la tradition, le président de la République a invité l'intervenant à ne pas ramer à contre courant du projet en cours. «Il faut plutôt soutenir cette route, qui changera quelque chose dans la vie des Congolais. J'invite les sages et notables à se retrouver pour convenir des modalités d'une cérémonie rituelle s'il le faut, mais le chantier que je viens de visiter mérite d'être soutenu par tous».

Les expropriations à Mongo Nkamba

Abordant la question des expropriations à Mongo Nkamba alors que les intervenants, parmi lesquels ceux qui y ont acquis un terrain, demandaient purement et simplement que le processus s'arrête, le président de la République a indiqué qu'il ne faut pas que s'installe l'anarchie dans le pays. La meilleure façon de résoudre ce problème, a-t-il poursuivi, est que les départements ministériels concernés (Refonte foncière, Administration du territoire, Economie forestière, Equipement et travaux publique) se retrouvent avec les préfets de Pointe-Noire et du Kouilou, les responsables la société gérant ce terrain et les occupants pour trouver une solution au juste milieu à cette situation.

Sur les plaintes des habitants de l'arrondissement 3 Tiè-Tié, le maire de Pointe-Noire, Roland Bouiti Viaudo, est intervenu à la demande du président de la République. D'après lui Tié-Tié bénéficiera sous peu d'infrastructures prévues dans le cadre d'un programme soutenu par des partenaires extérieurs qui commencera en janvier 2010. Il s'agira de la construction de 21 kilomètres de routes en pavé sur les 35 kilomètres retenus pour l'ensemble de la ville, en plus des programmes d'assainissement en cours. Sur les difficultés d'attribution de la carte nationale d'identité aux citoyens, le président de la République a répondu que le problème est réel, mais qu'une mission conduite par le ministre de l'Administration du territoire séjourne présentement en Allemagne pour l'achat d'équipements supplémentaires.

La pollution pétrolière

Répondant aux inquiétudes sur la pollution due à l'exploitation pétrolière à Mboudi, le président Denis Sassou N'Guesso a déclaré que les sociétés pétrolières sont averties qu'elles n'ont plus que deux ans, sur les trois qui leur avaient été accordés, pour arrêter de brûler le gaz. Celui-ci devra dorénavant être utilisé pour la production d'électricité.

Pour ce qui est de la pêche réalisée à l'explosif par les Chinois, le président de la République a indiqué que ce procédé est condamnable, que des contacts devront être pris avec les intéressés, au besoin avec la représentation diplomatique pour que cesse cette pratique illégale. Mais il a également fait savoir que tout le problème tient au fait que les côtes congolaises ne sont pas encore protégées. Il s'agit, a-t-il précisé, de mettre à la disposition des unités de la marine nationale des moyens pour le faire, mais les investissements dans le domaine sont très lourds.

La préservation de l'environnement

Le problème de la destruction des plantations des paysans par des éléphants dans le district de Nzambi est un dilemme comme tant d'autres, a dit le chef de l'Etat. Le fait est que, d'une part, l'éléphant est une espèce protégée et, d'autre part, les paysans dont les champs sont ravagés tout le temps ne peuvent pas continuer à souffrir. La solution définitive consiste a apporter le développement dans les régions environnant les réserves de faune.

Quant à la question liée au bac de traversée le député de la circonscription électorale de Nzambi qui était présent dans la salle a donné des précisions sur la construction en cours, à Pointe-Noire, de deux bacs et accessoires pour plus d'un milliard de francs CFA, les premiers décaissements de l'ordre de 30% ayant été déjà effectués au profit de la société de construction, a-t-il indiqué.

La délocalisation de l'université Marien Ngouabi

La délocalisation de l'université, a déclaré le président de la République, est un projet déjà ficelé par le gouvernement et qui attend d'être mis en œuvre dans le pays. Pointe-Noire est concerné.

La question des emplois, objet des plaintes là aussi des ressortissants des deux entités administratives a fait dire au chef de l'Etat que le problème n'est pas de penser que les Congolais venus des autres départements ne devraient pas être embauchés dans les sociétés installées à Pointe-Noire et dans le Kouilou. En même temps, a-t-il dit, il ne faut pas que les personnes susceptibles d'être embauchées et habitant les deux départements ou étant originaires soient délaissées au profit des autres Congolais qui seraient recommandés depuis Brazzaville ou ailleurs. Ici, également, le président de la République a insisté sur la formation des jeunes à des professions qualifiantes pour leur permettre de tenir des emplois qu'il faut.

Les questions de société

Enfin, la Croix rouge congolaise locale demandait d'avoir un siège à Pointe-Noire et un véhicule. Le président de la République a dit prendre bonne note. La représentante d'associations de la société civile oeuvrant à la sensibilisation contre le VIH/Sida sollicitait deux véhicules 4X4 pour leur permettre de se mouvoir plus facilement sur le territoire des deux départements. Le chef de l'Etat a demandé aux préfets de Pointe-Noire et du Kouilou de regarder le problème, tandis qu'en ce qui concerne la construction d'un asile à Pointe-Noire, le chef de l'Etat a noté que la question avait son importance.
Les Eglises concourent à l'éducation des populations, a reconnu le chef de l'Etat après qu'un intervenant exerçant dans le domaine ait demandé le soutien des pouvoirs publics. «L'Etat devrait-il aider les Eglises ? Pourquoi pas !», a déclaré le président de la République. Le tout, a-t-il dit, est de savoir de quelle manière. «Mais dès lors que cette activité est pratiquée en harmonie avec les lois et règlements de la République le problème ne se pose pas», a ajouté le chef de l'Etat.

Pour conclure, le président Denis Sassou N'Guesso a annoncé à ses interlocuteurs qu'il était venu à Pointe-Noire et dans le Kouilou pour apporter aux populations un message de paix afin que la stabilité qui permet aux Congolais d'aller et venir aux quatre coins du pays soit préservée. «C'est à Pointe-Noire que furent signés les premiers accords de paix, le 16 novembre 1999, entre le gouvernement et les ex-miliciens. C'est de Pointe-Noire que partira la route nationale numéro 1jusqu'à Brazzaville, de Pointe-Noire que doivent partir toutes les initiatives de consolidation de la paix», a conclu le président de la République.


Les Depeches de Brazzaville
Gankama N'Siah

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