C'est faux de mentionner que le séjour en France du Président de l'Eglise Evangélique du Congo se soit passé dans une athmosphère de franche collaboration pour les chrétiens congolais. Nous avons eu droit à l'Ecoute d'un Président d'Eglise prêchant sur des hauteurs d'une théologie dont lui seul pouvait se comprendre. Les fans congolais diraient : Lumputu kazonzele (Il a parlé en français).
J'AI HONTE POUR MON EGLISE
Ancien membre de l'Église Évangélique du Congo, intégré dans une Église Africaine (créée par des ressortissants de la RDC) de la région parisienne, mais suivant de près l'actualité de mon ancienne Église que je rejoins quand je suis en vacances au Congo, l'Église de mes parents aussi... j'en éprouve la honte aujourd'hui. « NSONI ! »
Je suis allé timidement me joindre au culte des congolais de la Communauté de Paris lors de certaines grandes cérémonies, gardant ma participation quotidienne dans l'Église d'expression africaine plus proche de mon domicile.
Depuis que je connais l'existence de cette Communauté congolaise, on m'a toujours parlé, en mal du Pasteur Kikabou. Surtout selon les avis de ceux qui sont pour la plupart de la même région que moi. Esprit fan de l'équipe « Diable Noir » oblige. Mais j'ai approché ce monsieur qui m'a aidé pour les difficultés dans la gestion de mon ménage et j'ai, depuis, révisé ma position : je le lui ai avoué. En ce qui me concerne, aujourd'hui, en France, j'ai deux pasteurs : celui de l'Église d'expression africaine et celui que j'ai appris, personnellement à connaître de par ces capacités d'accompagnement pastoral.
J'ai honte car les chefs de l'Église du Congo d'aujourd'hui se caractérisent par un égo très fort. Je suis persuadé de la manière dont l'EEC est, depuis quelques temps, présidée par un Président de l'Église qui écrit des décrets qu'il fait paraître dans le Journal LE CHEMIN (procédé qu'en politique seul les faibles emploient, ceux qui refusent tout débat), les tata Kimpolo, tata Buana, tata Mboungou, tata mbama et tata Ndoundou doivent éprouver la même honte dans leurs tombes... « Un pasteur français nommé responsable de la communauté évangélique congolaise de France » c'est la Une du journal Le CHEMIN N° 202 Avril 2009 au sujet de la visite du président de l’EEC en France.
Dans son allocution inaugurale en 2005, §6, le Président NSOUAMI disait, je le cite : « Le suffrage exprimé en notre faveur ne saurait être un gage optionnel d’exclusion de l’autre, encore moins du Tout-Autre. Il ne nous situe guère non plus sur un piédestal qui nous accorderait des avantages insoupçonnés. Loin de là ! Cette charge que vous nous assignez doit être perçue non comme un pouvoir mais bien plus comme un service, un service auprès des hommes et auprès de Dieu » fin de citation. Je découvre par les décisions prises le contraire de la logique annoncée : Une manœuvre d'exclusion de l'autre ; Un Président, justement situé sur un piédestal et imbue de son pouvoir (celui de ce qu'il qualifiait à Paris comme étant SON AUTORITE bafouée par certains sur la place de Paris). J'ai honte !
U bawuna, we na meso ! (Celui qu'on berne a bien des yeux)
Ne nous leurrons pas. Les décisions qui ont été prises par le Conseil Synodal (et qui vont être décrétées par le Président de l'EEC) partent d'une de ses thèses préétablies, orchestrée par ceux qui, ici en France me dissuadaient de prendre contact avec le Pasteur Didier, dont il a fait une démonstration voici deux ans et de manière explicite. L'histoire des liens de cette communauté avec l'EEC n'existent pas seulement depuis que tata NSOUAMI est Président. Pourtant en Septembre 2007 il (lui personnellement et non l'EEC) disait dans cet interview parût dans Le CHEMIN N° 183 Septembre 2007 page 6 :
Raymond BITEMO : Quelle perception les autorités de l’EEG ont-elles des membres de l’EEC résidents au Gabon et qui ont constitué une communauté chrétienne évoluant en marge de celle de leur pays d’accueil ?
Pasteur Patrice NSOUAMI : Nous avions eu avec les responsables de la communauté chrétienne congolaise, un entretien qui nous a permis de cerner leurs problèmes. Ce sont des frères et des sœurs qui se sont retrouvés malgré eux au Gabon à cause des guerres. Ils ont été confrontés dans un premier temps à un problème d’intégration. La plupart des congolais arrivés au Gabon se sont installés dans le Sud où l’Eglise de l’Alliance chrétienne missionnaire est largement dominante. Celle-ci a manifesté à leur égard une attitude de rejet à cause de l’expression charismatique découlant du réveil spirituel.
Lorsque nous sommes arrivés, nous avons dit à nos compatriotes que l’EEG est la toute première Église protestante installée au Gabon depuis 1842. Par ailleurs c’est une Église sœur, de tendance réformée comme la nôtre. Enfin, l’EEG est membre de la CEVAA comme l’EEC.
Cela veut dire qu’il faut entrevoir pour les chrétiens de l’EEC se trouvant en terre gabonaise, l’intégration au sein de l’EEG qui doit les gérer.
Raymond BITEMO : Est-ce à dire que vous récusez le fonctionnement marginal de notre communauté au Gabon et qui a même envoyé un pasteur en formation théologique à Mansimou ?
Pasteur Patrice NSOUAMI : La présence de ce jeune étudiant à la Faculté Théologique de Mansimou ne pose aucun problème. Le plus important pour nous est de travailler à l’insertion des chrétiens de l’EEC présents au Gabon au sein de l’EEG. A cet effet, il est d’ailleurs question que je reparte pour une visite que nous allons organiser conjointement avec les autorités de l’EEG dans le but de rencontrer les Congolais à Libreville, Port-Gentil et Franceville et leur présenter notre démarche.
Les chrétiens français, suédois, camerounais … d’obédience protestante qui arrivent au Congo, intègrent l’EEC à travers ses différentes paroisses et ne créent pas de nouvelles Églises. C’est cette démarche que nous devons imprimer à tous les Congolais membres de l’EEC se trouvant à l’étranger.
Raymond BITEMO : Cette démarche concerne-t-elle aussi la communauté congolaise de France ?
Pasteur Patrice NSOUAMI : Bien sûr ! La communauté évangélique congolaise de France doit aussi se sentir concernée par la même démarche.
Nous devons travailler pour inculquer à tous les chrétiens de l’EEC là où ils se trouvent, la notion de l’universalité de l’Église comme nous la confessons dans le 4ème article du Credo qui dit : « je crois la sainte Église universelle… »
Cela veut dire qu’en tant que chrétien de l’EEC, une fois que je suis à l’étranger, je n’aurai pas à bâtir une Église. La moindre des choses est de me rapprocher d’une Église protestante dont la doctrine correspond à la mienne pour m’y exprimer librement et y apporter mon identité. Les membres de l’EEC à l’étranger peuvent se constituer en des communautés s’exprimant librement au sein des Églises d’obédience protestante. Cela leur évitera les conflits d’intérêt et les discours prosélytiques qu’ils pourraient être tentés de tenir à l’égard des autres Églises dont ils ne maîtrisent guère l’ecclésiologie. Raymond BITEMO : Ne percevez-vous pas des réactions de la part de nos frères de la communauté évangélique congolaise de France, par rapport à cette démarche que vous énoncez ?
Pasteur Patrice NSOUAMI : Cette démarche peut susciter des remous. Mais je puis croire qu’au regard de la réalité ecclésiale ou ecclésiologique, nous sommes en droit de dire notre point de vue lorsque les choses ne se font pas dans la logique. Nous devons certainement entrer en dialogue avec nos frères de France pour discuter franchement de cette situation.
C’est une honte. En France, je prends part à la vie des Églises d’expression africaine qui sont devenues membres à part entière de la Fédération Protestante de France.
Pourquoi insinuer qu’on ne doit pas s’organiser à l’étranger ?
A moins que le Président NSOUAMI soit dans une sorte de réseaux de la “Françafrique religieuse” comme je l’ai déjà dit dans une motion que j’ai envoyé à certaines rédactions des journaux français, constatant qu’un certain Pasteur français, président d’une grande structure religieuse de France s’était retrouvé “membre de la délégation officielle du Président Sarkozy pour son séjours aux Congo(s)”.
Le temps colonial est passé, chère Église Réformée de France.
J’ai honte pour mon Église !
Actes des Apôtres 5 :28-29, 34-39 « Ne vous avions-nous pas donné l’injonction formelle de ne plus enseigner en ce nom-là ? dit-il. Vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement ! Vous êtes décidés à faire retomber sur nous le sang de cet homme ! Pierre répondit, ainsi que les apôtres : Il faut obéir à Dieu plutôt qu’à des humains.
Mais un pharisien nommé Gamaliel, maître de la loi estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin et donna l’ordre de faire sortir ces gens un instant. Puis il dit : Hommes d’Israël, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens-là. Avant ces jours-ci, en effet, s’est levé Theudas, qui se disait quelqu’un, et auquel se sont ralliés environ quatre cents hommes ; il a été supprimé, et tous ceux qui s’étaient laissé persuader par lui ont été mis en déroute ; il n’en est rien resté. Après lui s’est levé Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il a entraîné du monde à sa suite : lui aussi a disparu, et tous ceux qui s’étaient laissé persuader par lui ont été dispersés. Maintenant, je vous le dis, ne vous occupez plus de ces gens, et laissez-les aller. S’il s’agit d’une décision ou d’une œuvre humaine, elle disparaîtra ; mais si cela vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. Prenez garde de ne pas vous trouver en guerre contre Dieu ! Ils se laissèrent persuader par lui. »
par Georges Dubois M'BAYE MISSAMOU
Rappel des faits et contexte
Sur invitation du conseil de la Communauté Evangélique du Congo en France (CECF), le président de l'Eglise Evangélique du Congo accompagné de deux membres du bureau synodal a séjourné du 14 mars au 3 avril 2009 en France.
Le besoin exprimé par le conseil de la CECF. Sachant qu'un besoin est un sentiment de manque, les membres du conseil ont à la suite du séjour du pasteur NSouami de retour de la Suisse estimé normal de mettre un terme à l'incompréhension qui existait alors entre ce dernier et le conseil. Cette incompréhension est due à la lettre du bureau synodal sortant qui demandait à la CECF de surseoir à son projet de changement de statut. En effet, la CECF avait reçu le quitus du synode de juillet 2004 de l'EEC de passer du statut de la loi 1901 à celui de la loi 1905. Cependant, la nouvelle direction de l'EEC sous la présidence du pasteur NSouami élu en 2005, suite au décès du précédent président de l'EEC, le pasteur MBama, constatant les divergences au sein de la CECF a demandé de surseoir à ce changement de statut. Les membres du conseil de la CECF s'interrogeant sur le leitmotiv de cette décision ont sollicité les lumières du bureau synodal ainsi que celles du conseil synodal de l'Eglise mère. Attitude interprétée par la direction de l'EEC comme une remise en cause de l'autorité du président en la personne du pasteur NSouami. Cette situation a fini par créer une situation de non confiance: manque de communication, manque de collaboration franche, manque de fraternité sincère tout simplement. C'est donc pour enlever cette négation de la confiance que les membres du conseil de la CECF ont pris la décision d'inviter le président de l'EEC pour une visite pastorale au sein de la CECF. Le pasteur NSouami nouvellement réélu lors du synode de juillet 2009, a émis le souhait d'être accompagné par le vice-président, le pasteur Boniface Yidika, et le secrétaire à l'administration et aux finances, le diacre Joseph Mandzoungou. Une proposition conforme à une visite de travail qui sera alors entérinée par le conseil de la CECF. C'est ce qui explique la présence des membres du bureau et de quelques conseillers de la CECF, à l'Aérogare Charles De gaulle, très tôt ce matin du samedi 14 mars. Le séjour de la délégation sous le signe de l'écoute active devenait une réalité. Une réalité d'autant plus évidente que la délégation a visité d'abord les membres de la section locale de Rouen, ensuite ceux de Bordeaux et pour finir par ceux de Paris: comme qui dirait la boucle était donc bouclée. Il sied de noter que partout où la délégation pastorale passait le mot de bienvenu était: “papa ayi nzala esili”, traduction osée “papa est venu la faim est fini”.
La réponse de la délégation par le président. Le président de l'EEC a adopté une méthode en deux temps. Il s'est adressé d’abord au conseil de la CECF élargi aux diacres et aux responsables des groupes, puis aux fidèles de l'EEC à la fin du culte dominical du 29 mars à la paroisse de l'annonciation, sise 19 rue Cortambert dans le XVIème arrondissement de Paris, lieu où se tiennent régulièrement deux cultes sur les trois organisés mensuellement par la CECF. A l'occasion, il a dit ce qui suit:
- les diacres ne doivent plus imposés les mains;
- la double appartenance à des groupes n'est possible que pour les CBEistes et les choristes dans un groupe de gospel;
- la possibilité d'organiser des cultes de formation et d'intercession dans la semaine et non les dimanches;
- la question du fonctionnement de la CECF sera soumise à l'appréciation du conseil synodal de ce mois d'avril;
- les tournées du diaconat doivent être réservées aux seuls diacres, l'assistance des conseillers n'est pas tolérée;
- la confirmation du statut du pasteur Kikabou comme serviteur de l'EEC;
- la collaboration et non la fusion de la CECF avec la Communauté Evangélique Congolaise (CEC de la république démocratique du Congo);
- l'affectation d'un pasteur de l'Eglise Réformée de France comme responsable de la CECF en lieu et place du pasteur Kikabou.
La fin du message du président de l'EEC a été le signe solennel sanctionnant la fin du séjour de la délégation en France. Cette réponse qui ressort d'un ajustement structurel et non conjoncturel a commencé de susciter un sentiment teinté d’incompréhension pour les uns, et de compréhension pour les autres. C'est pourquoi, un bilan sur le diagnostic et le remède peut s'imposer d'autant plus qu'il est de bonne conscience chrétienne d'être mu par la vérité, le sens de la responsabilité et l'ordre.
Si un bilan peut être dressé de cette visite, il est assurément mitigé. Car une partie, tout en osant espérer qu'elle ne soit pas nombreuse voire très nombreuse, est restée affamée. Celle-ci a même commencé à rêver en chantant: ” papa akozonga nzala ekosila” c'est-à -dire “papa reviendra pour mettre fin à notre faim”. Peut-être faut-il faire de sa vie un rêve et d'un rêve une réalité comme le disait Saint Exupéry!