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Afrique du Sud: priorité au développement pour le gouvernement Zuma

[Congoinfos] - Le nouveau président sud-africain Jacob Zuma a traduit dans la de son gouvernement la priorité donnée à la lutte contre la pauvreté et à l'amélioration des services publics, mais la gageure est colossale, avertissent les analystes.

"La refonte des portefeuilles ministériels paraît démontrer que certains des obstacles à la mise en oeuvre des politiques ont été parfaitement identifiés", note Susan Booysen, professeur de Sciences politiques à l'Université de Witswaterand, à Johannesburg.

Le quatrième président de l'Afrique du Sud démocratique a promis de réussir là où les gouvernements successifs depuis la chute de l'apartheid en 1994 ont échoué: réduire drastiquement la pauvreté dans un pays où environ 43% de la population vit toujours avec moins de deux dollars par jour.

"Le thème du développement a été décliné" dans la redéfinition des portefeuilles, explique Mme Booysen, avec une emphase particulière sur ceux du Développement économique et du Développement rural, deux des principaux défis à relever.

L'équipe gouvernementale, nommée dimanche, va devoir amortir les effets de la récession qui s'amorce, alors que le taux de chômage frôle les 40%. Et la pauvreté la plus frappante se concentre dans les zones rurales, oubliées de la croissance soutenue de ces dernières années.

Nombre de ministères ont été repensés, regroupés ou séparés, afin de "mieux se spécialiser en se concentrant" sur leur secteur de responsabilité, acquiesce Dirk Kotze, de l'Université d'Afrique du Sud

Une Commission du Plan a été créée, chargée de définir une stratégie d'ensemble pour le développement socio-économique sous la coupe du très respecté , artisan de la croissance post-apartheid.

Non seulement cette initiative peut donner une cohérence au gouvernement, estime l'analyste, mais elle évite le "vide qu'aurait créé le départ" de M. Manuel, qui a su gagner la confiance des milieux d'affaires en 13 ans au ministère des Finances. Ce pilier du gouvernement se retrouve dans "une position plus forte encore", tandis qu'il est remplacé aux Finances par un homme "d'une stature presque équivalente", le chef du fisc Pravin Gordhan, souligne M. Kotze.

Mais l'ampleur de la restructuration de l'exécutif présente un risque: celui de la lourdeur administrative, que dénonce déjà l'opposition.

"Le gouvernement a grandi substantiellement, avec 34 ministères," et "il reste à voir si cela aura un impact positif sur les services publics", affirme l'Alliance démocratique (DA), principale formation d'opposition.

La légitimité tirée de la lutte contre l'apartheid ne suffira plus au Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, pour l'emporter lors des prochaines législatives, estiment nombre d'analystes. L'opposition s'est nettement renforcée le 22 avril, même si l'ANC a encore obtenu près des deux tiers des suffrages.

"Les cinq années de ce mandat vont être particulièrement courtes" pour tenir les promesses électorales, estime Mme Booysen.

Autre ombre au tableau, le transfert de la solide Barbara Hogan de la Santé aux Entreprises publiques. La capacité de travail et la rigueur de celle qui fut la première Blanche arrêtée pour avoir milité contre l'apartheid, seront de mise au ministère responsable des infrastructures de l'Etat.

Mais les militants pour les droits des malades du sida, qui l'avaient érigée en salvatrice après des années de déni du gouvernement face à la pire pandémie au monde, craignent les retards inhérents à l'installation d'un nouveau ministre à la Santé.

 

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