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[CongoInfos] - Malgré le bruit, les roulements de tambours, que le pouvoir désormais post constitutionnel orchestre, d’une contrée à une autre, autour des «petits pas de nain» réalisés à la hâte dans le cadre de « la nouvelle espérance», la volonté populaire d’alternance politique reste manifeste. Pour cause, tout ou presque reste à reconstruire au Congo brazzaville : l’Etat, la démocratie, l’outil de production, la protection sociale, l’hôpital public, l’école, la régie d'eau potable, la fourniture d'électricité, la morale... Nul ne l’ignore, même pas les esquintés de l’esprit qui se livrent à des appels factices à la candidature de Sassou.
Pourtant le RMP, les "indigents" politiques, les égarés et les résignés osent toujours parier sur la victoire de Sassou dès le premier tour. Paradoxe étrange !
Il y a sans aucun doute de la naïveté, de l’incrédulité ou du dépit chez l’homme de la rue qui adhère à cette idée saugrenue ; de l’inconscience et de l’inconséquence chez les membres de l’opposition qui la popularisent. Mais pour les fossoyeurs de tout acabit, cet optimisme débordant vient d’une foi aveugle à la stratégie que Sassou déroule avec minutie, sous nos yeux égards, pour confisquer le pouvoir.
On peut séquencer cette stratégie en trois phases : des manœuvres pour n’avoir en face de soi que des challengers politiquement faibles comme en 2002, de la diversion politique et l’effet surprise.
D’abord, les manœuvres ! Sassou n’ignore pas qu’en raison de la pluralité ethnique, le scrutin majoritaire au Congo est plus favorable aux candidats portés par les groupes ethniques numériquement avantagés. Il en a fait l’expérience en 1992, en étant éliminé dès le premier tour. Et il sait que sans manipuler le corps électoral et organiser une fraude électorale massive, il ne peut faire le poids contre une alliance politique entre Ndzon et Poungui. En effet, imaginez ce que serait la base électorale de l’un ou de l’autre si le groupe Téké et les groupes ethniques du niboland décidaient majoritairement de se mettre ensemble pour le débouter du pouvoir. N’est ce pas que serait l’apocalypse pour cet adepte de Machiavel ?
Ce scénario n’est pas une fiction. La dynamique d’un 2ième tour du scrutin présidentiel peut créer cette alchimie. Le grand maître le sait. D’où l’effort monstre qu’il déploie pour affaiblir ces deux candidatures, à défaut de les invalider. C’est ainsi que l’accès aux médias publiques (télévision et radios) est verrouillé, les meetings du front unie de l’opposition sont empêchés, des portefeuilles ministérielles sont promis à une frange de l’opposition pour qu’ils casse la dynamique du front uni, et de fausses rumeurs du genre : « tous pourris, tous viennent émarger à Mpila ou à Oyo » sont diffusées pour discréditer ces deux seuls candidats d’envergure qu’il a en face de lui. C’est pourquoi, c’est trois fois dommage que les égarés mordent à l’hameçon et reprennent ces arguments caniveau pour régler de vieux comptes, au lieu de dénoncer le déni de démocratie.
Le refus de changer les règles du jeu électoral procède de la même stratégie. Il s’agit de pousser Ndzon et Poungui à jeter l’éponge. En effet, au motif que les conditions d’une victoire possible ne seraient pas réunies face à un corps électoral manipulé et une machine "pécétiste" prête à organiser une fraude électorale massive, on fait monter la pression pour que ces deux candidats n’aient plus d’autre choix que de se raviser. Et là aussi, c’est ceux-là même qui se réclament de l’opposition qui en font étrangement le plus écho, au lieu de mêler leur voix à celle du front uni pour faire évoluer les règles du jeu électoral. Erreur politique ?
La diversion politique est la deuxième séquence de cette stratégie de confiscation du pouvoir du RMP. L’idée est de créer l’illusion que c’est le peuple qui souhaite que Sassou fasse acte de candidature à l’élection présidentielle de juillet 2009, parce que le maintien de la paix et la poursuite des chantiers bidon de "la nouvelle espérance" et de "la municipalisation accélérée" sont à ce prix. D’où l’instrumentalisation de la peur, la détermination de transformer la paix en opium du peuple et le périple actuel de Sassou dans le Congo profond ( Dolisie, Nkayi, Sibiti, Pointe-Noire, Kinkala …). C’est ainsi que la machine endiablée du RMP s’efforce de montrer à chaque étape, dans le cadre de la manipulation politique, la ferveur populaire, la joie des habitants, les dons en argent qui sont soi disant faits à Sassou pour soutenir sa candidature (15 millions par le Kouilou, 1 million à Brazzaville par L’association DSHMC, 18 millions par le pool…) etc…
Est-il besoin de rappeler que dans ce tour du Congo tout n’est que manœuvre, montage, écran de fumée ? L’affluence et la liesse populaires sont obtenues grâce à la cohorte de supporters traînée par convoi entier depuis Brazzaville et par le fait de distribuer de l’argent et des tee-shirts aux jeunesses locales désabusées et confrontée au dénuement complet. C’est ce que j’ai qualifié de terrorisme psychologique. Quant aux dons faits à Sassou pour soutenir sa candidature, cela rappelle le stratagème vieux comme le monde du musicien sans succès qui est obligé de remettre lui-même en coulisse de l’argent à ses proches pour qu’ils montent sur scène manifester leur soutien et leur enthousiasme. Car qui peut croire que ces pseudo sages incapables de soulager les maux dont souffre leur département respectif soient capables d’un tel geste du cœur ?
L’effet de surprise est le troisième volet de cette stratégie de confiscation du pouvoir. Il s’agit pour le RMP de déclarer la date officielle de l’élection présidentielle et la candidature de Sassou le plus tard possible pour ne pas laisser aux candidats de l’opposition le temps de dialoguer librement avec le peuple, de loger le débat sur le bilan calamiteux du pouvoir sortant au cœur de la campagne et de populariser leur projet de société.
Voyez vous, frères patriotes, l’histoire ne saurait embrayer sur le changement sans un engagement de chacun d’entre nous. Cette machine à broyer du candidat crédible est tellement huilée qu’il nous faut combattre la bête à l’unisson. Il n’y a que la capacité à mobiliser la rue qui peut faire échouer sa funeste stratégie de confiscation du pouvoir. Il est donc temps que l’ensemble de l’opposition puisse taire ses querelles intestines, pour faire triomper l’essentiel. C’est dans cet esprit patriotique que j’ai pris ma plume, la rage au cœur et l’impatience dans l’âme. Mais comme ce qui vient d’un déchirement du cœur ne peut être que colérique et que la myopie délirante de ceux qui se trompent chaque jour de combat ne peut que rendre l’âme du patriote amère, me sera-t-il encore reproché ce ton enflammé ?
Ya ba colère vé