« Le Congo est à la croisée des chemins et est devant sa page blanche »avais-je titré le dernier de mes articles il y a quelques jours !
Oui le Congo notre pays, se trouve dans une situation inextricable, paradoxale. Hier figurant parmi les quatre pays de l’Afrique noire au sud du Sahara, les plus avancés : le Gabon, le Cameroun la Côte d’Ivoire, le Congo Brazzaville, aujourd’hui notre beau pays ne se retrouve plus. Les gourous nous font tourner dans une véritable dérision hallucinatoire.
Le Congo, disposait de l’un de niveau de vie le plus élevé d’Afrique noire. Ses atouts étaient multiples : sa démographie certes faible, en faisait et en fait encore l’un des pays le plus fécond d’Afrique. Si hier notre pays était le plus scolarisé d’Afrique, venant en deuxième position dans le monde, loin, très loin devant la France, aujourd’hui Oko étant passé par là, tout s’est effondré. Nos diplômes étaient parmi les plus appréciés dans le monde et nos intellectuels brillaient de mille feux. Tout ça dans un Congo où il faisait beau vivre. Le vrai Congo, celui du Président Alphonse Massamba-Débat, le patriote, le républicain.
« La force de la volonté » Les congolais sont déroutés, angoissés, inquiets, très inquiets même. Le Congo, notre beau pays est malade, très malade de ses gourous, ses voleurs l’ont dénudé, mis à genoux, défiguré, désossé, dépouillé. Il est devenu méconnaissable. Il est le pays où les inégalités se sont plus développées et ceci, de façon spectaculaire, vertigineuse et très flagrante. L’école, l’administration, l’armée, le gouvernement, le Parlement, la formation sont devenus des lieux où on n’innove plus. Nous sommes devant une véritable inégalité devant la vie et la mort. Les riches du pouvoir ainsi que leurs familles ont opté pour aller mourir en Europe dans les plus grands Hôpitaux. Et sur place, y meurent par vagues successives comme des mouches, ceux qu’ils ont rendus pauvres et qui ne peuvent pas se payer le luxe de s’acheter, ne fut-ce qu’un petit comprimé de nivaquine.
Le Congo jusqu’en 1968 et au-delà, c'est-à-dire jusqu’en 1975 était considéré comme un modèle de vie sociale sans précédent en Afrique au sud du sahara. On y trouvait tout. Le pays connaissait un mouvement continu qui allait dans le bon sens. Cependant, aujourd’hui, la sécurité économique et la certitude du lendemain sont devenues des privilèges. La jeunesse congolaise exprime un véritable désarroi. Une véritable fracture sociale s’est creusée ou plutôt a été creusée en faveur d’une minorité et au détriment d’une jeunesse qui ne sait plus à quel chat se vouer. Tous ses rêves ont été brisés, fracassés par une équipe au pouvoir et leur Président sans souci du lendemain pour le peuple. La machine « Congo » ne fonctionne plus au point de n’être plus utile pour ses fils. Elle ne fonctionne que pour une minime fraction d’apparatchiks et leurs progénitures.
Du coup, le Congo ne se reconnaît plus dans sa propre image. Laquelle image ne reflète plus et ne renvoie plus ses reflets lumineux d’en tant. Il se trouve à la croisée des chemins, devant sa page blanche. Le Congo s’indigne. Il en souffre, il découvre, en outre, que ses atouts s’en sont trouvés compromis.
Regardons froidement le sport, plus particulièrement le foot bal qui était le sport roi des Congolais. Aujourd’hui et depuis l’arrivée de ces tueurs à gage, ce sport a été régionalisé ; tout a été tué. Jusqu’en 1975, le Congo figurait parmi les pays les plus footballistiques d’Afrique. C’est le Congo qui organisa pour la première fois, les Premiers Jeux africains en 1965 et c’est notre pays qui avait remporté la coupe de Foot bal en battant le Mali par 2 buts à 1. Suivi en 1972 à Yaoundé par remporter la Coupe d’Afrique des Nations de Foot bal en battant toujours le Mali à la finale et après avoir éliminé les Cameroun à la demi finale chez lui, devant son peuple et le Président Mbia.
Tout ça, c’est la politique d’un homme, innovatrice et ambitieuse, celle du Président Alphonse Massamba-Débat. C’est la génération de sa politique léguée qui remporta la coupe d’Afrique des Nations en 1972 sept ans plus tard. Et depuis, plus rien. Le PCT qui était arrivé tambour battant, régionalisa tout comme dans tous les autres domaines de l’administration, de la Nation. Pour jouer et entraîner la sélection nationale, il fallait être du Nord.
Depuis que nous n’avons plus : les Fantômas, Moumpala, Mbemba Tostao, Elouma, Gavo Moteur, Loukoki Kopa, Makouana, Ndey Léopold, Mayala Larby, Moulélé, Ndzabana Jadot, Matsima Maxime, Mpélé François, Matongo Soucous, Mayanda Fortuné, Piantony, Biscouri, Mbonos le Sorciers, Moukila Sayal, Bimbandzoulou Amoyen, Excellent, Minga Pépé, Tandou Paul, Defoufou, Mbemba Toré, Filankembo Lipopo, Sita Gabard, Baboutila Anges, et leur capitaine devenu aujourd’hui Général dans l’armée du Nord, Yvon Ndoulou. S’il n’était pas égocentrique comme les autres de sa race, il pourrait témoigner et demander à son Président d’aider ce domaine. Ces grands combattants qui ont fait l’honneur de notre pays n’ont plus été renouvelés et abandonnés à leur propre sort, parce que le pays n’a plus eu des grandes ambitions footballistiques. La génération a pris de l’âge et n’a plus jamais été renouvelée. D’autres comme Maxime Matsima sont morts malheureux.
Maître Tony Gilbert MOUDILOU
Débat sur le comment et qui doit présider le Congo-Brazzaville pour sortir de l’impasse ?
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