Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Décédé le 10 mai 2008 des suites d'une crise cardiaque à l'âge de 46 ans, Bernard Rapha Bounzeki, dit « Wapungu », a eu droit à une fête commémorant, les 23 et 24 mai derniers, son inhumation à Brazzaville. L'événement a été organisé par son épouse, Jacquito Wapungu, musicienne, avec l'orchestre Génération Bounzeki qu'elle dirige.
Pendant deux jours, à l'espace baptisé « le brazzavillois Bounzeki, le sage Rapha », dans le quartier Massissia à Makélékélé, le public a pu assister à un show. Avec la participation du ballet Nkoula, des artistes musiciens du groupe « Très fâché Mouyirika », à l'instar de Tulamwichi - qui signifie « mettre le feu » - sans oublier de jeunes artistes du coupé-décalé et la communauté des Sapeurs de Massissia et de Sangolo, l'animation fut à son comble pour un public qui s'est souvenu de la belle époque du couple Bounzeki.
« Mon très regretté époux, Bernard Rapha Bounzeki, connu de tous, a laissé plein de souvenirs dans notre pays. Le 10 mai 2008 est la date de sa mort ; il a été inhumé le 24 mai de la même année. Pour moi, c'est un grand événement et après avoir vécu si longtemps avec mon époux, je ne pouvais laisser passer une telle occasion. J'ai pu bénéficier de l'assistance de ma belle-famille et de certains journalistes qui sont de tout cœur avec moi. C'est important ! », a indiqué Jacquito Wapungu.
Cependant, la mobilisation n'a pas été à la hauteur des attentes pour une figure emblématique de la musique congolaise, comme ce fut le cas lors de ses funérailles. Victor Manda, le responsable de la famille de Rapha Bounzeki, s'attendait « à voir plus de personnes, mais la réalité congolaise est telle qu'on a souvent plus de considération après la mort de quelqu'un. » Selon lui, « il a manqué de communication. Nous ferons mieux la prochaine fois pour sensibiliser tout le monde ».
Pour sa part, Jacquito pense avoir abondamment communiqué sur cet événement. « À la radio tout comme à la télévision, j'ai fait passer des communiqués régulièrement après mon passage à l'émission Tam-tam sur Télé-Congo. Je constate que les musiciens ne se sont pas présentés en grand nombre ; je ne pouvais pas faire plus. Ceux qui sont venus, c'est parce qu'ils ont jugé l'événement intéressant et je leur dis merci », a-t-elle fait savoir.
Vêtue de raphia marron, d'une chemise blanche et d'une cravate multicolore, Jacquito Wapungu se voulait « la reine de la " Sapologie ". Il n'y a que la femme du roi qui peut, en de pareilles circonstances, porter du raphia, ou tout au moins la famille royale. Moi-même, je fais partie de la descendance royale dont mon grand-père fut Niamba Mampouya. Déjà de son vivant, mon mari ne voulait pas que je m'habille en pagne pour marquer une différence entre les femmes artistes et les femmes ménagères », a-t-elle indiqué.
On a pu entendre avec émerveillement les meilleures chansons du « sage » Rapha Bounzeki comme Parisien refoulé, Départ pour l'école, Moundélé fouani, etc. Rappelons que Rapha Bounzeki a toujours témoigné son attachement à « N'Zambia pungu », une culture très répandue dans la tribu Congo, au sud du pays.
C'est dans un style très particulier, un mélange harmonieux de Lari-Kongo et Lingala, qu'ont dansé les Congolais. Ne dit-on pas que les œuvres de l'esprit ne meurent point... Rapha Bounzeki en a donné la preuve en faisant danser le public à Massissia. N'est-ce pas une belle manière d'immortaliser son âme ?