Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Depuis quelque temps, il y a effervescence dans les milieux politiques de la diaspora congolaise , suscitée par l’annonce de l’élection présidentielle en juillet prochain. A observer toute cette agitation, on note une constante : l’opportunisme demeure la règle des politiques les plus en vue de la classe politique congolaise.
Nous avons tous à l’esprit les circonstances dans lesquelles s’organisèrent les forces dites de « changement » à l’occasion de la conférence nationale « souveraine ».Malgré quelques voix discordantes pour nuancer cette chanson entonnée par les opportunistes de tous bord pour « le départ de Sassou et on verra après »,les forces de changement y restèrent sourdes tant les appétits des uns et des autres pour supplanter Sassou prédominaient. La suite est connue. Le Congo est engagé sur une voie de garage d’autant que les questions essentielles ont été éludées.
Après l’échec de l’expérience démocratique des années 1990 et malgré les conséquences dramatiques tant déplorées, les hommes politiques du Congo S’obstinent à éluder les vraies discussions. Nul en effet n’est dupe pour croire que le changement au Congo serait possible avec Sassou au pouvoir. Mais faire du départ de Sassou le thème unique de l’action politique d’une opposition se voulant radicale laisse pantois.
Les récentes déclarations des dirigeants de cette opposition à Paris nous confirment ce que nous avons observé depuis la fin du régime Lissouba : aucun parti politique congolais n’a fait le bilan critique de toute cette parenthèse démocratique.
Quand nous écartons l’expérience du M22 qui a fait son « autocritique », nous nous rendons compte que cette pratique cruciale pour un véritable mouvement politique n’est pas la règle de nos partis politiques. Nous avons en effet construit des partis politiques sur des bases autres que politiques. Le manque de ligne politique claire, de programme, de projet de société, de formation militante … a fait que nous avons construit des partis sur des bases ethniques et régionalistes. Car pour la plupart des dirigeants opportunistes, construire de vrais partis politiques aurait été contre productif pour leurs intérêts mesquins. Ainsi avons-nous vu des dirigeants faire du parti une propriété privée !
Nous en sommes à nous demander, pourquoi l’UPADS, le MCDDI, le RDPS, pour ne citer que les plus représentatifs, n’ont jamais pu organiser de véritables assises pour un bilan de la période écoulée hors mis les mises en scènes des congrès folkloriques ? La question parait naïve et pourtant capitale pour ne plus retomber dans les mêmes travers. Même le triste PCT, après la débâcle de la conférence nationale s’est refusé à cet exercice !
Ceci dit, l’opposition radicale qui remet à demain la question essentielle du « quoi faire après Sassou » retombe dans l’erreur de l’avant conférence nationale à laquelle se sont confronté les forces du changement. Sans présumer de la bonne foi de certains dirigeants de cette opposition, nous sommes en droit de nous poser des questions sur leur refus catégorique à nous parler de leur projet après Sassou. Oui, bouter Sassou hors du pouvoir et détruire son système (car c’est depuis un système) est capital, mais nous ne pouvons éluder les questions essentielles de ce que nous voulons construire au Congo. Nous disons non aux responsables politiques qui s’en remettent à bras ouverts aux institutions financières internationales pour tout projet de société. C’est maintenant qu’il nous faut discuter du Congo de demain. Et l’émotion ne suffit plus. Construisons de véritables réseaux citoyens et militants pour une véritable résistance citoyenne. Car même cela se discute et s’organise.
VIVE LE COMBAT POUR UN CONGO LIBRE ET NOUVEAU !
par Raymond Demba