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Décès Omar Bongo: le Gabon suit la voie constitutionnelle dans le calme

© AFP Le président gabonais Omar Bongo à Dakar, le 14 mars 2008 © AFP/Archives Georges Gobet LIBREVILLE (AFP) - mardi 09 juin 2009 - 20h49 - Le Gabon a désigné mardi son chef de l'Etat par intérim, la présidente du Sénat Rose Francine Rogombé, qui prendra ses fonctions mercredi dans le strict respect de la voie constitutionnelle après le décès en Espagne du président . "Les fonctions de président de la République sont provisoirement exercées par le président du Sénat", a déclaré Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle, ajoutant que Mme Rogombé, 66 ans, devrait prêter serment mercredi pour entrer effectivement en fonction. La dépouille mortelle du doyen des chefs d'Etat africains en exercice, décédé à l'âge de 73 ans, sera rapatriée jeudi selon un officiel gabonais en Espagne, avant des obsèques qui devraient débuter vendredi pour quatre jours. Auparavant, à Libreville, le Conseil des ministres avait voté la saisine de la Cour constitutionnelle "pour constater la vacance du pouvoir". "L'important, c'est de respecter les institutions et la mémoire du président", a déclaré à l'AFP la ministre de la Communication, Laure Olga Gondjout, à l'issue de la réunion de ce conseil dont sont sorties plusieurs femmes ministres en pleurs. © AFP Portrait d'Omar Bongo © AFP/Infographie Mme Rogombé a désormais pour mission de conduire le pays jusqu'à l'organisation, dans les 45 jours au plus tard, d'un scrutin présidentiel auquel elle ne pourra participer. Investie de presque tous les pouvoirs du président élu, elle ne pourra ni organiser de référendum, ni dissoudre l'Assemblée. Juriste de formation et membre du Parti démocratique gabonais (PDG, fondé par M. Bongo), plusieurs fois secrétaire d'Etat dans des gouvernements de Léon Mebiame (1975-1990), elle avait été élue en février à la tête du Sénat pour six ans, devenant la première femme à diriger une institution parlementaire au Gabon. "Nous suivons strictement la voie constitutionnelle", a affirmé à l'AFP le ministre de l'Intérieur, André Mba Obame, "contrairement à toutes les supputations, à tous les projets machiavéliques qu'on prêtait aux uns et aux autres, et notamment au ministre de la Défense", Ali Ben Bongo, un des fils du président défunt, souvent présenté comme successeur possible de son père. "On suit la Constitution à marche forcée", a toutefois commenté à l'AFP une source proche de la présidence, "parce que le clan Bongo n'avait pas eu le temps de préparer autre chose". "Il y a un problème majeur: les listes électorales", a relevé cette source. "Organiser des élections démocratiques en 45 jours est impossible. Si on regroupait toutes les listes locales, on aurait 2 millions d'électeurs...", pour une population totale autour de 1,5 million. Cliquez sur l'imagette pour voir l'infographie animée Graphique interactif sur le président gabonais Omar Bongo Ondimba (GRAPHIQUE FLASH) © AFP iactiv Mme Rogombé tentera-t-elle malgré tout de tenir le délai? "C'est probable qu'il y ait un accord pour qu'on étende le délai d'organisation de l'élection présidentielle. Tout le monde est d'accord: le gouvernement, le clan Bongo, comme l'opposition", répond cette source. Un ancien éditorialiste du quotidien national L'Union soutient aussi qu'"il y aura une élection, car c'est le seul moyen de préserver ses biens pour le clan Bongo". "Mais quoi qu'il se passe, (elle) sera forcément contestée", estime-t-il. La situation était très calme à Libreville. La fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes, décidée lundi, a pris fin mardi. Mais des militaires avaient pris place à la télévision nationale. Et deux camions de gendarmes étaient postés sur le Boulevard Triomphal Omar Bongo Ondimba où se trouvent l'Assemblée nationale, le Sénat, ainsi que de nombreux ministères et ambassades. Les attroupements sur la voie publique sont interdits à Libreville depuis lundi, mais la succession du président est dans toutes les conversations. "Nous perdons un grand homme. Notre pays est en paix grâce à lui", estimait un passant. "Rien ne pouvait changer tant que (Bongo) était là. Il faut arrêter les passe-droits, les salaires fictifs aux +amis+, la corruption, la société à deux vitesses", soulignait pour sa part une jeune femme sous couvert de l'anonymat.
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