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Dans son nouveau rapport sur les biens mal acquis publié ce mercredi 24 juin, le CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) s'intéresse de près au président camerounais Paul Biya.
Deux ans après la publication de sa première étude, et les procédures judiciaires contre Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema qui en ont résulté, le Comité dresse un rapport actualisé sur les avoirs détournés par les chefs d'Etat africains et leur patrimoine français.
Dans cette nouvelle étude intitulée "Biens mal acquis, à qui profite le crime ?" (voir plus bas), l'ONG s'est penché sur le cas du Cameroun de Paul Biya, président depuis 1982. L'association "Transparecy International" juge le Cameroun comme étant l'un des pays les plus corrompus du monde. Le Comité s'interroge notamment sur les nombreuses acquisitions du président, notamment celle de la "Villa Isis" sur la Côte d'Azur, qui appartiendrait à son fils, Franck Biya. "En mai 1997, l'Evénement du jeudi estime la fortune du président camerounais et de sa famille approche les 70 millions d'euros", affirme le CCFD.
Le Comité rapporte également que le Cameroun a aidé financièrement l'Osti (ordre souverain du temple initiatique), une organisation ésotérique qui serait liée à la secte de l'Ordre du temple solaire. Le fondateur de l'Osti, Raymond Bernard, décédé en 2006, avait affirmé en 1998 que Paul Biya était président d'honneur du Circes (qui appartient à l'Osti). A ce titre, le président camerounais se serait montré "généreux", offrant "5,6 millions de francs français le 2 mars 1990, puis 11,2 millions de francs de 1992 à 1998, le tout via la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun".
Outre ces "cadeaux", le président Paul Biya aurait accordé à Raymond Bernard un prêt sans intérêt d'un montant de 40 millions de francs pour l'achat d'un appartement dans le XIVe arrondissement.