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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Les enjeux de l’heure

L’heure est grave, tellement grave que si nous ne prenons pas la mesure de ce qui se joue actuellement, il ne faudrait que nous en prendre à nous-mêmes et non à la fatalité ou à un quelconque Dieu qui n’aimerait pas l’homme noir en général et le Congolais en particulier, sur ce qui s’ensuivra pour très longtemps encore au Congo.

Ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas que sept ans de plus de Sassou Nguesso au pouvoir, si ce n’était que cela, croyez moi, les Congolais qui ont acquis par la force des choses la faiblesse de s’accommoder avec la gestion chaotique et inhumaine du pouvoir par le Clan Sassou et ses obligés, ont dû développer en eux une sorte d’anticorps les préservant de voir la monstruosité de la réalité de leur quotidien, résumé en une seule phrase : MABE NDE LIWA.

Oui, la gravité de ce qui se joue actuellement dans notre beau pays le Congo est au delà même de sept ans de plus de Sassou Nguesso, c’est à mon sens, la consécration et la perpétuation d’une culture politique dont la pratique de gouvernement est responsable aujourd’hui de la plus grande dilapidation des richesses nationales depuis l’indépendance.

Ce qui se joue aujourd’hui, c’est de décider si nous voulons ou non que l’organisation des institutions de l’Etat décidée depuis le cabinet d’un homme qui s’est imposé par la force des armes devienne la règle au Congo, et sert d’exemple ou d’appel d’air à des futurs aventuriers.

Ne nous voilons pas la face, depuis toujours Sassou envoie un message aux hommes politiques Congolais, actuels ou à venir : le pouvoir s’obtient et se garde par la force des armes. Cette conviction qu’il s’est faite et qu’il distille de façon subliminale aux Congolais tombera si nous lui barrons la route sans armes le 12 juillet.

Ce qui se joue c’est de faire sortir les Congolais de la torpeur et de la peur suscitées par les guerres répétitives car si nous échouons n’attendez plus de ceux-ci, en tout cas pas avant longtemps, une mobilisation conséquente car ils auront compris que la force armée l’emporte toujours au final.

Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la crédibilité même du politique, de l’homme politique, en tout cas de tout ceux qui viendront encore proclamer leur opposition à Sassou car à n’en point douter, ils prêcheront dans le désert car le peuple ne croirait plus à ceux qui n’ont jamais su comment faire tomber un dictateur en toute intelligence.

Ce qui se joue maintenant, ce n’est pas un « Tout sauf Sassou » bête mais plutôt le risque de la perpétuation d’un système et d’une culture politique par délà celui-ci constitués de la violence comme arme de dissuasion, de la corruption pour faire taire les talents, et de l’enrichissement illicite comme finalité de l’engagement politique.

Non, nous ne voulons certainement pas que la postérité, que les fils de nos
soeurs naissent dans un pays qui n’offre aucune perspective d’avenir, où le sens même du mot « talent » n’effleure aucun esprit et où seul le clientélisme politique rampant, a droit de cité.

Vous l’avez compris, empêcher Sassou de se maintenir au pouvoir est une question de vie ou de mort, j’insiste, de vie ou de mort, dans le sens ou la vie ça n’est pas simplement réaliser un cycle biologique, c’est à dire manger, se reproduire, puis mourir.

Vivre, c’est être libre d’aller et de venir sur toute l’étendue du territoire de son pays, c’est exprimer en toute liberté sa pensée, échanger ses idées et ses opinions, s’épanouir dans le domaine de la vie sociale où son talent excelle, et pouvoir se soigner aisément.

Non, cette vie là, celle digne d’un être humain, nous le savons tous, en un quart de siècle du régime du PCT et de ses obligés, le Congolais ne l’a jamais vécue, c’est à tout le moins un rêve pour lui.

Ce qui se joue aujourd’hui, c’est plus fort et plus important que mon ego, ma carrière, mon ambition personnelle, c’est le sort de tout un peuple, et de tous ceux qui naîtront dans un futur proche ou lointain dans le territoire de notre pays, et qui devront vivre les mêmes monstruosités qu’aujourd’hui, si jamais nous venons à échouer.

Les enjeux de la période trouble dans laquelle nous entrons sont immenses car ils ont des ramifications jusqu’à l’Elysée, touchant à la conception de sa politique africaine et de « l’homme noir qui n’est pas suffisamment entré dans l’histoire ».

Nous ne devons pas, et les leaders du Front de l’opposition doivent le savoir, échouer aujourd’hui car demain sera trop tard, le prix de l’échec sera lourd à payer : préparatifs d’une succession à la togolaise, privatisation de l’armée congolaise, exacerbation des tensions ethniques, exil de la jeunesse à l’étranger.

Non, le système incarné par Sassou issu de la culture politique générée par le PCT doit être défait par un sursaut populaire pacifique afin de prévenir et de dissuader les candidats futurs à la dictature militaire à l’exemple de Sassou.

Ce qui se joue enfin, c’est le sort des leaders de l’opposition et de tous ceux, appartenant à l’ancienne classe politique issue de l’idéologie politique du PCT, qui au cas où Sassou Nguesso se maintiendra au pouvoir (qu’il nous en soit préservé), auraient démontré leurs limites et leurs incapacités à répondre aux attentes du peuple Congolais.

Dans ce cas, ils n’auraient plus qu’à s’effacer humblement dans leur inefficacité politique pour laisser la place à des hommes neufs, patriotes, dotés d’une véritable intelligence d’organisation et d’une vision de la société nouvelle à construire qui conduiront une vraie et crédible opposition en restaurant l’espoir des Congolais.

Brice NZAMBA

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