"Tout est prêt" pour le second tour de l'élection présidentielle de dimanche en Guinée-Bissau, a déclaré samedi à la presse le président de la Commission nationale électorale (CNE), Desejado Lima Da Costa, cinq mois après l'assassinat du président Joao Bernardo Vieira.
"Tout est prêt. Toutes les régions ont reçu le matériel complet pour le vote, les bulletins de vote, l'encre, les isoloirs etc...", a déclaré M. Da Costa.
"Nous avons beaucoup travaillé en renforçant la campagne d'éducation civique pour diminuer le taux d'abstention", a-t-il ajouté.
La participation au premier tour organisé le 28 juin était tombée à 60%, le plus bas taux jamais enregistré en Guinée-Bissau. Il a beaucoup baissé par rapport aux 82% des législatives de décembre et aux 79% de la dernière présidentielle de 2005.
Pour augmenter la participation, notamment dans les îles où des contraintes liées aux transport et aux activités agricoles se posent pour le vote, la CNE a autorisé leurs 70.000 électeurs (pour près de 600.000 électeurs au total dans ce pays essentiellement rural) à voter dans le bureau de leur choix.
"La vérification se fera après le vote pour voir si les électeurs ont voté conformément à leur lieu d'inscription", a dit M. Da Costa.
Selon des observateurs, cette nouvelle disposition risque d'entraîner un vote multiple et de favoriser la contestation électorale dans ce pays aux périodes post-électorales traditionnellement troublées.
Les quelque 4.900 militaires, policiers et gendarmes devant assurer la sécurité ont voté vendredi, selon la CNE.
Le chef de la Mission des observateurs de l'Union européenne, Johan Van Hecke, a également assuré que "sur le plan et technique et logistique", la Guinée-Bissau est "prête" pour l'élection de dimanche.
"Nous n'avons encore enregistré aucune plainte", a-t-il indiqué.
Ce scrutin anticipé est organisé cinq mois après l'assassinat du président Vieira, quelques heures après celui du chef d'Etat-major de l'armée, le général Batista Tagmé Na Waïe, dans un attentat à la bombe à Bissau.
La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest, est un des pays parmi les plus pauvres au monde.