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KANO (AFP) - Une quarantaine de personnes ont été tuées dimanche dans le nord du Nigeria lors d'affrontements entre forces de l'ordre et membres d'une secte islamiste radicale pro-taliban, selon des sources policière et hospitalière.
Ces heurts ont éclaté dans la matinée quand la police de la ville de Bauchi, capitale de l'Etat éponyme, a déjoué une attaque prévue par la secte "Taliban" contre un poste de police, a indiqué une source policière.
"Trente-neuf personnes ont été tuées (...) dont un soldat, tandis que deux policiers et 16 membres (de la secte) Taliban ont été blessés", a déclaré à l'AFP Mohammed Barau, porte-parole de la police de la ville de Bauchi, où ont eu lieu les combats.
"Nous avons procédé à 176 arrestations", a ajouté M. Barau, joint par téléphone.
La police avait fait état dans la matinée de 5 morts parmi les membres de la secte apparue au Nigeria en 2004 et qui se réclame des taliban d'Afghanistan.
Un infirmier au Bauchi Specialist Hospital a indiqué à l'AFP que 42 dépouilles, essentiellement des membres de cette secte, ont été apportées à l'hôpital dimanche.
"Nous avons reçu au total 42 corps. Dans un premier temps, nous en avions reçu neuf puis 33 autres quelques heures plus tard", a indiqué cet infirmier, Awwal Isa, également joint par téléphone.
Selon le porte-parole de la police, environ 35 membres de la secte Taliban s'apprêtaient à prendre d'assaut dimanche matin le poste de police de Dutsen Tenshin, dans les environs de Bauchi.
"Nos hommes ont réussi à repousser cette attaque des Taliban et ont tué cinq membres du groupe lors d'échanges de tirs", a-t-il déclaré.
Selon des journalistes locaux, la police et l'armée ont lancé une offensive contre une mosquée des Taliban à Dutsen Tenshin et contre un de leurs repaires en périphérie de Bauchi, à Fadamar-Mada.
En réaction à ces violences, le gouverneur de l'Etat de Bauchi, Isa Yuguda, a décrété le couvre-feu dans la ville de 21H00 à 6H00 du matin, dès dimanche soir.
La mesure sera maintenue "aussi longtemps qu'il le faudra pour rétablir une paix durable dans cette ville", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Les "Taliban", un groupe composé essentiellement d'étudiants ayant abandonné leurs études, ont établi leur base dans le village de Kanamma, dans l'Etat de Yobe (nord-est), à la frontière avec le Niger.
Lors de sa création en janvier 2004, le mouvement comptait environ 200 jeunes musulmans extrémistes, dont des femmes.
A l'instar de l'ancien régime taliban en Afghanistan, les "Taliban" du Nigeria veulent instaurer un Etat "islamique pur" dans le nord du pays.
Dans un entretien avec l'AFP en 2005, l'un des dirigeants de la secte, Aminu Tashen-Ilimi, avait indiqué que le groupe entendait mener une insurrection armée et nettoyer la société de l'"immoralité" et de l'"infidélité".
Depuis 2004, des heurts avec les forces de l'ordre ont éclaté de manière sporadique dans différents Etats septentrionaux du Nigeria.
Le bilan des violences dimanche est le plus lourd que la secte ait enregistré.
Le Nigeria est le pays le plus peuplé d'Afrique avec environ 140 millions d'habitants. Sa moitié nord est essentiellement musulmane tandis que le sud est majoritairement chrétien.