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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Question de logique.

L’élection présidentielle est un moment crucial dans la vie politique d’un pays. Un mandat s’achève et c’est l’heure du bilan pour le président sortant qui doit défendre son action. Pour les autres candidats qui eux aussi sollicitent les suffrages du peuple, c’est l’occasion de présenter leur vision pour le pays car le corps électoral est convoqué pour élire le futur président de la République.

Dans des conditions idéales d’une compétition saine et équitable, les différents candidats à la fonction présidentielle s’affronteraient essentiellement sur le terrain des idées. Ils sillonneraient aussi en toute sécurité et liberté le territoire national pour faire connaître et défendre leurs programmes bref, pour vendre leurs rêves. Toutefois, si le président sortant se représentait, il devrait défendre son bilan face aux autres prétendants et chercher à convaincre ou même à justifier du bien fondé de sa nouvelle candidature. Les autres candidats aussi présenteraient chacun leur projet de société et relèveraient les différences s’il en existe, question de mettre en valeur leur vision. Très souvent pendant cette période, les différents candidats tentent de miner la crédibilité des autres pour séduire l’électorat afin de se faire élire. Mais au final, le souverain primaire après un travail de comparaison de programmes et d’écoute de tous les candidats retiendrait celui qui est proche de ses aspirations.

Cette confrontation se ferait en principe de façon loyale, ces candidats véhiculeraient leurs idées de diverses façons; à travers tout moyen publicitaire légal, par l’organisation des meetings qui sont des moments de contact direct avec l’électorat, et l’accès équitable aux médias devrait être garanti à tous les candidats pendant cette période. En dehors des médias traditionnels, l’internet est devenu un des outils de communication le plus efficace pour atteindre une bonne partie de l’électorat pendant les campagnes électorales dans les pays développés. Un exemple pour illustrer cela, face à des forts taux d’abstention connus lors des scrutins présidentiels précédents aux États Unis, l’équipe de campagne d’Obama avait identifié les 18-35 ans comme étant la frange d’électeurs à l’origine de ce phénomène mais aussi qui utilisaient beaucoup les nouvelles technologies de communication. Cette équipe de campagne avait alors trouvé des thèmes mobilisateurs et mis sur pieds des stratégies innovatrices pour les atteindre afin de gagner cet électorat, et cela fit toute la différence.

Malgré les avantages qu’offre ce moyen de communication dans les pays développés de nos jours, il ne joue pas encore le même rôle dans notre pays le Congo compte tenu des problèmes de connexion et de son coût onéreux pour l’heure, puisque son accès est limité à un grand nombre des compatriotes.

L’organisation des débats radio télévisés opposant les candidats serait une bonne occasion pour l’opinion nationale de s’informer sur la teneur de leurs messages. Et cela permettrait aussi aux différents candidats de se faire connaître par leurs prestations car, la pertinence de leurs idées permettrait au peuple de faire le choix de la personnalité la plus apte à exercer le «job top one» du pays. Dans cette perspective, le peuple pourrait en toute responsabilité choisir celui qui est proche de ses aspirations, puisqu’il aurait eu l’occasion d’apprécier les qualités de chacun des candidats. On n’élirait donc pas un candidat par la taille de sa fortune ou parce qu’il serait soudainement devenu un généreux donateur en période de campagne électoral, mais, plutôt par la pertinence de ses propositions et la force de ses idées. Cette formalité me parait très importante car elle façonnerait la conscience politique de l’électeur qui est appelé à décider en toute conscience et responsabilité du bulletin à mettre dans l’urne le jour du vote. De cette manière, on cesserait de marchander le vote contre des simples gadgets ou de l’argent, mais plutôt, contre l’assurance d’avoir un bon serviteur à la tête de l’État pour bien l’administrer pendant 7 ans. 7 ans c’est beaucoup, c’est presque 2 mandats aux États-Unis d’Amérique, c’est d’ailleurs l’objet de notre prochaine publication.

Les électeurs devraient voter pour un candidat sur la base de ses promesses à transformer positivement leur quotidien et à garantir un avenir meilleur. Toutefois, des promesses démagogiques pendant cette période ne sont pas rares et on ne pourrait les dénoncer que si les chances sont égales pour tous les candidats.

Quelqu’un me disait il y a quelques années alors que j’étais encore un commis de l’État dans la territoriale que les besoins de la population congolaise étaient connus et se résumaient en: L’hôpital, l’école, la route, le logement, l’eau et l’électricité. Avec le recul du temps, et même dans le contexte actuel, je partage presque entièrement ce point de vue qui du reste est d’actualité tant les priorités n’ont pas encore changé.

Les Congolais ont certes voté le 12 juillet 2009 mais, ont-ils eu la chance de questionner et d’écouter tous les candidats sur leur quotidien? Pour ceux des candidats qui ont pu parler au peuple, puisqu’il est de notoriété publique que certains avaient été empêchés de battre campagne dans certaines localités du pays, avaient-ils répondu sans démagogie aux questions relatives à leurs besoins vitaux? Même après l’élection, connaissent-ils les vraies priorités du peuple congolais?

On n’est en droit de se demander en toute objectivité, de quoi était faite la campagne de ces personnalités? Avaient-elles souhaité réellement d’aborder les problèmes du pays? Je n’en doute pas mais, des questions comme celle relative à la dette du pays, l’éducation, l’éthique en politique, l’identité du Congolais n’ont pas eu un intérêt chez ces candidats qui ont passé le plus de leur temps à distribuer des gadgets, à abreuver l’assistance de musique et de danse étrangères et à faire les mêmes promesses au lieu d’aborder les vrais problèmes qui empêchent l’amélioration des conditions de vie des congolais et qui freinent le développement harmonieux du pays.

Nous convenons tous que la mentalité du Congolais est à soigner et l’image à restaurer, sans quoi, il serait utopique de penser le remettre au travail; or c’est bien le travail qui a transformé les pays à travers l’histoire. Toujours au sujet de la mentalité, l’homme politique est entièrement responsable de la déliquescence des meurs, que préconise t-il comme thérapeutique? Parlant de cette colossale dette du Congo, aucun candidat n’a pris le temps d’en esquisser quelques schémas de sortie, puisqu’ils ont tous volontairement évité d’évoquer la question, mais pourtant ils ont longuement parler d’investissements et aussi de crise internationale comme pour préparer les populations à accepter leurs promesses démagogiques.

Je me demande aussi, quel système éducatif convient au pays en ce 21eme siècle comme nous en avons maintenant un des moins performant du continent? Le grave problème éthique qui tue notre société? Et enfin, la place de notre culture. Ce sont là à mon avis les thèmes qui devaient mobiliser les Congolais, mais…

Beaucoup d’insuffisances de l’avis général dans le déroulement de la campagne présidentielle de juillet 2009, où les pouvoirs publics ont participé au jeu politique en faisant obstruction à la campagne de certains candidats. Le manque d’objectivité dans le traitement de l’information et d’équité dans l’accès à tous dans l’espace audio visuel public.

Si les pouvoirs publics et la classe politique ne s’engagent pas à résoudre la querelle autour de la maîtrise du corps électoral, cette question pourrait hanter les consultations électorales futures. Pour cela, il serait judicieux d’organiser un recensement administratif consensuel: Pouvoirs publics, Opposition et Société Civile au moins un an avant l’échéance électorale si nous tenons à la crédibilité des scrutins avenir et de nos institutions comme en 1992. Pour cela, la volonté politique est nécessaire dans le contexte actuel pour ramener un climat de confiance après les divisions nées du scrutin de juillet 2009 et le Congo a bien les ressources. Le Congo a donc besoin des institutions crédibles afin de le transformer en un pays moderne.

A lire sur le blog de Romuald Pinda

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