Espace d'échange de la diaspora congolaise.
NAIROBI (AFP) - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton est arrivée mardi au Kenya, première étape d'une tournée de 11 jours en Afrique, la première, d'abord consacrée au renforcement des liens économiques avec le continent et à la stabilisation de la Somalie.
Clinton est arrivée vers 18H30 (15H30 GMT) à l'aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi et débutera ses entretiens mercredi dans la patrie du père du président Barack Obama, a constaté un journaliste de l'AFP.
Sa tournée, la plus longue depuis sa prise de fonction, vise notamment à démontrer au continent noir l'implication des Etats-Unis après la polarisation de la nouvelle administration sur d'autres régions du globe.
Clinton s'emploiera à resserrer les liens avec trois puissances du continent - Kenya, Nigeria et Afrique du Sud - et à apporter son soutien à trois pays marqués par des conflits récents - Angola, République démocratique du Congo et Liberia- pour achever sa tournée par une visite au Cap-Vert.
Mercredi matin, Clinton s'exprimera à Nairobi devant un forum d'une quarantaine de pays africains aux relations commerciales préférentielles avec les Etats-Unis, en échange de leur engagement à des élections libres et au libre-échange.
Elle pourrait y faire face à l'inquiétude de dirigeants africains devant les intentions prêtées au président Obama d'étendre ces avantages, instaurés en 2000 par le programme américain sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa), à d'autres pays pauvres comme le Bangladesh et le Cambodge qu'ils considèrent comme des concurrents sur le marché du textile.
La secrétaire d'Etat mettra également à profit ce séjour pour rencontrer le président somalien élu en janvier Sharif Cheikh Ahmed, acculé dans la capitale somalienne par une offensive des insurgés islamistes lancée début mai.
Les Etats-Unis et leurs alliés ont à plusieurs reprises pointé du doigt l'Erythrée, accusée de soutenir ces insurgés encouragés publiquement par de hauts responsables d'Al-Qaïda.
"Il existe une très étroite fenêtre (temporelle) qui peut encore permettre à l'Erythrée de prouver par des gestes" qu'elle veut améliorer ses relations avec les Etats-Unis, a récemment lancé Susan Rice, l'ambassadrice américaine à l'ONU, devant la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants à Washington.
Le secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires africaines Johnnie Carson, qui accompagne Clinton dans sa tournée, a assuré que l'administration Obama était prête à soutenir plus vigoureusement le gouvernement de transition somalien.
La tournée de Clinton intervient trois semaines après l'appel à Accra du président Obama invitant l'Afrique à se prendre en main en combattant les pratiques antidémocratiques, les conflits et la maladie.
Un sondage Gallup publié lundi indique que 87% des adultes interrogés dans sept pays d'Afrique subsaharienne approuvent les dirigeants américains, soit une hausse de sept points depuis l'élection aux Etats-Unis d'un premier président noir.
Ce pourcentage culmine à 93% au Kenya, où la venue de Clinton ne devrait toutefois pas se résumer à une simple visite de courtoisie.
Mardi après-midi, l'ambassade des Etats-Unis au Kenya a vertement critiqué dans un communiqué l'échec de Nairobi à créer un tribunal spécial indépendant pour juger les principaux responsables des violences post-électorales de 2008.
"Nous avons plus besoin de leçons sur la manière de commercer avec le reste du monde que sur celle de nous gouverner", a publiquement rétorqué le Premier ministre du gouvernement de coalition Raila Odinga.