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NIAMEY (AFP) - vendredi 07 août 2009 - 0h27 - Le président nigérien Mamadou Tandja a commencé jeudi à remercier les électeurs pour leur "confiance renouvelée", sans attendre les résultats officiels du référendum controversé devant lui permettre de briguer un nouveau mandat.
"Pour votre confiance renouvelée, à tous, MERCI", affirmait sur des affiches géantes placardées dans Niamey un message signé "Son excellence Mamadou Tandja, président de la République du Niger", a constaté l'AFP.
Les résultats provisoires partiels annoncés au compte goutte par la commission électorale (Céni) offrent sans surprise une large victoire du "oui" au référendum dénoncé comme un "coup d'Etat" par l'opposition et critiqué par une grande partie de la communauté internationale.
Selon la Céni, le taux de participation à Niamey a oscillé entre 31 et 55%, suivant les circonscriptions. Comme dans le reste du pays, le "oui" l'a emporté avec une majorité écrasante, avec un taux allant de 87,57% à 97,92% dans les cinq communes de la capitale.
Le président de la Céni Moumouni Hamidou a indiqué jeudi soir que les résultats de l'ensemble des quelque 19.000 bureaux de vote dans les 265 communes du pays avaient désormais été annoncés et que le résultat pour l'ensemble du pays le serait vendredi en fin de matinée.
"Je vous invite demain (vendredi) à 11H00 au siège de la Céni pour la proclamation solennelle de l'ensemble des résultats globaux", a-t-il déclaré à la télévision d'Etat.
Selon les partis d'opposition et les centrales syndicales réunies au sein de la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR), qui avait appelé à boycotter le scrutin, celui-ci a enregistré "moins de 5% de taux de participation".
Il est donc rejeté "par le peuple souverain et est nul et de nul effet", affirme cette coalition dans une déclaration diffusée jeudi soir sur des radios privées.
Hamidou avait indiqué mercredi que le taux de participation se situait entre "40% et 90%". La mobilisation, généralement faible en ville, semble avoir été compensée par un vote massif dans les zones rurales, où vivent environ 80% des Nigériens.
Le référendum portait sur l'adoption d'une nouvelle Constitution devant permettre à M. Tandja - qui devait se retirer en décembre au terme d'un second quinquennat consécutif - de rester en fonction encore trois ans. Il pourra ensuite se représenter autant de fois qu'il le veut, selon le nouveau texte.
La communauté internationale a fait part de ses inquiétudes et tenté, en vain, de dissuader M. Tandja d'organiser ce référendum. La France, ancienne puissance coloniale du Niger, a dénoncé les "atteintes répétées à la démocratie" et Bruxelles a menacé d'interrompre les aides financières.
De nombreux observateurs estiment que M. Tandja, 71 ans, a "raté sa sortie", après dix ans de stabilité à la tête de ce pays sahélien de près de 15 millions d'habitants, troisième producteur mondial d'uranium, et un redressement économique dont il peut se flatter.
Après avoir dissous le parlement en mai puis en juin la Cour constitutionnelle qui jugeait ce référendum illégal, il gouverne seul par décrets et ordonnances grâce aux "pouvoirs exceptionnels" qu'il s'est arrogés.
Les résultats finaux du référendum de mardi devront être validés par la Cour constitutionnelle.