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Niger: un militant remis en liberté mardi de nouveau incarcéré

NIAMEY (AFP) - Le militant nigérien de la cause démocratique, Marou Amadou, qui avait été remis en liberté par une décision de justice mardi, a été réincarcéré dans une prison de haute sécurité à l'ouest de Niamey, a-t-on appris auprès de l'ONG qu'il dirige.

"Marou a été incarcéré à la prison de haute sécurité de Koutoukalé", selon un communiqué du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques (Fusad).

Le Fusad précise que la nouvelle incarcération est intervenue "peu après son enlèvement par des hommes armés" au moment où il devait quitter la prison de Niamey.

Un juge avait remis en liberté M. Amadou, interpellé lundi après avoir appelé à la mobilisation face à la récente rallonge très controversée du mandat du président Mamadou Tandja.

"Nous étions dans l'attente de sa levée d'écrou. Deux véhicules remplis d'hommes en armes ont alors fait irruption dans la prison civile, ont pris M. Marou Amadou et l'ont jeté à l'arrière d'une Toyota", a déclaré à la presse son avocat Marc Lebihan.

"Ni ses avocats, ni sa famille ni même la justice n'avaient été avertis", a-t-il poursuivi, disant "craindre fortement pour la vie" de son client.

Auparavant, Ali Idrissa, un membre du Fusad, avait indiqué à l'AFP que M. Amadou avait été "enlevé par des éléments de la garde républicaine à bord de deux véhicules 4x4 à la prison civile de Niamey, où il était en train de remplir les formalités pour sa sortie de prison".

"Nous avons pris les véhicules en chasse, ils nous ont semés sur la route de Tillabéri, à l'ouest de Niamey. Nous en concluons que les autorités n'ont pas voulu respecter la décision de justice", avait-il affirmé.

Une nouvelle Constitution a été adoptée le 4 août par voie de référendum, permettant au chef de l'Etat de rester au pouvoir jusqu'en 2012 au lieu de se retirer en décembre comme initialement prévu.

Opposé à cette consultation et à la nouvelle Constitution, M. Amadou qui avait également appelé les forces de l'ordre à la désobéissance, avait été accusé d'"atteinte à la sûreté de l'Etat".

Le résultat du référendum, annoncé vendredi par la Commission électorale, doit encore être validé par la Cour constitutionnelle.

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