Espace d'échange de la diaspora congolaise.

Congoinfos.com : Bonjour Monsieur KIMBATSA !
Wallys Kimbatsa (WK) : Bonjour Monsieur Geoffray
Congoinfos.com : Nous vous remercions de votre précieux temps que vous aviez bien voulu accorder à notre équipe pour faire ensemble le point sur la situation politique au Congo Brazzaville et notamment sur la prestation de servent du Président Denis Sassou Nguesso demain 14 aout 2009. Nous rappelons à tous nos lecteurs que Monsieur Wallys Kimbatsa qui est notre invité de ce soir est un militant de l’Updas de la première heure.
Il est titulaire d’un DESS de psychologie du travail et a suivi comme auditeur libre les cours de science, administration et politique publique, gouvernements comparés à l’École doctorale de sciences humaines et sociales à la Faculté de Droit et Science politique de l’Université Lumière-Lyon 2. Pourquoi vous êtes vous lancés en politique si jeune ?
WK : Les raisons pour lesquelles des hommes ou des femmes se lancent dans la politique sont diverses et variées. Beaucoup admettent le faire pour se rendre utile ou pour l'implication partisane que cela représente. Pour d'autres, il s'agit d'une opportunité ou simplement du hasard. Pour moi c’est d’abord un devoir citoyen de vouloir servir mon pays, lui rendre ce qu’il a su me donner un temps de mon histoire personnelle. J’ai également eu cette chance de rencontrer un homme, un vrai homme d’état qui avait non seulement une vision mais aussi un cœur, un homme politique qui est respectueux d’un certain nombre de valeurs dont je partage l’essentiel. Incompris pour certains, malhonnêtement renié par jalousie, par haine ou par bêtise humaine cet homme c’est le professeur Pascal Lissouba président fondateur de l’Upads, le plus grand parti politique du Congo de l’air démocratique que quelques charognards veulent émietter afin d’assurer leur propre survie politique.
Congoinfos.com : Le 12 juillet les congolaises et les congolais se sont rendus massivement aux urnes (dans les campagnes) disent certains, peu disent d’autres, néanmoins un président a été réélu : Monsieur Denis Sassou Nguesso au Congo. Monsieur Kimbatsa quelle votre réaction suite à la réélection du président sortant, à 78,61% selon le résultat officiel ?
WK : Ce n’est pas 78,61%, c’est 99,61 %. C’est une fausse unanimité, une unanimité magique. C’est dans la logique d’une dictature. C’est la signature de l’illégalité d’une dictature aux abois. Denis Sassou Nguesso est le seul Président du Congo qui ne gagne les élections que lorsqu’il les organise seul et sans partage. 1979, 1984, 1989, 2002 et 2009. Lorsqu’il décide qu’il doit l’emporter avant le premier tour, il le fait 1984 et 1989, s’il décide que c’est au second tour mais en allant seul aux urnes, il l’a fait en 2002 et en fin quand Sassou annonce à sa cour de Mpila que cette fois c’est dès le premier tour, les valets locaux et tribaux le font à la gloire de son demandeur. Vous me demandez quelle est ma réaction ? Mais c’est celle que vous connaissez. Tous les congolais à l’exception des oiseaux de la basse cour sont pour le départ du cobra royal, je suis avec eux.
Congoinfos.com : Avez-vous été surpris par les résultats ?
WK : En réalité les congolais ne reconnaissent pas ces résultats pour qu’ils soient commentés.
Pour la forme, avant l’annonce, j’avais un petit espoir que les conseillers de M Sassou parviendraient à le convaincre que 51 % serait un score plus honorable pour lui, que le vernis démocratique serait sauf. Mais il est dans une logique de dictateur. Il pense que tout tourne autour de sa personne.
Congoinfos.com : Selon les chiffres officiels, il n’y a que 21,39 % Congolais qui ont voté non à M Sassou Nguesso. L’opposition se réduit-elle à ce pourcentage ?
WK : Nous ne sommes plus dans le domaine de la politique mais dans celui du pathos. Nous sommes dans la folie, dans le pathologique. Il est impossible de savoir ce qui se passe dans la tête d’un dictateur. Il faut être fou pour croire que 99,61 % ou 78,61 % des gens comme ils le prétendent vous aiment. Dans la logique de la dictature, il ne peut exister d’opposition au Bien absolu. C’est de la folie.
Congoinfos.com : Quel est l’avenir de l’opposition au Congo ?
WK : L’opposition a subi une répression féroce depuis le coup d'état de M Sassou en 1997. Mais, elle est toujours là malgré son inexpérience. La société civile est plus présente que jamais. L’avenir nous appartient et la liberté est proche. Le régime est aux abois, coupé des réalités.
Congoinfos.com : Pourquoi la communauté internationale observe-t-elle un silence aussi assourdissant ?
WK : L’Occident notamment la France en particulier se réfugie dans le silence car M Sassou est un homme qui sert ses intérêts. La France pense qu’un tel régime est utile alors que le régime de Brazzaville est un régime autoritaire et corrompu. Cette logique est fausse, erronée.
Congoinfos.com : En démocratie, on présente un projet et on débat projet contre projet, que vous inspire le « chemin d’avenir » de M Sassou ?
WK : Le projet politique est un concept de pays démocratique. C’est un programme qui a pour objectif de créer quelque chose d’innovant. Où voyez-vous de telles choses dans notre pays figé dans la stagnation de la répression et la répétition névrotique du même scénario : Tout pour M Sassou Nguesso et sa famille Rien pour le peuple congolais. Et ce, depuis bientôt ¼ de siècle (25 ans). Non. Il n’y aura pas un chemin d’avenir avec M Sassou Nguesso mais la continuation de la descente aux enfers. J’avais apprécié l’analyse de Joseph Bafoua Nsony qui pense que l’avenir c’est Christel Denis Sassou Nguesso et le chemin c’est celui que le père trace. Ce torchon aurait du s’appeler « le chemin de Christel Denis futur Président du Congo ».
Congoinfos.com : Quel jugement portez-vous sur l’année politique 2009 ?
WK : 2009 est encore une année perdue pour tout le monde. J’avais espéré avec l’espoir que suscitait la candidature de M Poungui « C’est le moment », que ce serait l’année d’une refonte de l’opposition et de sa radicalisation dans le combat contre la dictature. C’est le contraire qui a encore eu lieu. Quant au retour au Congo de certains prétendus opposants à M Sassou pour faire bouger les choses, cela a été un ratage complet, non seulement à cause de la persécution du pouvoir et des moyens utilisés mais à cause du manque des convictions de ces derniers et du silence étrange du peuple. Au contraire de ce que je prône, on a vu se multiplier les appels du pied au pouvoir, les signes de reddition à peine déguisée, les marques de soumission que le dictateur a bien entendu parfois ignoré avec un mépris bien mérité pour ces mendiants obséquieux de la politique qui sont les pions, les cavaliers, les tours ou les fous d’une partie d’échecs au Congo qui se jouera tant qu’un hasard ne renversera pas le damier.
Congoinfos.com : Mais n’est- ce- pas là le signe le plus patent de l’échec de l’opposition, dont vous faites partie que vous l’admettiez ou non ?
WK : Le plus important n’est pas le délabrement accru de l’opposition, même pas le délabrement de l’Etat mais celui du pays. Le retour massif de la répression, les arrestations tous azimuts des opposants (Songuissa Moulangou, Mbaou Ferdinand etc...), la torture comme aux plus beaux jours du sinistre Ceausescu, l’inexistence du pouvoir d’achat des citoyens, l’incommensurable hémorragie des ressources du pays toujours cannibalisées par la famille de M Sassou et ses acolytes, la désespérance généralisée... à tel point qu’une vieille dame s’est "évanouie" à Brazzaville à cause de ses légumes le mardi 22 juillet 2009. C'est terrible! J’aimerais beaucoup savoir quel est le taux de suicides cette année au Congo.
Congoinfos.com : A qui faites vous porter la responsabilité d’une telle situation, et quelle est votre propre part dans ce gâchis ?
WK : Aucun congolais ne peut se dire ce n’est pas moi monsieur, nous sommes tous responsables de cette déchéance du Congo. Il y a essentiellement la responsabilité du dictateur et ses acolytes. Il y a celle des hommes intègres au sein du système et qui ne bougent toujours pas. Il y a la lourde part d’une opposition unique au monde puisque elle est la seule à ne pas oser dire qu’elle veut le pouvoir mais qu’elle veut simplement pousser, avec la plus grande délicatesse , un dictateur à installer la démocratie. C’est kafkaïen ! Et, cela démontre que nous avons au Congo, l’opposition la plus bête du monde.
Il y a aussi, ne craignons pas de le dire, la responsabilité d’une société qui n’est toujours pas décidée à se battre pour sa liberté et sa dignité. Encore elle ! On peut lui reconnaître des circonstances atténuantes car elle n’a pas pour la mobiliser contre le dictateur, un homme qui les a bien suspendues c.-à-d. un véritable opposant doté d’un charisme irrécusable, d’un courage et d’une scélératesse politique.
Tout cela fait de nous un pays sans dignité et peut être sans avenir. Le seul avenir que le pouvoir nous impose et que les congolais méritent assurément parce que nous l’acceptons tous sans rechigner, c’est le chemin du purgatoire, car le problème voyez vous c’est quel Congo laisserons nous aux générations futures ? C’est une question principielle que peu de Congolais se posent.
Quand je pense à l’incroyable délabrement de notre système de santé, pour preuve apodictique, notre sœur Edith Sassou Nguesso est décédée hors du Congo au Maroc par manque de structures sanitaires fiables au Congo. Et, M Sassou Nguesso lui-même, ne sait toujours pas à ce jour, dans quel hôpital et de quel pays étranger, il ira mourir un jour puisqu’au Congo, il n’y a aucune structure adéquate de fin de vie pour un homme de sa stature. Le délabrement de notre système éducatif , de notre système judiciaire, de l’impact de la corruption, quand je pense à la crise du courant au Congo, au doublement prévisible d’ici dix ans du prix des matières premières dont le riz, le blé à cause de la demande accrue de la Chine et de l’Inde , j’en ai vraiment froid dans le dos de voir à la tête de mon pays le Congo, des hypothétiques hommes politiques qui n’ont pour compétence que leur incompétence.
Oui nous risquons de passer dans notre histoire (50 ans d’indépendance du Congo dont la moitié 25ans) c.-à-d. ¼ de siècle et bientôt plus sous le règne de M Sassou Nguesso pour la génération qui a préparé le naufrage du Congo avec lui, tout cela à cause d’une peur irrationnelle devant un régime qui vit lui-même dans la peur. Aucun parti politique au Congo, n’ose empêcher M Sassou de s’emballer à célébrer son putsch électoral en lui coupant les jarrets… Aucun parti politique ... Peut-être que les partis politiques et les soi disant hommes politiques au Congo, ne savent pas qu’un pouvoir impunément bravé touche à sa ruine. Ma responsabilité à moi, oui elle existe en tant que congolais mais pas en tant que politique car je n’ai jamais occupé un poste ministériel quelconque. Mais. Je ne veux ni m’accabler ni me dédouaner. J’ai dit les vérités que personne ne voulait entendre, M Poungui pour exemple, s’il m’avait écouté, l’Upads ne serait jamais exclu des élections présidentielles au Congo. J’ai proposé un agenda de sortie de crise mais, je ne vois point de rassemblement jusqu’à aujourd’hui des forces nécessaires pour en finir avec le système. Silence ! Dans les rangs de M Sassou semble dire le silence de la prétendue opposition congolaise. Néanmoins j’apprends de mes erreurs d’avoir considéré certaines personnes comme des véritables hommes politiques congolais mais, je suis décidé plus que jamais à continuer le combat. Les difficultés détruisent les faibles mais renforcent les déterminés et j’en suis.
Congoinfos.com : Oui, mais quelle peut être la suite politique d’un combat qui semble s’enliser de plus en plus dans une sorte d’impuissance généralisée faite de l’incapacité du pouvoir à se réformer, l’incapacité de l’opposition à s’unir réellement et à imposer les réformes, et à obtenir le départ de M Sassou Nguesso et, l’incapacité de la société à bouger pour mettre fin au pillage de ses ressources et à la confiscation de ses droits.
WK : J’ai toujours dit qu’il y a deux façons de faire de la politique et donc deux types de stratégies et d’acteurs. La première consiste à se mouler dans les rapports de force existants, à essayer de réaliser quelques petits bénéfices pour soi, son parti ou sa communauté au sein même du système. On y arrive à force de compromis, voire de compromissions. Le maître d’œuvre est ici le politicien. Vous en avez au Congo de très beaux spécimens.
La seconde est celle qui part du principe que tout rapport de force peut s’inverser, que ce sont les grands objectifs qui doivent nous guider, qu’il faut abattre les systèmes iniques ou non fonctionnels. On y arrive par la lutte sans merci et tous les sacrifices. Le maître d’œuvre ici est l’homme politique. Mes deux modèles sont Gandhi et Mandela. Le premier, du haut des ses 160 cm et de son pagne de mendiant famélique a donné l’ordre à l’empire Britannique
« Quit India » et l’empire a quitté. Mandela n’a rien voulu de moins que la fin de l’Apartheid et il l’a obtenu.
Ces hommes se sont élevés à la stature que leur commandait l’histoire. Ils ont incarné l’avenir et l’ont préparé en acceptant tous les sacrifices. Quand je vois nos politiciens vouloir lutter pépère en gardant leur passeport de refugié politique pour les uns et les autres, leur travail, leur liberté surveillée ; quand je vois les gens qui se passent pour être des responsables de l’opposition dire que face à un dictateur en fin de course, complètement nu, qui a détruit le pays avec constance, qui l’a gouverné avec les techniques de la police et de la pègre, qui a été le dirigeant le plus indigne de sa charge que le pays ait jamais eu ….donc qu’exiger le départ d’un tel personnage c’est du radicalisme, et que nous les jeunes ne connaissons rien de la politique au Congo, les bras m’en tombent. C’est tout simplement de la non assistance à son peuple en danger.
Dernièrement j’ai reçu un texte de M Mathias Dzon aux congolais : "J’appelle le peuple congolais à ne pas céder à la provocation et à rester calme." C’est de cette manière qu’il pense sauver selon lui le Congo des « mains » du dictateur ? Je l’ai envoyé à la poubelle sans le lire, moi qui lis tout ou presque. Osera t-il proposer une conférence contre la dictature au Congo dans le calme sous la présidence du parrain de la dictature qu’est M Sassou ? Si cet homme appartenait au RMP ou à ses satellites je comprendrais, mais c’est un dirigeant du FPOC. Comment peut-on demander à un peuple de rester calme face à un dictateur qui veut voler les élections ? … Il y a des limites à tout, même à l’indécence.
Congoinfos.com : Si je comprends bien, l’union de l’opposition, condition sine qua non pour en finir avec la dictature, est encore plus loin que jamais. Ne pensez vous pas que parmi vos erreurs auxquelles vous faisiez allusion tout à l’heure, votre attitude vis à vis de cette opposition et notamment le FPOC, en est la première?
WK : Ce qui manque c'est un véritable Front de l'opposition avec une ligne d'opposition claire face à M Sassou et, un vrai leader politique charismatique animé par des convictions profondes pour un véritable changement politique au Congo. On ne peut pas faire la synthèse entre une démarche politique qui veut détruire la dictature en s’appuyant sur le peuple dans le cadre d’une contestation civique permanente et en acceptant tous les risques personnels avec une démarche politicienne qui veut faire évoluer la dictature (comme si on a pu faire évoluer Mobutu, Bongo, ou Amin dada pour ne parler que de la série B , à laquelle appartient le dictateur) et ce par la politesse , les bons sentiments, attendre la pression étrangère et en veillant toujours à rester dans les clous , c.à.d. en jouant dans le mouchoir de poche alloué à la contestation surveillée par le système comme procède aujourd'hui le FOC .
Non on ne peut pas faire la synthèse entre ces deux approches puisqu’elles sont antagonistes en tout sauf sur le caractère pacifique de la lutte, mais cela ne suffit pas. J’ai fini par admettre que la démarche politicienne existera que je le veuille ou non, cette dernière devra compter sur l’existence d’une autre stratégie qu’elle le veuille ou non. Si la démarche des politiciens aboutit, ce qui m’étonnerait beaucoup , eh bien je serais le premier à les en féliciter, mais vous savez ,quand on tourne la même clé dans la même serrure depuis 25 ans et que la porte reste toujours fermée, le bon sens exige que … mais bon je ne vais pas recommencer à argumenter … De toutes les façons , c’est tout ce qu’ils savent faire, c’est tout ce qu’ils peuvent faire.
M Sassou Nguesso est trop fort pour eux. M Sassou Nguesso! C'est là ou commence et s'arrête l'intelligence des gens qui se disent opposants congolais. En réalité, il n'y a pas un seul opposant crédible en face de M Sassou Nguesso. L’homme est le nec plus ultra parmi la classe ‘’gérontopoliticarde’’ au Congo. Ils n'ont qu’à me démontrer le contraire si je me trompe!
Congoinfos.com : Ceci veut il dire que pour la bataille de la validation de la réélection de M Sassou en 2009, il n’y a pas le moindre espoir de voir naître et fonctionner une véritable coalition de l’opposition contre le dictateur ?
WK : Ah vous parlez des soit disant élections présidentielles ! Laissez-moi-vous dire ce qui va se passer de la part des ‘’politichiens’’ congolais…. Sauf grande surprise ou grand chambardement. A président chronique, il y a eu, des candidats de paille chroniques et des méthodes chroniques (celles du PCT). Ne pas surtout perdre de vue que tous ces intermittents du spectacle de la scène politique congolaise pour la plupart, sortent de l’école PCT. Ils ont ressorti les vieilles recettes : Au départ, ils nous ont dit qu’ils ne serviront pas de lièvre électoral, ensuite, ils ont sorti deux arguments éculés contre le boycott ( profiter de la tribune offerte par M Sassou, afin de faire connaître nos idées et nos personnes dans le pays, montrer à la face du monde les supercheries du régime…), ils ne sont même pas disputer pour avoir un candidat dit commun… ensuite, ils ont changé de registre, cette fois folklorique, nous appelons au boycott … et curieusement, ils ont maintenu leur candidature…
Là, ils ont encore changé de logiciel pour tromper le peuple congolais …dépôt des recours auprès de la cour constitutionnelle qu’ils ne sont sans savoir qu’elle est au service du dictateur…recours rejetés d’ailleurs ! Maintenant ils font des communiqués, ils vont continuer de faire des communiqués, pleurer sur les entraves, par rapport aux résultats connus et pourtant d'avance '' la réélection de M Sassou'', protester mollement puis silence, rentrer dans les rangs, heureux d’être passés dans les média ….à quelques variantes prés le même scénario qu'en 2002. Bien entendu le fait qu’ils aient joué dans le mouchoir de poche alloué ne les aura pas beaucoup gênés et pas plus que tout recommence et que tout continue avec leur mentor et ami éternel. M Sassou. Tant pis pour le peuple congolais.
Je ne suis pas devin et certains trouveront peut-être de nouvelles idées pour que çà ne se passe pas exactement comme cela. Le pouvoir pourra par exemple leur allouer des places au futur gouvernement en faisant une pseudo- ouverture en temps opportun, ils vont continuer à pérorer au nom du Front de l'opposition, que sais-je ! On peut avoir des surprises sur les détails, mais la trame restera la même.
Pour moi, c’est ce scénario qui doit être empêché par tous ceux qui veulent un avenir à notre pays.
Congoinfos.com : Mais quel scénario de rechange proposez vous et de quels moyens surtout disposez-vous pour l’imposer ?
WK : Un homme politique qui veut être à la hauteur des besoins de son pays doit toujours se poser une seule question de départ : Qu’exige le salut de mon peuple, puis se poser la question de la stratégie et se battre pour trouver les des moyens adéquats … alors que le politicien examine les moyens dont il dispose et les adapte ses objectifs.
Or la réponse à la question ‘’qu’exige le salut du peuple congolais’’ du point de vue politique est simple : Il faut continuer à exiger des vraies élections…ceci toujours bien entendu au cas où il n’y a pas de surprises et de chambardement d’ici là!
Les hommes et les femmes politiques du pays et je n’entends pas par là seulement les chefs, les connus, les vedettes médiatiques, mais tous ceux qui, à quel niveau qu’ils se trouvent, veulent lutter pour la fin de l’ère maffieuse- doivent s’unir autour d’un objectif stratégique à savoir l’instauration de la République et la mise en place du régime démocratique par tous les moyens pacifiques et un objectif tactique : Des vraies élections.
Congoinfos.com : Comment définiriez-vous de vraies élections ?
Wallys Kimbatsa :
1-Des élections sans le dictateur, c’est là la condition sine qua non, quitte à ce que le PCT ''RMP'' ou le système présente un autre candidat.
2-Des élections précédées d’une refonte du code électoral dans le sens de vraies candidatures, de vraie campagne etc.
3-Des élections, monitorées comme en 1992 par une Commission paritaire réellement indépendante
4-Des élections largement ouvertes aux observateurs internationaux et non aux mercenaires habituels stipendiés par le dictateur.
C’est autour de ces mots d’ordre que doit s’organiser le combat futur.
Chacun là où il est doit faire son devoir.
Evidemment cela implique plusieurs choses
- Que les citoyens congolais - quelques dizaines de milliers de personnes, mais c’est largement suffisant – bougent là où ils sont.
- Que les hommes raisonnables à l’intérieur de l’Etat comprennent que le dictateur a achevé sa boucle, qu’il a ramené le pays à l'âge de la pierre taillée...que c’est lui maintenant lui l’involution du Congo, qu’il est le passé, cet homme déconnecté qui doit être renvoyé aux calendes grecques.
- Que les mentors étrangers de ce dictateur que sont la France politique comprennent que le maintien de cet homme au pouvoir, surtout après son putsch électoral du 12 juillet 2009, va se faire au prix d’une instabilité accrue et que de toutes les façons il est grand temps de revoir leur stratégie calamiteuse d’appui aux dictateurs en Afrique centrale se mettant à leur service. Et, ils doivent cesser de prendre le pyromane dictateur congolais pour le pompier ou le soldat de la paix et des intérêts français au Congo. C’est apocryphe.
Ce sont là les vraies pistes pour sortir le Congo de l’ornière, non à l’attentisme, la mendicité, ou le jeu malsain de règles truquées comme on n'en a encore vu dans les ‘’ élections’’ du 12 juillet 2009.
Pour ce qui nous concerne avec mes amis , nous avons à notre disposition plusieurs types d’actions : les écrits, les pétitions nationales , les manifestations pacifiques , la recherche et l’ouverture de dialogue avec des gens honnêtes et raisonnables de l’intérieur du système, des campagnes internationales auprès des sociétés civiles occidentales pour qu’elles fassent pression sur leurs gouvernements afin de ne pas reconnaître des élections honteusement trafiquées pour laisser sur son trône le président à vie.
Bien entendu, il faut partir du principe que le dictateur se défendra par tous les moyens. Il faudra donc préparer le boycott général et que le jour, où une nouvelle fois le dictateur bafouera la dignité de 2 millions des Congolais, soit un jour de grève générale C’est à cette bataille, pacifique mais déterminée, que le pays doit se préparer et bien entendu je serais au tout premier rang quand le moment sera venu.
Congoinfos.com : Et si c’est le pays qui ne vous suit pas et pas seulement la classe politique ?
WK : Le pays bougera s’il trouve un leadership crédible, si on lui fixe des objectifs clairs. C’est aux hommes et femmes de détermination et de sacrifice qui existent dans tous les partis y compris dans le RMP de M Sassou, de prendre leur responsabilité.
De toutes les façons le pays n’a le choix que de bouger un jour ou l’autre.
Rappelez vous toujours que s’il faut mettre fin à la dictature le plus rapidement possible, et instaurer l’Etat de droit, c’est pour pouvoir se précipiter enfin au secours des sous systèmes socio-économiques en perdition comme la santé, l’éducation, l’appareil de production, les banques, la presse, la justice etc… Nous allons être atterrés devant ce que nous allons découvrir et à quel point une gestion clanique incompétente et criminelle a entretenu tous les dysfonctionnements, caché tous les problèmes, aggravé toutes les tares, retardé toutes les réformes nécessaires. Le plus tôt -si on ose dire après 25 ans- sera le mieux.
Rappelez vous aussi qu’il ne s’agit pas que de sauver les sous-systèmes dont dépend la vie, voire la survie de notre peuple, mais de prévenir l’explosion de la violence.
Si le dictateur triomphe là! En 2009 comme en 2002- ou pire, si on reprend pour 25 ans de dictature sassouïte - la violence deviendra pour une jeunesse poussée au désespoir la seule alternative. C’est aussi cela qu’il faut empêcher de toutes nos forces.
Un monde de plus en plus rude et violent, des matières premières de plus en plus rares et chères, le changement climatique, l’arrivée sur le marché du travail de milliers de jeunes, vieillir demain dans quelle société congolaise? ….Tout cela ne peut être géré par une dictature ridicule et corrompue maquillant la faillite de sous-systèmes devenus quasi irréformables à cause de sa gestion calamiteuse. Le Congo ne survivra pas à tout cela …Du moins ce ne sera pas le pays qu’on aimerait laisser à nos petits enfants. M Sassou lui, il se fout de nous, de nos enfants et de nos petits enfants.
Voilà pourquoi il faut que les Congolais sortent de leur léthargie et comprennent à quoi ils sont confrontés à savoir au dilemme le plus fondamental qui soit : être ou ne pas être.
Congoinfos.com : pouvez-vous nous donner une réaction à chaud concernant l'arrestation du Général Mbaou?
WK : Il n'y a rien de surprenant de la part d'une voyoucratie comme celle qui sévit au Congo. N'oubliez pas le passé: l'arrestation aussi, de Gilbert Songuissa Moulangou toujours avec des raisons montées de toutes pièces; incendie au demeure des opposants au régime; (Bruno Ossebi, Toungamani etc... menaces et chantage à l'encontre des résistants; effraction des locaux de M Dzon, de la maison de M Marion Mazinmba; bref toute la panoplie d'une pègre qui croit diriger un Etat...
Sachez, puisque vous me posez la question, que le pire est à venir car il ne faut jamais oublier qu'une dictature n'est jamais aussi dangereuse que dans son dernier quart d'heure...
Wallys Kimbatsa membre de l'UPADS
Interview réalisée par Geoffray pour Congoinfos.com