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A preuve : à peine le président réélu jurait-il solennellement, à l’occasion de sa prestation de serment devant la Cour constitutionnelle, entre autres, de garantir le respect des droits fondamentaux de la personne humaine et des libertés publiques, qu’une atteinte grave relative à une violation d’un droit constitutionnel fondamental-la liberté de sortir librement du territoire national et d’y revenir- était portée sur la personne de l’ancien premier ministre, Ange Edouard Poungui, dont la candidature à la présidentielle 2009 a été retoquée.
En effet, le 14 août 2009, alors que le peuple analysait encore les termes du message à la nation du président Sassou N guesso portant engagements, que l’ancien premier ministre, qui jouit de ses droits civiques, était surpris de s’entendre dire qu’il n’était pas autorisé de sorti du territoire national, sans pour autant que lui soit évoqué le motif.
Dans l’espèce, monsieur A.E Poungui devrait effectuer pour la France un voyage programmé depuis de longue date pour respecter, aux côtés de sa famille, un rituel spirituel annuel qui a lieu au mois d’août. Il s’agit, en l’occurrence, de la visite régulièrement effectuée à Lourdes, à l’occasion de la fête de l’Assomption, qui est un culte de dévotion à la sainte vierge Marie.
Seulement, pour cette année, cet engagement pourrait ne pas être honoré, puisque, le voyage qui mène à Lourdes, en partance de Brazzaville, n’a pu être honoré, comme souhaité. A l’occasion, l’ancien premier ministre, qui devrait effectuer son voyage par vol air France, avait auparavant rempli les formalités d’enregistrement de ses bagages, sans la moindre entrave, tant le s agents de cette société aérienne ignoraient royalement cette consigne d’interdiction de sortie du territoire de son passager. Mais, à l’heure des formalités de police qu’il a eu la désagréable surprise de s’entendre signifier (avec toute la courtoisie), par le colonel Ndinga, la consigne d’interdiction de sortie du territoire national.
A vrai dire, l’officier supérieur ne s’est pas voilé la face pour dire à son interlocuteur que la consigne d’interdiction de sortie du territoire dont il exécutait, émanait de sa hiérarchie (D.G.S.T) qui n’a nullement pris la peine de la matérialiser par écrit.
Il est aussi important de relever que de cette déconvenue, l’ancien premier ministre n’a pas été surpris, puisque, le jour même, dans les cours de 16 heures, alors qu’il s’affairait aux préparatifs de son voyage, par un appel téléphonique, un officier supérieur répondant au téléphone n° , avait l’obligeance de le dissuader de reconsidérer la date de son voyage qui ne pouvait avoir lieu ce jour là, au motif qu’une information sur son interdiction de sortir du territoire courait déjà.
Il va sans dire, que par cette violation flagrante d’un droit fondamental à la liberté humaine, le président Sassou Nguesso n’a pas attendu 24 heures pour renier sa parole donnée devant ses compères chefs d’Etat et remettre en cause son serment.
Dans tous les cas, nombre de congolais en général, et ceux de la nouvelle génération en particulier, se font désormais une idée que le harcèlement répété dont est l’objet A.E.Poungui (de l’invalidation de sa candidature à la présidentielle 2009 à l’interdiction de sortie du territoire national), n’est pas fortuite .Il est le résultat d’une crainte qu’éprouveraient de sa part ses adversaires. Evidemment, le monde politique est tellement petit que les acteurs politiques qui se connaissent forces et limites n’hésitent pas, à la moindre occasion, de régler les comptes.
Rien d’étonnant donc, dans cette période tumultueuse (ante et post électorale) qu’il soit le point de mire du pouvoir, qui, au travers de ses appendices- cour constitutionnelle et autres services sous tutelle- a mis en place tous les stratagèmes qui conduiraient à le mettre hors jeu et justifieraient la justesse de telle démarche.
Cependant, à l’occasion de l’invalidation de la candidature comme à l’occasion de l’interdiction de sortie du territoire national, l’opinion nationale (et peut être aussi l’opinion internationale)est choquée de ce que le pouvoir bâtit son accusation sur du sable. La réponse à tout casser du ministre de la communication, porte parole du gouvernement, Alain Akouala, au plaidoyer de l’ancien premier sur les antennes de R.F.I, le 15 août, s’inscrit en ce sens, tant l’inanité est incontestable.
D’ailleurs, le commun des mortels a du se rendre compte, que sa réaction n’est qu’un tissu de mensonges. IL est tentant de lire :
« Il est du devoir des acteurs politiques congolais de demeurer au pays à l’occasion de la fête nationale de l’indépendance, le 15 août. »
La teneur de cette déclaration est telle que, il devient un devoir citoyen d’en relever les aspérités qui inhiberaient toute capacité de réflexion des congolais.
D’abord, il serait insensé d’abonder avec le ministre de la communication que du devoir des acteurs politiques de demeurer au pays à l’occasion de la fête nationale, que l’ancien premier ministre a été interdit de sortir du territoire national, la veille. Cette raison doit être balayée d’un revers de la main, car, car, la consigne invoquée, si elle existait, devrait être matérialisée par un acte normatif. Faut-il rappeler que l’entrée en vigueur d’un acte administratif suppose au préalable sa signature et sa publicité ? C’est l’occasion de rappeler la sagesse enseignée par le juge suprême, Placide Lenga, qui, dans ses « lettres sur un avis consultatif », ne manquait pas de relever que : « Si la passion partisane peut amoindrir la capacité de comprendre les mécanismes d’une institution qui le lie, peut elle annihiler chez un cadre la faculté de revoir les principes essentiels de sa formation ? »
Le ministre devrait donc comprendre que la raison invoquée comme pour justifier la violation d’un droit fondamental est inique, parce que contraire aux principes généraux de droit.
Ensuite, même dans l’hypothèse invraisemblable que les acteurs politiques de tous bords, à l’occasion de la fête de l’indépendance devraient demeurer au pays :à quelle fin prendrait-on telle mesure ?
Il conviendrait de relever que cette consigne- qui n’est pas en soi
mauvaise- suppose, en amont, des conditionnalités d’implication de toute la classe politique. Autrement, le 15 août, étant une fête nationale, devrait être l’occasion où les fils de ce pays, à l’unisson, passeraient en revue tout notre passé commun, mais aussi projetteraient notre futur. Pour cela, les gouvernants, sans discrimination, se feraient un devoir d’y inviter toutes les personnes qui, d’une manière ou d’une autre, ont mis la main à la pâte pour l’édification de notre nation.
Ce n’est que de cette manière que la présence de tous les acteurs politiques sur le territoire national, à l’occasion de la célébration de notre fête de l’indépendance nationale, serait nécessaire (et non suffisante).L’inverse, c’est à dire, l’organisation monocolore de la fête nationale pour consacrer la victoire des vainqueurs et la mise au rancart des vaincus, ne peut que créer des frustrations, qui amèneraient certains acteurs politiques de prendre des distances avec cette manifestation.
Pour tout dire, le pouvoir de Brazzaville, qui n’a pas daigné impliquer l’opposition à la réussite des festivités du 49 è anniversaire de notre indépendance, ne devait pas non plus interdire aux leaders de celle-ci de se mouvoir, à l’occasion, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Ce qui signifie que la consigne d’interdiction de sortie du territoire national qui a empêché l’ancien premier ministre, A.E.Poungui d’exercer un droit constitutionnel fondamental –la liberté de sortir du territoire national et d’y revenir, constitutive d’une voie de fait, exposerait l’Etat à une condamnation et à une réparation du préjudice subi par la victime de l’acte incriminé, si jamais celle-ci venait à saisir le juge compétent.
Ne perdons pas de vue, qu’obnibulés par l’âpat du gain, les flics qui montent de toutes pièces les complots ne manqueraient pas, dans nos prochaines éditions, d’être dénoncés et mis à la place publique.
Écrit par Talassa